• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Dany-Jack Mercier

Dany-Jack Mercier

J'ai enseigné à l'IUFM de Guadeloupe (puis ESPE, puis INSPE) de 1991 à 2020. Je m'intéresse naturellement aux problèmes concernant l'enseignement dans le second degré et la formation des professeurs certifiés de mathématiques. Je suis le webmestre du site MégaMaths. J'ai écrit un livre pédagogiquement incorrect intitulé Délires et tendances dans l'éducation nationale - Filières scientifiques en péril afin d'alerter l'opinion sur ce qui se fait actuellement en matière d'enseignement scientifique. On retrouve MégaMaths sur Facebook et X.



Tableau de bord

  • Premier article le 16/07/2012
  • Modérateur depuis le 14/08/2012
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 27 168 960
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 23 16 7
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 11 novembre 2012 22:03

    C’est vrai, les professeurs des écoles sont maintenant obligés de cocher beaucoup de cases et personne n’y comprend vraiment quelque chose. C’est du temps perdu qui pourrait être utilisé plus profitablement d’une autre manière.



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 11 novembre 2012 21:33

    @ ZEN

    Merci pour votre lien que j’ai trouvé fort intéressant. J’en ai extrait ce passage du livre de Benjamin Barber qui parle du plagiat. Ce genre d’avertissement devrait nous rendre soucieux de ne pas donner trop d’importance aux « mémoires » et « soutenances de mémoires » dans les cursus par rapport à d’autres types de contrôles de connaissances. Il y a tant d’autres façons de procéder.

    Voici l’extrait :

    « Les étudiants aussi jugent plus facile et entièrement défendable de tricher aux examens et de copier leur mémoire de fin de trimestre. « Sur la plupart des campus, 70 % des étudiants admettent avoir déjà triché. » Le problème, avec le plagiat, n’est plus sa fréquence, ni la multitude des sites Internet qui mettent en vente des devoirs, c’est que beaucoup ne voient plus ce qu’il y a de mal à ça. Parmi les dizaines de sites Internet qui proposent des dissertations, mémoires, thèses et... « thèses de doctorat » entièrement rédigés et « prêts à rendre », on trouve l’entreprise Best Custom Term Papers, dont la publicité sur Internet affiche un en-tête remarquable : « Mémoires de fin de trimestre personnalisés, 100 % sans plagiat  ». Par cette formule, la société veut sans doute dire qu’elle-même n’a pas copié son texte ailleurs, pour que l’étudiant qui l’achète soit certain qu’il n’y a dans cette affaire qu’un seul plagiaire ! 

    Avec des producteurs décidés à justifier le vol intellectuel commis par leurs clients, et des écrivains et chercheurs adultes en pleine confusion sur le sens de la propriété intellectuelle (notamment en ces temps de critique littéraire postmoderne, ou` les textes sont des produits censés appartenir à ceux qui les consomment autant qu’à ceux qui les produisent), il n’est pas surprenant que les étudiants s’abandonnent si facilement au plagiat – péché si véniel au regard des normes laxistes sur le vol qu’il ne se qualifie même pas pour un pardon. Après tout, emprunter du texte à d’autres universitaires et oublier de renvoyer à leurs travaux n’a pas nui sensiblement à la réputation de plusieurs historiens reconnus. Et la fabrication de faits et d’expériences dans les Mémoires de James Frey sur la drogue et la prison n’a pas eu d’impact majeur sur les ventes de son livre Mille morceaux, du moins jusqu’au jour où Frey a reçu un savon télévisé dévastateur de la célèbre « critique » Oprah (qui, lorsque la tricherie de Frey avait été révélée, l’avait d’abord soutenu). Des journalistes du New Republic et du New York Times ont acquis une grande renommée grâce à des articles d’« information » entièrement fabriqués, qui leur ont coûté, semble-t-il, plus de (vains) efforts pour ne pas se faire prendre que pour créer leurs distrayantes fictions. » [Extrait du livre de Benjamin Barber Comment le capitalisme nous infantilise (2007), relevé dans un article de Marianne]



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 14 octobre 2012 13:51

    @ diverna

    La prédiction est un art effectivement difficile, voire impossible, car trop de paramètres entrent en jeu : caractère, mode de fonctionnement, curriculum, intérêts dans la vie, philosophie personnelle, parents, etc. Tout le monde ne peut pas supporter le choc que représente une formation en CPGE, et en plus à Louis le Grand où les places sont chères, on imagine l’effort d’adaptation que cela demande.

    Certains caractère arrivent à s’accommoder à la poursuite des études en maths sup, d’autres pas et ont intérêt à aller à l’université ou choisir une autre école, un endroit où ils pourront s’épanouir tout en préparant leur avenir et celui de notre société.

    Bravo pour votre première fille qui a su supporter et s’adapter dans une formation très difficile. Votre seconde fille a aussi bien réussi car il faut y arriver à passer en seconde année en CPGE. Pour moi, il est tout à fait « normal » de chuter en prépa vu la trop forte pression que subissent les

    L’important est de continuer à être motivé et de travailler dans le domaine que l’on a choisi pour y « exceller » autant qu’on le puisse, en restant équilibré et joyeux. Il est bien triste de voir une bonne élève au lycée ne pas continuer en post BAC dans une filière qui l’intéresse, et galérer sans but bien défini, et ce n’est pas une question de savoir si on reste en province ou pas, puisqu’on peut réussir en s’inscrivant dans une université de province ou dans une formation ad hoc. Cela fait peur et porte à la réflexion, c’est vrai…



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 15:59

    Bonjour diverna, voici ce que je peux vous répondre :

    Au niveau des instructions concernant l’apprentissage des démonstrations, il n’y a pas eu beaucoup de changements. On affiche toujours qu’il s’agit d’un des objectifs de l’enseignement des mathématiques, bien heureusement. Le passage de l’observation des figures et de la démonstration instrumentée (donc en utilisant des instruments comme une équerre, une règle…) au raisonnement logique se fait toujours progressivement dès la classe de sixième (initiation : on commence à prendre conscience de la nécessité de faire un peu plus qu’observer et mesurer sur une figure ) ou de cinquième (on raisonne un peu plus, on se méfie des figures, etc.).

    Un collègue de CPGE enseignant en maths sup m’a effectivement dit qu’il y aura des changements bientôt, pour mettre sans doute le programme un peu plus en conformité avec les exigences actuelles et les changements opérés au lycée , mais aussi pour repenser un premier semestre avec de la méthodologie (c’est à la mode) et le suivi personnalisé du genre tutorat, car on doit bien sentir que les nouveaux élèves auront des tas de lacunes comme on a de la peine à imaginer, compte tenu des horaires du lycée et des programmes et des instructions mis en œuvre. On ne peut pas accepter presque tout le monde en S sur un programme généraliste, et avoir ensuite des gars formés un minimum en « sciences dures » pour tout de suite enclencher à la fac ou en CPGE. Cela devient impossible : il faudra temporiser.



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 14:34

    @ diverna

    On peut présenter des activités de découverte pour toutes les notions imaginables, ce qui n’est pas un problème si l’on dispose de beaucoup de temps en classe. Les activités, TP sur machines ou pas, problèmes de toutes sortes, recherches et rédaction « font » les mathématiques, mais il ne faut pas que ce soit en sacrifiant trop la rigueur : il faut permettre de donner des définitions rigoureuses autant que possible à un niveau donné et compte tenu du public visé, et permettre de travailler à partir de ces définitions même s’ils elles sont parfois un peu théoriques, surtout si elles sont accessibles à des élèves du lycée qui choisiraient la vois scientifique moyennant une petite sélection à l’entrée.

    Ce n’est pas parce qu’on sait facilement simuler des jets de dés sur un tableur que l’on doive supprimer toute définition d’une « probabilité ».  

    Il faudrait continuer à enseigner des notions qui disparaissent pour être remplacées par des statistiques et de l’utilisation de machines. Ne plus savoir ce qu’est le produit vectoriel est dommageable pour nos jeunes scientifiques de terminale. Découvrir les vecteurs en seconde est une hérésie. Une collègue de terminale m’a dit hier que personne dans sa première S n’avait vu les vecteurs durant toute sa scolarité. Leur enseignant de seconde n’avait pas eu le temps de les aborder l’an passé, ce que l’on peut comprendre compte tenu des horaires dévolus aux maths, des méthodes prônées et du public disparate visé. Faire des TP sur ordinateur est chronophage, faire faire de l’algorithmique est chronophage, est difficile à enseigner et n’est pas spécialement passionnant pour les élèves. Certains élèves découvriront donc les vecteurs en première tout en écoutant leur professeur de sciences industrielles leur parler d’objets comme des « torseurs ». Pourtant le parallélogramme est étudié depuis la cinquième, en enseigner les vecteurs en collège ne posait pas de problèmes particuliers à ma connaissance, sauf à ceux qui n’avaient déjà pas le niveau à l’entrée en sixième et qui sont condamnés à pratiquer les mêmes programmes avec les mêmes horaires. C’est une notion qui se dessine facilement, à l’opposé des torseurs dont on peut « se passer » pendant toutes ses études de mathématiques à la fac, sauf spécialisation dans un domaine particulier.

    Que dire pour conclure ? Que je reste confiant dans la capacité de nos collègues de mathématiques à présenter les notions de la meilleure façon possible compte tenu des programmes et des horaires choisis, mais que ce n’est pas une raison de ne leur donner que de « missions impossibles ». Arrivera-t-on un jour à parler de l’enseignement des mathématiques de façon décomplexée ?

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Agoravox.tv