« Tout comme on a tiré un tas de bouquins sur les identités... »
Absolument, et c’est une preuve supplémentaire de l’existence des identités. Globalement, je considère l’identité de chacun comme une poupée gigogne, au centre de laquelle se trouve l’individu, qui est englobé dans une identité familiale, une identité locale, une identité régionale, une identité nationale, une identité continentale (assez lâche*, faite bien davantage d’affinités circonstancielles que de réel sentiment d’appartenance) et une identité raciale.
* Je me souviens d’une interview au cours de laquelle Umberto Eco disait qu’à l’occasion d’un raout, aux Etats-Unis ou en Australie, s’il y a un Européen dans l’assistance, il est plus à l’aise pour bavarder avec lui, qu’avec les autres invités et, ajoutait-il, "même s’il est suédois, c’est-à-dire très
différent d’un Italien.", admettant implicitement par là même, l’existence d’une identité suédoise et d’une identité italienne, dont la différence n’est pas à souligner.
Il y voyait la preuve de l’existence d’une identité culturelle européenne, mais c’était un point de vue d’intello, et le journaliste n’était pas assez affûté pour lui demander si son choix serait le même s’il devait s’opérer entre un unique Européen, chirurgien suédois, et un sémiologue, américain ou australien...
« que vous le vouliez ou non, il n’y a pas d’identité française... »
C’est l’évidence même. Bizet aurait tout à fait pu composer Le Hollandais volant, Berlioz, La Traviata, d’Indy, L’Amour sorcier, et Debussy, Pomp and Circumstance, vu qu’il n’y en a pas non plus d’identités allemande, italienne, espagnole et anglaise.
« ...et donc pour revendiquer d’être français, vous verriez qui ? »
Il ne s’agit pas de revendiquer de, mais d’être emblématique. Au débotté comme ça, Albert Simonin me conviendrait bien.
« ...les dupont/dupond... »
Bonne idée, avec le waterzoï au poulet comme plat national...
« désolé pour vous, mais Hanif Kureishi est né à Bromley, en angleterre, et il est bel et bien britannique. »
Désolé pour vous, mais un peu partout, on le définit comme un représentant de la nouvelle école d’écrivains britanniques d’origine étrangère. On n’est donc pas dans le rosbif 100 % pur boeuf.
Ça fait un peu penser à ces naturalisés dont certains se sentent obligés de préciser que ce sont des Français « comme les autres », démontrant par l’absurde que ce n’est justement pas le cas, les autres étant simplement des Français. Tout court.
« ce sont les causes profondes de la haine ou de la peur que ce vêtement suscite. Je parle de causes profondes... »
Ni peur ni haine, rejet !
Rejet d’un système religieux, politique, juridique et social, l’Islam, incompatible avec notre civilisation de liberté de conscience, de relations hommes/femmes libérées - tant les femmes que les relations - et de foisonnement culturel allant, à la marge, jusqu’à l’abject, il faut le reconnaître, mais comme la rançon d’une liberté de création qui reste de très loin préférable à la stérilité islamique.