Vous avez raison d’insister sur les probabilités et les incertitudes. Les sceptiques voudraient faire croire que le changement climatique est une religion basé sur des certitudes. C’est complétement faux, bien évidemment, car le climat est un système complexe. D’ailleurs les sceptiques veulent aussi des « preuves » et c’est impossible pour la même raison. Faudrait savoir ce qu’ils veulent... Il est fort probable que si on continue d’émettre des GES dans l’atmosphère et bien celle-ci se réchauffera très fortement.
Sur vos deux questions, on peut répondre rapidement que 1) De toute façon plus on élève la concentration en CO2 même sur de plus longues périodes plus celui-ci va chauffer l’atmosphère, surtout avec les rétroactions positives (comme le dégel du permafrost qui dégaze du méthane). D’ailleurs à l’heure actuelle on pense que ce sera plus les rétroactions qui risquent d’emballer le système. Et puis il faudrait encore parler des puits de carbone, etc. Le sujet est vaste. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la rapidité de l’injection de CO2 qui soit « dangereuse », même si on comprend que cette montée n’est pas naturelle et c’est la première fois que cela arrive (avec du CO2 anthropique). Ce qui est dangereux c’est une forte montée des températures d’un coup qui impacterait l’environnement et les activités humaines. C’est pourquoi on préconise de réduire nos émissions, c’est quand même pas la mer à boire... (Mais bon ça énerve nos papyboomers, allez savoir pourquoi.... ). D’ailleurs le réchauffement « tranquille » n’est pas en soi réellement un problème. C’est juste une pression de plus sur les biotopes ou sur les sociétés humaines qui vient s’ajouter à d’autres problèmes. Bon, si on atteint effectivement les +4°C à la fin du siècle ça risque de ne pas être très agréable. La banquise fond, la mer monte, etc... 2) le CO2 n’a pas de préférence, il va dans l’atmosphère et joue son rôle de gaz à effet de serre.
Ok c’est votre avis. Je trouve dommage que vous ayez perdu confiance en
la science. Elle produit encore de belles choses, et a rarement tort.
Mais la science reste un outil et c’est bien nous qui sommes aux
manettes. Par contre je ne suis pas d’accord sur le fait que vous pouvez vous substituer aux scientifiques. Le bon sens commun est bien pire que tout car il évolue au travers des émotions et non de la raison. Et puis ici nous parlons de climatologie, le but n’est pas de faire du mal aux gens, où de les spolier. Le but est d’informer. Après les politiques... Mais ne mélangeons pas tout.
Il faut distinguer sceptique idéologue, sceptique scientifique et
sceptique suiveur. Tous ne sont pas des manipulateurs, c’est vrai, car
beaucoup sont les manipulés.
Les sceptiques scientifiques ne reprennent
pas par exemple les arguments à la con du style : c’est l’augmentation des températures
qui entraine l’élévation de la concentration en CO2 à l’heure actuel.
Ceux qui écrivent cela (suivez mon regard) savent que c’est faux mais ça ne les empêche
pas de l’écrire. Pourquoi ? C’est simple : le message passe avant l’honnêteté Quand
je vois des blogueurs sans aucune formation qui se permettent de donner
des leçons à des scientifiques en répétant des arguments comme des
perroquets, je suis d’abord dubitatif, mais après je comprend bien la
démarche.
Les sujets de débats existent au sein de la communauté scientifiques, mais on veut vous faire croire qu’une bande de fous refuse la contradiction et impose leur loi en écrasant les pauvres petits scientifiques sceptiques. Cette science est complexe, avance doucement, mais il y a quand
même des points de convergence et quelques certitudes. Le truc, c’est
qu’on ne peut pas remettre en cause des milliers de publis scientifiques
sous prétexte qu’il y a un message politique caché dessous, un message
communiste (vert).
La science n’est pas autorité morale, mais quand on doute que 2+2 fasse 4
sous prétexte que 4 c’est un chiffre qui ne convient pas, qu’est-ce
qu’on fait ? On écrit que c’est égal à 5 pour faire plaisir à notre
moralité ? La science apporte des bases solides. On peut s’y référer si on espère être proche de la réalité. Mais on peut aussi croire que ces bases sont dans un bouquin écrit il y a deux mille ans et quelqu’un a crée la Terre en une semaine. Pourquoi pas, remarquez.
Certes c’est bien plus complexe. Et bien sûr qu’il
faut le sens critique, d’ailleurs cette histoire de changement
climatique est très critiquable dans la manière dont il a été dirigé politiquement. Les intérêts ont convergé c’est sûr. Mais encore un fois, on instrumentalise pas les
chiffres et les équations, sauf dans les délires conspirationnistes de
certains.
Je soutiens encore que le scepticisme tel qu’on peut le lire dans
cet article est une pure entreprise de décredibilisation par
désinformation.
Par contre, douter c’est penser, avoir un esprit critique, c’est
indispensable. Et la science climatique est tout sauf quelque chose de
fini. Sauf que si l’on critique tout par principe on a plus aucune
base de réflexion. On ne pense plus alors, on tourne en rond. Et on ne
peut invoquer le doute comme principe de vérité ! Quelqu’un qui doute
devrait savoir que son propre avis de sceptique est tangible, qu’il ne
vogue pas dans l’éther en attendant le jugement dernier, et qu’il existe
des chances qu’il ait tord. Le scepticisme objectif n’existe pas, car
on a tous des bases à défendre, des briques qui font ce que nous sommes.
C’est pourquoi quand l’auteur de l’article se place tout d’abord comme
quelqu’un d’objectif et qu’il mélange dans ces références des blogs pas
sérieux avec des sites scientifiques c’est bien qu’il veut entretenir
l’amalgame. Son objectif n’est pas de donner les clés d’une réflexion,
mais bien de nous orienter en nous faisant croire qu’on est libre. L’indépendance ce n’est pas de suivre l’avis contraire de la masse comme un mouton. Je réclame du doute dans les deux sens !
Intéressant de voir comment vous déterminez à l’avance des résultats d’un projet de recherche alors que vous dénoncez l’absence de « preuves » dans la relation température CO2. Quant au volet idéologique... Cette histoire de foi climatique a été inventé de toute pièce par les sceptiques car c’était le seul chemin pour faire accepter des points scientifiquement inacceptables. Autant vous dire que les scientifiques rigolent bien quand on les traite de religieux... Ce n’est pas parce que des gens sont d’accord entre eux qu’ils forment forcément une secte ! Surtout dans une science complexe... Bref de belles combines.