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cher zen,
merci de votre ancouragement.
je ne suis pas villepiniste, mais le texte de son intervention à l’onu est de toute beauté : il est dans la lignée des philosophes des lumières. de plus, son style est agréable et fluide.
ce qui m’a beaucoup plu, c’est qu’en dressant un tableau réel de la situation en 2003, il invitait les grandes puissances à essayer de trouver une solution autre que la guerre.
au delà même de l’irak, il y a aussi les autres pays soumis à une dictature : quid est de la corée du nord ? de cuba ? de l’arabie saoudite ? des certains pays d’afrique ? de la birmanie où l’on tue le peuple karen dans l’indifférence générale ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Karens ). partout dans le monde, il y a des régimes qui oppriment leur population. la question qui se pose, c’est de savoir comment aider ces peuples sans être arrogants et vouloir imposer des valeurs typiquement occidentales ?
nous avons le recul de plusieurs millénaires en ce qui concerne la démocratie puisque celle-ci fut inventée par les grecs. en europe de l’ouest et aux usa, nous essayons, parfois avec quelques ratés, de la pratiquer.
depuis la chute du mur de berlin, nous assistons à la transition des pays de l’ancien bloc de l’est, d’un état autoritaire, voire dictatorial à l’épanouissement de gouvernements démocrates. si l’ex-tchécoslovaquie, la hongrie ont fort bien réussi ce virage, la pologne, l’ex-yougoslavie, l’ukraine et la russie, occillent entre les deux. quand à la bielorussie, elle est muselée sous la botte d’un dictateur particulièement féroce ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Bi%C3%A9lorussie ).
l’apprentissage de la démocratie est parfois ardu, et l’antériorité d’un régime autoritaire incite bien souvent les opposants d’hier à instaurer un régime également autoritaire, une fois arrivés au pouvoir.
à propos d’ingérence : que fait l’europe face
- au massacre des tchéchènes par les russes ?
- à l’éternelle guerre d’usure qui depuis presque 60 ans déchire la palestine, israël et le liban ?
- à la contamination de plus d’un million de chinois par le virus du sida, contamination résultant du manque d’hygiène lors des collectes faites sur des paysans qui vendaient leur sang pour survivre ? en chine, plusieurs rapports relatent aussi l’état de quasi esclavage économique dans lequel sont maintenus de millions d’ouvriers issus des campagnes les plus pauvres...
tout cela n’est pas simple. s’il suffisait de gronder en menaçant d’intervenir à tout manquements aux droits de l’homme, pour que la démocratie devienne universelle, alors le monde aurait fait un grand pas en avant... 
bonsoir 1P115
à la différence de ce que vous faites, j’ai recherché divers documents afin d’étayer mon post. la plupart des textes que vous avez repiqués sont extraits d’articles parus dans la presse mondiale et le fait d’experts du moyen orient. ( j’en ai cité les références)
je n’ai pas la science infuse , à votre image. et donc avant d’affirmer quelque chose, j’essaye de me documenter.
et non, je n’aime pas tutoyer. jeune fille (dans les années 70), on m’a appris à suivre certaines règles de politesse et de courtoisie. l’âge venant, l’emploi du voussoiement, s’est toujours révélé comme étant une marque de respect envers son interlocuteur.
le fait que nous échangions sur ce fil ne vous autorise pas à me tutoyer. je vous serais gré de bien vouloir respecter ma réserve. ceci par simple courtoisie. 
@ Ip 115
vous faites un amalgamme honteux entre l’iraq et le darfour. il n’y a rien de comparable. visiblement vous avez la mémoire courte...
dois-je vous rappeler que les usa ont créé saddam hussein pour contrebalancer l’influence intégriste de l’iran ? ils ont armé l’iraaq pendant la guerre qui a déchiré ces 2 pays pendant 10 ans. la CIA a consciencieusement trahit tous les personnalité poilitiques d’opposition ayant émergé au cours de ces 25 dernières années. les USA ont même été jusqu’à inciter les chiites et les kurdes au soulèvement pendant la première guerre du golfe pour ensuite les abandonner sans défense face aux troupes de choc du dictateur !
avant de bondir avec agressivité
, vous auriez peut-être mieux fait de reprendre les discours de d.de villepin, et d’en faire une étude de texte. il soulève justement le pour et le contre d’une intervention militaire, tout en étant partisan d’une éviction de saddam hussein par des voies plus diplomatiques et pacifiques. je ne pense pas que le peuple irakien soit plus heureux que sous saddam : ou alors c’est pour monter leur joie qu’il font sauter des braves gens tous les jours ! cela fait plein de « ohhhhhhhh, la belle rouge !!! » 
pour le darfour, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. cela fait belle lurette que je milite à amnesty international pour qu’une aide soit envoyée sur le terrain...
et l’on a pas élévé les cochons ensemble, pour que vous me tutoyez ! 
sources :
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Saddam_Hussein : « »" (...)Après la révolution islamique d’Iran qui isole diplomatiquement ce pays, l’Irak est perçu par l’Occident comme une force stabilisatrice pour la région, un barrage territorial et humain qui peut et sera utilisé pour barrer la route aux islamistes vers les richesses de la « corne arabique ».
L’Irak bénéficie alors d’un large soutien international et des pays comme la France et les États-Unis (qui espéraient affaiblir le régime islamiste iranien et ainsi favoriser sa chute) lui fournissent en grande quantité armes et technologies, l’URSS restant toutefois le premier fournisseur d’armement. Le Raïs, qui se prend pour le nouveau Saladin - étant également né à Tikrit - et rêve de prendre la tête du monde arabe par la conquête militaire, est sacré champion de l’Occident. Les Nations unies n’ont jamais enquêté sur les crimes de Saddam Hussein car il était impossible de violer les principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État. Aucune aide internationale ne vint soutenir les victimes kurdes des gazages et de la politique d’extermination[réf. nécessaire].(...)
L’invasion du Koweït et la guerre du Golfe (1990-1991)
Cependant, les forces de la coalition préfèrent « contenir » le régime irakien, plutôt que de risquer de déstabiliser le Golfe persique. Ainsi, les armées coalisées prennent le contrôle du nord et du sud de l’Irak, mais ne poussent pas leur avantage militaire jusqu’à Bagdad. Saddam Hussein reste au pouvoir et mate une rébellion, les coalisés n’agissant pas. L’ordre est rétabli dans le centre de l’Irak sous le contrôle de Saddam.(...)
Saddam Hussein mate les rébellions dans le sang et les gaz de combat[14], notamment l’insurrection d’islamistes chiites pro-iraniens dans le sud, où il détruit les marais de Mésopotamie où se dissimulaient les rebelles, sous les yeux des forces internationales qui refusent d’intervenir (...)« »« » voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Golfe_%281990-1991%29 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_Iran-Irak ;http://fr.wikipedia.org/wiki/Irak ;
10 ans de terreur se sont passés avant que les états unis ne prennent prétexte sur le 11 septembre pour déclencher une guerre plus ou moins « sainte » contre l’afganistan et ensuite contre l’iraq.
- http://www.iris-france.org/Interviews-2002-02-15.php3 : INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATEGIQUES
Saddam Hussein dans la ligne de mire américaine
Photo de brisset
Alors que les Etats-Unis seraient en train de plancher sur une intervention contre Saddam Hussein en Irak, les sirènes anti-bombardements ont retenti de nouveau à Bagdad. Pourquoi et comment les USA peuvent-ils intervenir ? Les explications du général Brisset.
L’administration américaine ne s’en cache plus : dans le cadre de sa campagne antiterroriste, « des plans » pour destituer Saddam Hussein sont à l’étude. Onze ans après la guerre du Golfe, le vieux contentieux entre les Etats-Unis et l’Irak ressurgit. Ce dernier se prépare en conséquence et a procédé ce matin à des tests de sirènes d’alarme anti-bombardement. Dans le même temps, Saddam Hussein a appelé l’ONU à intervenir « d’urgence » auprès des Etats-Unis pour tenter l’empêcher de frapper. (...)
Tf1.fr : Pourquoi les Etats-Unis ont-ils intérêt à intervenir en Irak ?
Jean-Vincent Brisset : Les Etats-Unis ont toujours regretté de ne pas avoir marché sur Bagdad au moment de la guerre du Golfe. Déjà à l’époque, Colin Powell faisait partie de ceux qui voulaient destituer Saddam Hussein. Mais des voix contraires se sont élevées au sein de l’administration américaine ; en 1991, Hussein n’était pas encore le méchant absolu comme il l’est devenu par la suite. Depuis, ils ont essayé de le faire tomber de son trône par tous les moyens et notamment par des sanctions onusiennes, mais sans aucun succès.
Aujourd’hui, l’annonce de ces « plans de destitution » n’a rien de surprenant. Depuis le lendemain des attentats du 11 septembre, l’administration Bush claironne que sa guerre contre le terrorisme ne se cantonnera pas aux frontières de l’Afghanistan. Et le premier pays visé après l’Afghanistan, c’est l’Irak. Pour trois raisons : ce pays soutient des réseaux terroristes, c’est un Etat voyou et il tente par tous les moyens de se procurer des armes de destruction massive. La phase une, sur l’Afghanistan, touche à sa fin. La phase deux a déjà commencé aux Philippines, en Indonésie, au Yemen ou en Somalie. Le temps est peut être venu pour l’Irak. (...)
Recueilli par Alexandra Guillet - (site de tf1.fr) 15 février 2002 « »« »
voici des extraits d’un article écrit par kouchner : http://www.reunir.asso.fr/article.php?id_article=21 « »« »-Ni la guerre ni Saddam par Bernard Kouchner et Antoine Veil. Le Monde 04/02/2003.
Les troupes anglo-américaines se massent aux frontières de l’Irak, les manifestations d’hostilité au président Bush se multiplient, alors que les inspecteurs de l’ONU ne savent plus très bien ce qu’ils cherchent. L’étau se resserre-t-il sur Saddam Hussein, ou sur les Irakiens, qui souffrent depuis plus de trente ans de sa dictature et que l’embargo asphyxie ? Les extrémistes jubilent, le simplisme triomphe, les Bourses s’enfoncent : la guerre semble programmée. Gauches et droites réunies, les cortèges qui hurlent « A bas Bush ! » crieront-ils demain « Vive Saddam ! » ? Nous n’entendons toujours pas la voix du peuple irakien. Comment éviter cet engrenage ?
Le pire vient des derniers échanges entre responsables américains, allemands et français. Le raisonnement politique cède à la stratégie virile du bras de fer. À continuer ainsi, la guerre est pour demain. On n’aura rien tenté de réaliste et de convaincant pour l’éviter, on n’aura pas essayé d’inventer une politique vigoureuse qui organise le départ de Saddam, sans recourir aux bombardements. On n’aura pas voulu entendre le peuple irakien.
Déjà, en 1992, au détour de la guerre du Golfe, rares étaient ceux qui demandaient qu’on en finisse avec le dictateur. Nous tolérions les dictatures des autres, dès lors que nous n’étions pas menacés. La terreur instaurée par Saddam Hussein nous semblait la norme entre le Tigre et l’Euphrate. L’épreuve de force diplomatique opposant les Etats-Unis au couple franco-allemand permet de passer sous silence la réalité des conditions de vie atroces des Irakiens et conforte Saddam Hussein. Lorsque les responsables européens interrogeaient nos alliés américains sur leurs certitudes quant a la possession d’armes de destruction massive par l’armée irakienne, lorsqu’ils leur demandaient de passer par le Conseil de sécurité, ils se montraient convaincants. Nous n’en sommes plus là. Le seul bénéficiaire des échanges acides entre « vieux Européens » et Donald Rumsfeld, c’est le dictateur de Bagdad.(...)
Dans ce débat, le grand absent demeure en effet le peuple irakien. Les diplomaties traitent Saddam Hussein comme son représentant légitime. Rien n’est plus faux. Il a fallu trois coups d’Etat sanglants pour que le Bédouin de Takrit devienne le dictateur de Bagdad. Les résultats de la dernière consultation électorale irakienne sont éclairants sur sa légitimité : 100 % ! Même Staline n’était pas parvenu a ce résultat. Les chancelleries refusent de recevoir les représentants de l’opposition irakienne. La réunion prévue en décembre 2002 a Bruxelles, capitale de l’Europe, a été annulée et les dirigeants de ce qui sera peut-être le gouvernement de demain ont été obligés de se replier sur Londres. Pourquoi feint-on d’ignorer que plus de 80 % des Irakiens sont hostiles a Saddam Hussein ?(...)
On cherche des armes chimiques, comme si elles allaient nous menacer, alors qu’elles ont déjà frappé les populations irakiennes elles-mêmes. Le 18 mars 1988, 5 000 habitants du village de Halabja sont morts en une seconde. Cela ne choqua personne, et la conférence sur les armes chimiques qui se tint en Europe accueillit le représentant de Saddam, Tarek Aziz, et refusa d’entendre les familles des victimes. Le bombardement chimique de Halabja faisait partie de l’opération d’arabisation« Anfall », expression officielle employée pour désigner ce nettoyage ethnique qui continue encore aux dépens de la population kurde.(...)Saddam Hussein a multiplié les façons de torturer, empoisonner, assassiner, non seulement des opposants, mais certains de ses plus proches collaborateurs. On connaît en Occident la manière dont il peut exécuter lui-même ses proches, tel le ministre de la santé, abattu au pistolet dans la pièce jouxtant la salle du conseil des ministres.(...)
Avant tout, nous souhaitons que les membres du Conseil de sécurité organisent sans délai une conférence internationale qui mette en lumière les exactions de Saddam Hussein et amplifie la pression conduisant a son départ, au lieu de tout faire pour fabriquer un nouveau héros.
Nous ne souhaitons pas la guerre, mais nous ne voulons pas que le martyre du peuple irakien se poursuive. Non a la guerre, non a Saddam Hussein. « »« »
- voici un article sur un avertissement de la CIA qui prévoyait le désastre : http://www.confidentiel.net/breve.php3?id_breve=1082 : « »"La C.I.A avait averti le gouvernement américain des risques de l’après-guerre en Irak
Dès février la CIA avait averti le gouvernement de George Bush des risques liés à l’après-guerre en Irak. C’est lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, à laquelle assistait le secrétaire Donald H. Rumsfeld, le vice-président Dick Cheney, et le Président Bush que la CIA, aujourd’hui très décriée, avait averti : ’’Une victoire militaire rapide en Irak sera probablement suivie d’une résistance armée des restes du parti Ba’ath et des Fedayeen de Saddam ».(...)
L’avertissement de février n’était pas le seul que Bush ait reçu à propos d’une guérilla probable. La C.I.A et l’agence de renseignements du Pentagone avaient déjà écrit que les combats continueraient probablement après la guerre.(...)
Le mois dernier, Wolfowitz a défendu les prévisions de planification faites par l’administration pour les lendemains de la guerre. Le conseiller de la Maison blanche reconnaît aujourd’hui que ce plan était trop optimiste. L’administration s’était notamment attendue à ce que les unités militaires irakiennes désertent en masse. En second lieu, l’appareil d’état irakien, et notamment la police, s’est avéré être dans un état déplorable. Troisièmement : personne n’avait imaginé que les militaires détestés par la population continueraient le combat.(...)
VOIR EN LIGNE :L’Investigateur 13-08-2003 « »"
en savoir plus sur les implcations des USA dans la politique irakienne, l’opposition à saddam hussein, ainsi que la destruction du patrimoine mondial situé sur les terres d’irak :
- http://www.agence-phototext.com/dossiers/irak/
- http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=8442&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
- http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/irak/bourbier/gouv.html
- http://www.fidh.org/magmoyen/lettres/2001/ik3010f.htm ;
- http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?r=2&sr=498&n=312&id_artl=2391 ;
- http://www.actualite-internationale.com/articles.php?article=10 ;
- http://www.humanite.fr/journal/2002-12-07/2002-12-07-215278 ;
- http://www.oulala.net/Portail/imprimer.php3?id_article=1349 ;
- http://www.terrorwatch.ch/fr/ina.php
concernant le darfour, ce n’est pas la même chose, puisqu’il n’est pas question de déclarer la guerre au soudan, mais d’intervenir pour protéger les populations comme on l’a fait auparavant au biafra, en somalie, en éthiopie, avec l’opération « île de lumière »...
il relève du devoir d’ingérence, encore que ce mot doit être clairement défini, comme le dit cet article de msf : http://www.msf.fr/documents/base/1999-10-23-Biberson.pdf
la frontière est ténue entre le droit à l’aide humanitaire et la tentation pour les grandes puissance d’intervenir dans les affaires des pays concernés :
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Ing%C3%A9rence_humanitaire : « »« » Les limites
En dépit des idées généreuses du concept, qui place au premier rang des valeurs comme la démocratie ou le respect des droits de la personne humaine, il a dès l’origine suscité le questionnement, voire la critique.
Dans les faits, une mission d’ingérence est parfois contraire aux objectifs fondamentaux de l’ONU (le maintien de la paix), en tout cas toujours en contradiction avec l’article 2.7 de la Charte des Nations unies : « Aucune disposition de la présente charte n’autorise les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ».
Pour de nombreux juristes, la création de ce concept n’a pas lieu d’être. En effet, la Charte des Nations unies contient déjà de nombreuses dispositions allant dans ce sens, en particulier, dans les Chapitres VI et VII. Il ne s’agirait donc pas de la création d’un nouveau droit, mais simplement de la mise en applications de droits déjà existants.
Plus fondamental que ce problème de droit, l’ingérence humanitaire souffre d’un certain nombre de contradictions qui sont principalement dues à la confusion volontairement entretenue entre droit et devoir d’ingérence. Il est en effet difficile dans ces conditions de séparer les mobiles humanitaires, des mobiles politiques et de s’assurer du total désintéressement des puissances intervenantes.
Bien qu’elle se veuille universelle, la déclaration des droits de l’homme est fortement influencée par les travaux des philosophes occidentaux du siècle des lumières et plus généralement par la morale judéo-chrétienne. L’ingérence a donc toujours été une action dirigée depuis le nord vers les pays du sud. Il est ainsi peu vraisemblable que des contingents Ruandais seront un jour chargé de mission de maintien de la paix en Irlande du Nord, ou que des Libanais interviendront au Pays basque.
En réalité les États puissants ont peu de risque d’être la cible d’une action d’ingérence. Par exemple les populations de Tchétchénie sont sans doute autant en danger aujourd’hui que l’ont été les Kosovars il y quelques années, mais la Russie étant infiniment plus puissante sur la scène internationale que la Serbie, il est peu probable qu’une action internationale se mette en place.
Il est donc logique qu’une remise en cause aussi dissymétrique de la souveraineté des États se heurte à des réticences très fortes. Ainsi le sommet du G-77, qui réunit les états les plus pauvres, à condamné en 1990 le « prétendu droit d’intervention humanitaire » mis en avant par les grandes puissances.
En occident également l’ingérence humanitaire a des opposants. Beaucoup trouvent qu’elle ressemble un peu trop au colonialisme du XIXe siècle, propageant les valeurs de la démocratie libérale et considérant les autres cultures comme quantité négligeable. Il lui est également reproché son caractère événementiel : elle a tendance à s’exprimer dans le chaud de l’action, pour donner bonne conscience aux téléspectateurs occidentaux, et à négliger les conflits oubliés par les médias ou les détresses chroniques.
Comme le prouve la crise ouverte autour de l’intervention américaine en Irak, le délicat équilibre entre la répression des bourreaux et le respect de l’égalité souveraine des nations reste donc à trouver.(...)« »« »
autres sites abaordant ce problème :
- http://www.unesco.org/courier/1999_08/fr/ethique/txt1.htm ;
- http://doc-iep.univ-lyon2.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/MFE2001/demaugebosta/ these.html ;
- http://www.operationspaix.net/-Devoir-et-droit-d-ingerence- ;
- http://www.aidh.org/Forum/ingerence_ka/kosovo01.htm.
bonjour zen,
merci pour cet article bien documenté, et parfaitement clair qui démonte clairement l’imbroglio dans lequel se trouvent les différentes parties concernées : USA, pays du moyen orient, israël... c’est un véritable noeud gordien ou un infernal jeu de cascades aléaotoires.
au-delà même des attentes politiques, économiques et hégémoniques, il y a un élément qui n’a jamais été pris en cause et qui aurait pu éviter toute cette boucherie et ce chaos : le simple bon sens.
il était évident qu’une intervention extérieure dans la conduite des affaires de l’irak entrainerait une telle réaction de rejet : à notre niveau, il est fréquent que les personnes qui interviennent dans une bagarre de couple ou de famille, voient les protagonistes se retourner et faire front contre l’intrus en l’invectivant « mais, de quoi je me mêle ??? » à fortiori si cette personne appartient à une autre communauté dont les valeurs sont différentes.
dominique de villepin, alors ministre des affaires étrangères de l’époque, dans un discours resté célèbre avait prévenu des risques encourus -http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_prononc%C3%A9_%C3%A0_l’ONU_lors_de_la_crise_irakienne_-_14_f%C3%A9vrier_2003 ;
« »« »(...)Soyons clairs : aucun d’entre nous n’éprouve la moindre complaisance à l’égard de Saddam Hussein et du régime iraquien.(...)
La question qui se pose aujourd’hui est simple : considérons-nous en conscience que le désarmement par les missions d’inspection est désormais une voie sans issue ? Ou bien, estimons-nous que les possibilités en matière d’inspection offertes par la résolution 1441 n’ont pas encore été toutes explorées ?(...)
L’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Iraq, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a l’alternative offerte par les inspections, qui permet d’avancer de jour en jour dans la voie d’un désarmement efficace et pacifique de l’Iraq. Au bout du compte, ce choix là n’est-il pas le plus sûr et le plus rapide ?
Personne ne peut donc affirmer aujourd’hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu’il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d’un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? Donnons par conséquent aux inspecteurs des Nations Unies le temps nécessaire à la réussite de leur mission. Mais soyons ensemble vigilants et demandons à MM. Blix et El Baradei de faire régulièrement rapport au Conseil. La France, pour sa part, propose un nouveau rendez-vous le 14 mars au niveau ministériel, pour évaluer la situation. Nous pourrons alors juger des progrès effectués et de ceux restant à accomplir.
Dans ce contexte, l’usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l’Iraq par les inspections. De plus, un recours prématuré à l’option militaire serait lourd de conséquences.
L’autorité de notre action repose aujourd’hui sur l’unité de la communauté internationale. Une intervention militaire prématurée remettrait en cause cette unité, ce qui lui enlèverait sa légitimité et, dans la durée, son efficacité.
Une telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d’injustice, aggraverait les tensions et risquerait d’ouvrir la voie à d’autres conflits.
Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.
Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.
Je vous remercie.« »« »
- et le 27 mars, à Londres, à l’International Institute for Strategic Studies, il réitérait son avertissement -http://www.delegfrance-cd-geneve.org/declarations/declafrancaises/autoritesfrancaises/dv27032003 .pdf :
« »« »Le droit, la force et la justice
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
C’est un grand honneur pour moi d’avoir été invité à prononcer la conférence donnée chaque année en souvenir du fondateur de votre Institut, Alastair Buchan. (...)
Les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, la France et le Royaume-Uni ont des responsabilités particulières. Elles doivent les exercer dans le même but : la stabilité internationale, la sécurité et la paix. Cela suppose de définir ensemble l’équilibre nécessaire à toute action internationale : le droit, la force et la justice.(...)
Où en étions-nous il y a dix ans ? Avec la fin de l’affrontement entre les deux blocs, nous avons changé de monde. Si le droit a été placé au cœur des préoccupations internationales, sa relation avec la force a été profondément modifiée. Pendant près de cinquante ans, l’ordre avait été assuré par la dissuasion nucléaire. L’Occident comme le monde communiste savaient que le recours à la force entraînerait des deux côtés des dommages incalculables. Dès lors, la guerre aurait signifié l’échec de la dissuasion, et l’impossible apocalypse. Mais, avec la fin de la guerre froide, la force est redevenue une option. Elle a pu à nouveau être envisagée, parce qu’elle n’entraînait plus de dommages supérieurs aux gains qu’une puissance pouvait escompter. Si pourtant elle a été peu employée, c’est pour deux raisons : l’affirmation des valeurs occidentales a rencontré peu d’opposition ; et les Etats-Unis ont su faire un usage modéré de leur force. Or, depuis toujours, seule la modération rend acceptable la puissance, comme l’affirmait déjà Thucydide : Nous méritons des éloges, pour nous être montrés plus justes que ne l’impliquait notre puissance. Aucun ordre international cependant ne peut reposer sur le seul bon vouloir des puissances.(..)
Le 11 septembre 2001 a mis fin à la période de construction d’un nouvel ordre mondial. (...)
Au cours des derniers mois, d’aucuns se sont interrogés sur les motivations de la France dans le règlement de la crise iraquienne. Je tiens à dire fortement que nos choix n’ont pas été faits contre un pays ou un autre, mais au nom d’une certaine idée de la responsabilité collective et d’une vision du monde. Mesurons bien en effet l’importance des enjeux. Il s’agit aujourd’hui de savoir suivant quelles règles nous souhaitons vivre ensemble : seuls le consensus et le respect du droit donnent à la force la légitimité nécessaire. Si nous sortons de ces limites, l’emploi de la force ne risque-t-il pas de devenir un facteur de déstabilisation ? Il s’agit également de savoir comment gérer les multiples crises. Le cas de l’Iraq n’est pas isolé : en Corée du Nord et dans d’autres pays, de nouvelles menaces de prolifération existent.(...)Nous avons enfin une inquiétude fondamentale : comment ne pas voir les risques d’une incompréhension grandissante entre les peuples, qui pourrait aboutir à un affrontement entre les cultures ? N’est-ce pas là le grand défi de notre temps, et s’agit-il d’une fatalité ? A nous d’apporter les réponses nécessaires, en nourrissant l’esprit de dialogue et de respect entre les peuples. Dans ce cadre, nous sommes partis d’un double constat qui est au cœur de la résolution 1441 : la communauté internationale n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle est unie ; elle n’est vraiment légitime que si elle assume toutes ses responsabilités. (...)Parce que l’impression a prévalu, à partir du début de cette année, que le calendrier militaire effaçait l’agenda diplomatique. Parce que le sentiment s’est très vite imposé que les inspections étaient remises en cause dans leur principe même. Parce que, enfin, l’idée d’un glissement progressif d’un objectif de désarmement de l’Iraq vers un changement de régime, voire un remodelage du Moyen-Orient, n’a pu qu’accroître les incompréhensions.(...)
A travers la crise iraquienne, ce sont deux regards sur le monde qui se confrontent. C’est un rapport différent entre le droit et la force, entre la légitimité internationale et la défense des intérêts de sécurité nationaux. L’une de ces thèses laisse entendre que la démocratie pourrait être imposée de l’extérieur. La confiance dans le droit serait donc en partie un leurre. Les instruments juridiques internationaux seraient davantage des contraintes que des moyens de garantir la sécurité internationale. Certains allant même jusqu’à avancer que les Etats-Unis exerceraient seuls leurs responsabilités en affirmant leur puissance, tandis que la position de l’Europe s’expliquerait par sa faiblesse. Enfin, face à l’ampleur des menaces, certains gouvernements s’autoriseraient seuls à frapper les premiers. La légitime défense serait abusivement étendue, sans limite ni contrainte. Les limites du recours à la force en Iraq, les perspectives incertaines pour l’avenir politique de ce pays nourrissent bien des questions sur ces analyses. Le monde contemporain est complexe. Il ne se laisse plus réduire à un jeu d’alliances, comme cela pouvait être le cas au XIXe siècle ou durant la guerre froide.(..)
Nous partageons la même foi que les Britanniques et les Américains dans la démocratie. Avec la Grande Charte, la Déclaration de 1789 et la Constitution américaine, nos pays sont aux sources de la révolution démocratique. Nous sommes persuadés que la démocratie demande de la détermination, de la conviction et un long apprentissage. Nous ne refusons pas l’usage de la force, mais nous voulons mettre en garde contre les risques d’un emploi préventif, érigé en doctrine : quel exemple donnerions-nous aux autres Etats de la planète ? Quelle légitimité accorderions-nous à notre action ? Et quelle limite mettons-nous à l’exercice de la puissance ? En souscrivant à cette doctrine, il y aurait alors le risque d’introduire un principe d’instabilité et d’incertitude permanents, de ne pas maîtriser les situations et de nous lancer dans une fuite en avant. N’ouvrons pas cette boîte de Pandore. (..)« »« »
- 4 ans après les craintes des partisans d’une solution raisonnée se sont confirmées et ont même dépassé leurs pires hypothèses : l’iraq est à feu et à sang, la guerre civile y règne, israël et la palestine ne sont pas près de faire la paix, le liban s’embrase... et surtout les extrémismes religieux ont le vent en poupe : on en arrive au choc des cultures.
les états-unis n’ont pas compris les leçons de la corée ou du vietnam : à savoir de respecter le choix des peuples à se construire démocratiquement par eux-mêmes. à force de privilégier leurs intérêts économiques par dessus tout, il ont créé des monstres qui se sont retournés contre leur concepteur : saddam hussen, ben laden...
alexandre a tranché le noeud gordien ( http://www.notteweb.net/rozan/p96.php ), mais aujourd’hui que ferait-il ?
personnellement, je ne connais pas beaucoup de soupes dans lesquelles on met du porc...
et pourtant le plat emblématique de nice est synonyme de mélange et de variétés de couleurs : la salade niçoise ... 
à croire que ces extrémistes n’ont justement pas bien compris ce qui faisait l’identité de nice... 
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