« C’est au socialisme de prendre en charge cette répartition ! »
Et grâce à l’informatique, ça devrait se faire sur une jambe. D’autant plus facilement, que. comme écrivait l’autre, il y aura assez de tout pour tout le monde. On passera du « Qu’ils mangent de la brioche »*, à brioche à gogo.
Ça sera tout indiqué pour ceux qui y auront cru
* « ...je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : « Qu’ils mangent de la brioche. » J’achetai de la brioche. » - Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Livre VI (1767).
« ...le capitalisme montrant là bas de gros signes d’essoufflement, les solutions du socialisme à l’ordre du jour. »
Sûrement, mais il faudra commencer par désintoxiquer les nouvelles classes moyennes de la société de consommation, qu’il sera impossible d’étendre à un milliard et demi d’habitants...
Il faudra ouvrir beaucoup de camps de rééducation, et tirer pas mal de balles dans la nuque. Mais bon, si c’est pour déboucher, enfin, sur la vraie société communiste où « le développement de chacun
sera la clé du développement de tous » et où, comme l’écrit, imperturbablement, Engels dans « L’anti-Dühring », le huitième commandement - Tu ne voleras point - sera obsolète puisqu’il y aura assez de tout pour tout le monde.
Quand je dis que le communisme, c’est la méthadone du peuple...
C’est toujours moins loin que le dinosaure auquel vous empruntez des arguments anachroniques, que même votre clientèle électorale potentielle ne comprend plus ?
« ...pour comprendre qu’il s’agit de deux mondesdifférents... »
Il y a tant de mondes différents dans notre monde, qu’on peut démontrer n’importe quoi en comparant deux groupes de marginaux, situés aux antipodes l’un de l’autre.
« ...l’autre vend de la force de travail au tarif suffisant pour pouvoir la reconstituer et la reproposer le lendemain ou le mois suivant.... »
Ouais, ça je connais. C’est un grand classique. Il a été théorisé en des temps où le prolétaire consacrait 50 % de son revenu à son alimentation et à celle de sa famille. Aujourd’hui, on en est à 15-20 %,,,
Vers la même époque, Elysée Reclus écrivait dans « L’évolution, la révolution et l’idéal anarchique » :
« Les conditions mêmes de la vie nous dictent
le voeu capital. Les cris, les lamentations
qui sortent des huttes de la campagne, des caves,
des soupentes, desmansardes de
la ville, nous le répètent incessamment : « Il faut du
pain ! »Toute autre considération est primée par cette
collective expression du besoin primordial de tous les êtres vivants.
L’existence même étant impossiblesi
l’instinct de la nourriture n’est pas assouvi, il faut le
satisfaire à tout prix et le satisfaire pour tous, car la société ne se divise
point en deux parts, dont l’une resterait sans droits à la vie. « Il
faut du pain ! »… »
... et encore :
« On se demande souvent comment les
faméliques, si nombreux pourtant, ont pu surmonter pendant tant de
siècles et surmontent encore en eux cette passion
de la faim qui surgit dans leurs entrailles, comment ils ont pu
s’accommoder en douceur à l’affaiblissement organique et à l’inanition. »
Moi, je suis trop jeune pour avoir connu. Ce qui fait que votre histoire de « tarif suffisant pour pouvoir la reconstituer », ça ne me parle en aucune manière. Et à voir le score que ce genre de fariboles réalise au fond des urnes, je suis très loin de me sentir seul.