Les conceptions psychanalytiques du développement de l’enfant sont basées sur des croyanecs, tout comme la psychanalyse ne repose en rien sur des faits scientifiques. Il n’y a plus guère qu’en france, au Portugal ou en Argentine que cette Eglise demeure puissante...
Si votre auxiliaire puéricultrice est formatée par les conceptions psychanalytiques, c’est parce que les formations initiales sont remplies d’enseignants et de formateurs inféodées à cette école de pensée. Et c’est un grave problème en France où des pédo-psychiatres comme Ruffo, Clerget ou Naouri font la pluie et le beau temps, sont considérés comme des références alors que malheureusement ils assènent des vérités archi fausses, démontrant par là même leur incompétence et leur ignorance des connaissances actuelles en matière de psychologie de l’enfant.
Pour en revenir au développement de l’enfant face aux conceptions religieuses, je suis complètement d’accord avec Jean François Chalot. Le prosélytisme n’a pas sa place dans les lieux financés par les deniers publics.. ceci dit, quand on voit un président de la République faire des courbettes au Pape, faut pas s’étonner.
Quant aux sumériens qu’évoquait un commentateur, ça n’a rien à voir avec la religion et la fait d’être dans un établissement catho, mais avec le programme d’histoire. Par contre, s’il faut parler religion, je ne suis pas opposé à des cours de théologie concernant à volume horaire égal l’ensemble des religions... ça permettrait peut-être d’éviter à certains de croire les inepties des fachos sur la religion musulmane, la religion israélite, etc.
Certains travaux ont montré que le taux réussite à un problème de mathématiques dépendait d’lintérêt qu’il suscitait chez l’enfant. A trois groupes d’enfants du même âge, évalués préalablement pour constituer des groupes comparables au point de vue des compétences, on a donné à résoudre un petit problème. Dans le premier, le support était des jetons, dans le second des bonbons, et dans le troisième des bonbons qu’ils pourraient garder à la fin s’ils réussissaient. Le résultat est sans appel : le 1er groupe est celui qu a le moins réussi l’épreuve et le troisième celui a qui a un taux de réussite le plus élevé (différences statistiquement significatives). Ainsi, il apparaît clairement que l’intérêt pour un apprentissage ou une épreuve contribue de façon significative à améliorer les performances.
A difficulté égale, Il est sûrement plus facile de mêmoriser un texte qui vous intéresse qu’un pour lequel vous n’avez aucun attrait. De même, résoudre un problème concret est susceptible de davantage intéresser l’enfant qu’un problème de même nature mais purement mathématique.
Enfin, la relation pédagogique, avec l’enseignant, avec l’école, ne dépend pas que de l’enfant et de l’enseignant, mais aussi des relations et des représentations des parents sur la scolarité, l’école et l’enseignant, d’une part, et des relations qu’entretient l’enseignant avec ses collègues, des représentations qu’il a sur l’enfant comme sur ses parents, d’autre part.
Quant à l’intelligence, elle n’est pas forcément appréciable à partir des évaluations scolaires. De même, il ne faut pas confondre compétence et performance, nombre d’enfants surdoués ont notamment de bien piètres performances scolaires. Comme disait Albert Einstein : « Nous sommes tous des génies. Mais si vous mesurez l’intelligence d’un poisson par sa capacité à monter aux arbres, il pensera être stupide toute sa vie. »
Pouvez-vous me donner les références d’une seule étude démontrant que l’illettrisme de ces enfants est la conséquence d’un apprentissage basé sur une approche ludique ?
Si cela était vrai, cela signifierait que ces enfants sont tous issus des mêmes classes. Sinon, comment expliquez-vous que dans une même classe, avec un même enseignement, et avec des parents partageant à peu près les mêmes conceptions éducatives - car je supppose que vous pointez du doigt les écoles du type Montessory ou Meireu - certains réussissent quand d’autres peinent ?
Non pas que je sois un partisan de ces conceptions éducatives - car si j’en connais les vertus, j’en connais également les inconvénients - mais vous ne pouvez pas affirmer que les problèmes d’illettrisme reposent sur l’approche ludique.
Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas parce qu’un enfant lit beaucoup qu’il fera moins de fautes d’orthographe. Le développement des compétences est un processus multifactoriel et complexe. Dire que l’illettrisme est la conséquence d’une approche ludique des apprentissages de base, c’est faire fi de la complexité des processus en jeu.
Votre article me laisse perplexe parce que s’y côtoie des remarques justes, des poncifs et des méconnaissances, surtout quand vous utilisez des notions telles que caractères ou personnalité, ou le rôle du jeu dans la construction de l’enfant, qui ne recouvrent pas les mêmes sens selon une utilisation commune ou en psychologie.
Il est vrai qu’une certaine psychologie davantage versée dans la croyance que dans l’analyse et l’observation a contribué à faire adopter par certains parents des principes éducatifs erronés. Il est aussi vrai que mots et attitudes parentales peuvent faire davantage de dégâts qu’une gifle, même si ce recours n’est pas forcément une preuve de bonne éducation.
Il serait trop long ici de reprendre un à un certains éléments de votre argumentaire qui sont très discutables, voire faux. Je me limiterai donc à quelques réflexions.
Tout d’abord, le développement de l’enfant ne s’arrête pas aux seules relations parentales, pas plus que les problématiques sociales, culturelles et économiques ne s’arrêtent à la porte des établissements scolaires. Notre construction individuelle est le fruit d’interrelations permanentes entre des données biologiques et des contextes environnementaux qui sont la famille, le groupe de pairs (les camarades), le quartier dans lequel on vit, l’établissement scolaire et ses acteurs, le milieu professionnel des parents, les relations que les parents entretiennent avec l’école et les professionnels éducatifs, etc. jusqu’aux données culturelles.
Ainsi, les interventions et préventions de la violence en milieu scolaire ont plus de chance d’aboutir à de bons résultats quand elles concernent à la fois l’enfant, ses camarades de jeu et les personnels éducatifs, comme dans le programme l’Allié mis en place au Québec, que quand elles ne s’adressent qu’à l’un ou l’autre de ces aspects.
Pour ce qui est des incidences des pratiques éducatives sur le développement de l’enfant, certains chercheurs ont mis en évidence quatre styles résumant assez bien leur diversité : autoritaire, permissif, désengagé et démocratique. Le style autoritaire se caractérise par des pratiques coercitives, beaucoup d’exigences et peu d’affect ; le style permissif par l’absence de contrainte, peu d’exigences et beaucoup d’affect, le désengagé par une inconsistance dans les pratiques éducatives, tantôt très autoritaires, tantôt permissives, et le style démocratique par le contrôle, un niveau d’exigence raisonnable et beaucoup d’affect. Les conséquences les plus néfastes pour l’adaptation de l’enfant sont le fait en premier lieu du style désengagé. L’enfant ne peut anticiper les réponses parentales car trop changeantes, ce qui est très déstructurant, ensuite le style permissif, car aucune limite n’est posée, ce qui peut se révéler dangereux pour lui et ne l’aide pas à s’adapter dans une société où contraintes et interdits existent, puis le style autoritaire, car l’enfant manque d’affection, moteur du développement, et entraîne souvent une mauvaise estime de soi. Le style démocratique est le plus adapté car il permet à l’enfant de se situer dans le contexte, de connaître ses limites, tout en bénéficiant du soutien affectif. Toutefois, ces appréciations n’ont de valeur que dans notre culture, et il existe bien d’autres cultures sur notre planète dans lesquelles ces pratiques parentales n’auraient pas les mêmes effets.
L’éducation consiste à préparer l’enfant à s’adapter à la société dans laquelle il va évoluer. L’appréciation d’un modèle éducatif ne peut donc faire l’économie des contingences sociales et culturelles dans laquelle l’enfant grandit. Il suffit de regarder « La guerre des boutons » - le premier - pour comprendre. Oui, à l’époque, les enfant faisaient également des conneries, et prenaient une raclée quand les parents l’apprenaient. En même temps, les mêmes faits appréciés aujourd’hui auraient d’autres conséquences et seraient jugés par la société différemment. La justice s’en mêlerait, certains seraient taxés de délinquants, de violents, et encoureraient des peines de prison - voir le livre « Lebrac, trois mois de prison ».
Quant aux conditions d’exercice de l’enseignement, là encore il y aurait beaucoup à dire, qu’il s’agisse de la formation initiale des enseignants, dans laquelle pédagogie et psychologie de l’enfant sont quasiment absentes, classes surchargées, démultiplication des problématiques socio-économiques et de la misère culturelle dans certains quartiers ghettoïsés, familles monparentales, absence de perspective de réussite par la scolarité - il suffit de voir le statut occupé par certains crétins médiatisés qui affichent leur réussite financière pour comprendre - etc.
L’enfant se construit bien vite davantage au travers des relations avec ses pairs qu’en regard des valeurs parentales, et se construit ainsi une culture générationnelle, un ensemble de valeurs et de représentations partagées. Si vous grandissez dans un quartier sans problèmes majeurs, vous ne vous construisez pas de la même façon que si autour de vous les conditions sont très défavorables. Si être plutôt conforme aux attentes sociales vous confère des bénéfices dans le premier contexte, être violent, commettre des délits, faire les gros bras est mieux reconnu et vous attire davantage de bénéfices dans le second.
Il y aurait beaucoup de choses encore à dire, mais ce serait bien trop long...
@ nacomeda : Si vous saviez à quel point je galère... malgré bac + 10... je suis en fin de droit depuis 2010... j’alterne petit boulots précaires, interims, boulots saisonniers (le dernier c’était de septembre à octobre 2011), et n’ai eu qu’un seul CDI qui a duré 18 mois depuis la fin de mes études pour finir avec un licenciement négocié. Je vie aux crochets de ma compagne, de ma famille et parfois de prêts de mes amis, et suis pas sûr de pouvoir aider mes enfants à faire des études même s’ils en ont les compétences - mais bon, je n’écris pas ici pour parler de ma petite personne, surtout en regard de ceux qui sont encore plus en galère que moi, car j’ai un toit et de quoi manger. Alors, quand j’écris « C’est celaaa ouiii », c’est juste parce que je n’ai pas souvenir que le Petit Journal s’en soit pris une seule fois aux précaires. Pas plus. Et croyez bien que ma situation n’est vraiment pas enviable...
Moi aussi je participe à des manifs depuis l’âge de 15 ans, la première on chantait « 10 ans, déjà, coucou nous revoilà »... c’était en 78. Et je continue à arpenter les rues dans les manifs, les dernières étaient pour défendre la retraite à 60 ans, même si compte tenu de mon parcours salarial qui ressemble à un gruyère, je m’assoie dessus pour ma part. J’ai fêté la victoire en 81... J’ai été des combats anti-nucléaires, contre la répression policière au pays basque, etc. Et je reste et resterai toujours un révolté. Et ça fait belle lurette que je ne vote plus « pour » mais par défaut, voire contre, sauf aux européennes où j’ai voté avec conviction pour « l’escargot » !... si je devais avoir un drapeau - même si j’aime pas ça - il serait vert avec de grosses tâches noires et des pustules rouges !!
Je ne suis pas contre les idées du FG, bien au contraire. Je reste néanmoins persuadé que c’est aux législatives qu’il va être important de voter pour le FG car c’est là que va se jouer la politique qui sera menée. Personnellement, je suis pour qu’on supprime la fonction de président de la république, surtout quand elle ressemble à s’y méprendre à un ersatz de monarchie. Je reconnais que je suis désabusé par l’ensemble de la classe politique que je trouve dans son ensemble affligeante et bien souvent d’une compétence inversement proportionnelle à leur ego comme à leur cupidité. Ce qui me tient, c’est la dérision, l’humour noir, et je pratique aisément l’auto-dérision, car sinon...