« Et le Vénézuela sortira, alors, plus fort de cette crise.... »
Vous n’avez manifestement pas compris que le handicap majeur de ce genre de pays ressortit à l’absence d’optimisation des potentialités virtuelles des ressources humaines.
C’est d’ailleurs ce qui rendait, de mon point de vue, le chavisme particulièrement intéressant à observer. Il reste la Bolivie...
L’inadaptation, elle est dans l’évolution du niveau et du
mode de vie des gens. Marx ne connaît qu’un prolo vivant dans un logement insalubre,
moisi, enfumé et mal chauffé, sans eau courante, mangeant de la viande cinq
fois par an, crachant ses poumons à partir de 45 ans et mourant à 50, comptant
sur le salaire de ses gosses de huit ans pour boucler médiocrement des fins de
mois, qui commençaient aux alentours du 15, 50 % de ses revenus étant, au demeurant,
destinés à l’alimentation
Aujourd’hui, le même ne consacre que 15 à 20 % de son
salaire à la nourriture de sa famille, il dispose d’une bagnole, et parfois sa
damnée de la terre d’épouse aussi. S’il ne peut pas passer trois semaines au
bord de la Méditerranée en été, et dix jours à la neige en hiver, c’est parce
qu’il doit finir de payer son appartement en PPE ou sa villa « Ca m’suffit »,
dans la banlieue d’une grande ville ou dans la campagne avoisinante.
Le gamin ne travaille pas avant 18 ou 20 ans, parfois
davantage, ce qui ne l’empêche nullement d’avoir des Nike, une console
Playstation, un MP3, un téléphone portable et une tablette tactile, ainsi que
dans sa chambre, parce qu’il a une chambre pour lui tout seul, un ordinateur et
une télévision.
Et c’est à ces gens que vous allez parler d’esclavage, d’aliénation,
d’émancipation, de propriété collective des moyens de production, dont ils n’ont
rien à foutre, parce qu’ils se rendent
bien compte qu’en passant d’un système à l’autre, leur condition reste
rigoureusement la même (métro-boulot-dodo), peut-être bien avec un rab’ de bien-être,
lié à la consommation, dans le premier cas de figure.
« J’ai souvenance que le discours d’une autre
doctrine, beaucoup plus ancienne est le même, elle y ajoute même
l’amour, cela ne vous rappelle t’il rien ? »
Beaucoup de journalisme vont sur place non pour observer, puis rapporter, ce qu’il se passe, mais pour y trouver la confirmation de leurs a priori, de leurs préjugés, de leurs idées reçues, et pour conforter les rêves et cauchemars qu’ils prennent pour des réalités.
Et le type qui arrive là-bas bourrés de théories marxistes-léninistes est encore plus rigidement formaté que le pire mercenaire de la presse mainstream. Toutes choses égales par ailleurs, il n’est pas bien différent, le type, du supporter de football qui pendant toute la durée du match ne voit qu’une seule équipe sur le terrain...
Son avantage, si l’on peut dire, c’est qu’au retour, il écrit très exactement les articles que les lecteurs de sa chapelle ont envie de lire, et qu’ils commentent avec délectation et la foi du charbonnier.
P.S. - J’ai définitivement abandonné Calvi le jour où j’ai compris que ses experts ne faisaient qu’exprimer une opinion personnelle qu’un autre expert, voire un quidam quelconque, pouvait réfuter en trois arguments, à partir de son opinion personnelle à lui...
"Tout simplement parce que le vote
communiste est discrédité..."
C’est le communisme qui s’est
discrédité lui-même à l’usage et qui s’est sabordé en s’accrochant à un discours qui n’a pas été adapté à des réalités humaines n’ayant plus rien de commun avec le XIXe siècle qui l’a vu
naître.
Quand un Gastaud, secrétaire national du Pôle de renaissance communiste en France
(PRCF), nous parle ici même d’un monde fraternel et pacifié où « le développement de chacun serait la clé du développement de
tous » (Marx-Engels) ou, pour le dire autrement, d’une Cité réconciliée où
l’homme, « régi par la raison » et mû par la « recherche de
l’utile commun », deviendrait enfin pour de bon « un dieu pour
l’homme » (Spinoza). », ça fait
sourire.
Avec une pointe d’attendrissement, pour la naïveté du prolo d’autrefois et ses rêves d’avenir paradisiaque.
« « le socialisme et son expression aboutie, le communisme, sont les modes de gouvernement qui font le plus grand nombre de choses positives pour le plus grand nombre de gens ! »
Ça, c’est la théorie. Pour la mise en pratique, il faut se reporter à Georges Orwell, pas celui de »1984« , celui de »La ferme des animaux« , dont le sous-titre pourrait être »Ou le retour en fanfare de la nature...humaine".
La plupart des gens ont compris, d’ailleurs, sinon pourquoi le plus grand nombre voterait autre chose que communiste ?