Oui, je fais référence aux travaux de Bernard Friot. Il ne s’agit pas de théorie mais, comme dit auparavant, de s’appuyer sur l’expérience de la cotisation sociale et des qualifications et de continuer ce qu’à fait le CNR.
En aucun cas il ne s’agit de généraliser le fonctionnariat. La qualification est également existante dans le privé ; dans ce cas, le hic est que c’est le poste qui est qualifié et non la personne. Du coup, pas de poste, pas de salaire : il faut passer par le marché de l’emploi qui nous empêche donc de travailler.
Votre objection à propos de l’injustice de celui ou celle qui ne travaille pas mais profite de sa qualification m’indique que vous n’avez pas étudié l’analyse d’assez près. Prêtez attention à la définition du travail. Il s’agit d’une convention sociale : nous appelons travail les activités donnant lieu à salaire. Il n’y a pas de lien entre production marchande et salaire. Les retraités travaillent car ils ont un salaire à vie, peu importe ce qu’ils en font. Ils produisent eux mêmes la valeur économique mais sans production marchande et sans être eux même des marchandises.
Evitez de balayer d’un revers de la main, ou plutôt d’une expression vide de sens (« post marxiste »), l’analyse du Capital par Marx. La convention capitaliste de la valeur économique, la valeur travail, est plus que jamais d’actualité. Je vous fais remarquer que vous faites une contradiction : d’un côté vous semblez rejeter la qualification (« floue », « fumeuse ») mais vous parlez également d’une « juste rémunération du travail ».
Je répète : nous, citoyen, sommes les producteurs exclusifs de la valeur économique. Tant que nous n’aurons pas les institutions nous reconnaissant en tant que tel, nous resterons des mineurs sociaux sans pouvoir économique.
Prenez le temps de réfléchir sur ces points. Je suis conscient que les travaux de Bernard Friot et ceux du réseau salariat sont encore difficiles d’accès et qu’il a de sérieux efforts à faire dans ce sens.
Les propositions appelées revenu d’existence ou revenu de base inconditionnel ont le même défaut : elles ne changent pas le cadre mortifère des institutions capitalistes, c’est à dire les marchés financiers et le marché de l’emploi.
De plus, elles ne peuvent prétendre au titre de revenu universel car elles ne sont là que pour garantir notre survie or nous, les citoyens, ne sommes pas définis par nos besoins mais par nos envies.
Prenons conscience de l’expérience subversive des institutions salariales que sont la cotisation et la qualification et n’ayons pas froid aux yeux ; revendiquons un droit constitutionnel nous reconnaissant comme producteur exclusif de la valeur à la hauteur de cette expérience et prenons ainsi le contrôle économique.
J’oubliai : logiciel libre ou open source ne veut pas dire gratuit. C’est en général le cas mais personne, hormis si précisé, ne vous empêche de vendre une copie d’un logiciel distribué sous ces licences.
Quant à vos idées d’« économie open source », ça s’appelle la mutualisation ou encore répartition, principe appliqué notamment pour la santé et la retraite, qui fonctionne tellement bien que même des années de « réformes » ont du mal à l’entamer et il est important de réfléchir à sa généralisation. Sur cette idée, les travaux d’analyse et de synthèse de Bernard Friot sont éclairants.
Non, Linux n’est pas à la base même de l’open source. Linux est un logiciel libre sous licence GPL adoptée à partir de la version 0.12, diffusée près d’un an après la première version rendue public en 1991.
La GPL préexiste à Linux de deux ans et est issue du projet GNU.
Il y a une différence subtile mais de taille entre les licences dites open source et celles du logiciel libre : ces dernières garantissent les « quatre libertés essentielles » des utilisateurs alors que les premières, sans plus de précision, ne les garantissent pas.
Content d’avoir gardé un oeil sur l’article et ses commentaires.
Concernant votre remarque sur les statistiques pour laquelle je me sens concerné, comprenez-moi : je ne vous dis pas pleurnicheur ou que sais-je, je vous fais la remarque que la statistique nous est utile pour éviter de croire au mensonge et de tomber dans le fatalisme qu’on nous impose, chose que vous ne faites pas.
J’ai dit que votre article m’est sympathique exactement pour la raison que vous invoquez : l’approche témoignage individuel qui engage plus sur le plan émotionnel car, vous en faites la remarque, votre expérience est partagée par nombre d’autres.
Vous faites un appel à nos concitoyens pour refuser le statu-quo, je vous soutiens dans cette démarche. Mais encore une fois, il est indispensable de s’équiper en outils nous permettant ce refus et de voir ce qu’il est possible de faire collectivement sans tarder. Et ces outils sont pléthores malgré la pauvreté des informations délivrées par les médias quotidiennement. L’anthropologie, la sociologie, l’histoire, ... ne sont pas des disciplines mortes, malgré tout. Ni même l’économie. Des livres sont publiés, des conférences sont données, des débats ont lieu, ... et nous pouvons partager tout ça comme jamais et nous le faisons.
Je n’ai pas pensé que vous pleurnichez sur votre sors mais, comme vous en faites la remarque, il me semble percevoir un défaitisme politique : je partage en partie ce sentiment d’un point du vue institutionnel mais je pense qu’il est également à combattre avec autant d’entrain que vous le faites ici pour votre propos. Des millions de personnes refusent déjà la situation qui nous est imposé : ce qu’il manque cruellement c’est de la matière dans nos discutions nous permettant d’orienter notre organisation pour y pallier.
Je vous invite, ainsi que les autres lecteurs et commentateurs de cet article, à regarder de près les travaux du sociologue Bernard Friot qui, comme vous, refuse de se laisser faire, en a les moyens et les partage avec tous. Il fait parti des gens qui « ose proposer un schéma social sérieux différent ou l’humain et son travail serait au coeur des préoccupations ».
Pour nous éclairer sur la période actuelle au regard de l’histoire, les travaux d’Annie Lacroix-Riz sont à étudier.
Enfin, tout ce qui se passe « entre nous », c’est à dire en dehors des circuits institutionnels, s’inscrit dans ce qu’on appelle l’éducation populaire. Pour en savoir plus sur cette notion, regardez la « conférence gesticulée » de Franck Lepage à ce propos.