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Dany-Jack Mercier

Dany-Jack Mercier

J'ai enseigné à l'IUFM de Guadeloupe (puis ESPE, puis INSPE) de 1991 à 2020. Je m'intéresse naturellement aux problèmes concernant l'enseignement dans le second degré et la formation des professeurs certifiés de mathématiques. Je suis le webmestre du site MégaMathsJ'ai écrit un livre pédagogiquement incorrect intitulé Délires et tendances dans l'éducation nationale - Filières scientifiques en péril afin d'alerter l'opinion sur ce qui se fait actuellement en matière d'enseignement scientifique. On retrouve MégaMaths sur Facebook et X.



Tableau de bord

  • Premier article le 16/07/2012
  • Modérateur depuis le 14/08/2012
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Derniers commentaires



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 02:25

    @ drlapiano

    La gauche comme la droite a fait de mauvais choix en matière d’enseignement. Ce n’est pas une affaire de politique : il existe un consensus sur la gestion des flux scolaires et tout le monde y est responsable, parfois sans s’en rendre compte d’ailleurs.

    Pour les sciences, cela a commencé vers 1983 avec la destruction de la série C sous prétexte que c’était une filière d’élite et que tous les parents voulaient que leurs enfants aillent en C ! Au lieu de conserver, en lycée, une section bien orientée sur les sciences, offrant un cours de qualité à des élèves qui désiraient se destiner aux métiers scientifiques, où l’on n’aurait accepté que les élèves qui avaient un niveau suffisant pour pouvoir suivre des cours de qualité, « on » a préféré laisser passer presque tout le monde, puis vider cette section de tout son « parfum scientifique » pour arriver à y fait un peu de tout, et, pour obtenir un franc succès au baccalauréat, on a joué sur les coefficients et les matières, et l’on a vidé les mathématiques et les sciences physiques de leur substance. Résultat des courses : un « bon élève » de troisième qui veut étudier les sciences se retrouve à travailler comme un fou un tas de matières non scientifiques et suivre un programme caduque en sciences destiné essentiellement à le faire attendre trois ans. Ce n’est qu’en entrant à la fac ou en intégrant une école post BAC que cet élève pourra commencer à travailler ce qu’il aime, s’il en a encore le cœur et n’a pas été dégoûté par les années d’attente précédentes. C’est du gaspillage !

    Car quoi ? Avec la dernière réforme du lycée, et comme je l’écris dans mon livre [1] : « les horaires des matières scientifiques (mathématiques, sciences physiques & sciences de la vie et de la Terre) ne représentent plus que 35% des heures d’enseignement pour un élève d’une classe de première scientifique. Ce ratio était de 50% avant la réforme. » 

    Pour la terminale S, 6 heures sur 10 sont encore accordées aux sciences, et j’ai pu écrire : « En terminale S en 2012, on s’aperçoit que les heures de culture générale et d’accompagnement personnalisé représentent 41,1% du temps global d’enseignement, le reste correspondant à des enseignements scientifiques. Le ratio reste donc à peu près le même que celui en 1983, et continue à accorder une part très importante aux enseignements de culture générale, soit deux heures sur cinq. »

    Dans ce livre, j’ai donné un tableau où je compare les horaires hebdomadaires de mathématiques cumulés de la sixième à la terminale. J’obtiens 36h de maths en 1992 contre 31h de maths en 2012, et je peux conclure tout bêtement : 

    « En vingt ans, tout se passe comme si on avait supprimé une année entière d’enseignement des mathématiques (soit cinq heures par semaine) prise sur les sept années du secondaire. »

    Bref, la section scientifique n’est plus une section scientifique que par le nom qu’on lui donne.

    Que l’on ne se méprenne pas : je ne suis pas pour une section scientifique portée aux nues et pour « rabaisser » d’autres orientations. Que non ! Les hommes sont différents, et tous n’auront pas ni l’envie ni les moyens de mener des études longues en sciences. Toutes les sections ont la même valeur : il faudrait une section littéraire typée réservée aux élèves qui ont les capacités, des sections économiques et sociales, des sections professionnelles, etc. pour le bénéfice et l’épanouissement de chaque élève. Chacun doit s’accomplir dans « sa » voie, et le lycée est là pour participer à cet accomplissement.

    Je reviens sur votre post :

    a)    - La droite n’a rien fait de bien nouveau après Jospin, elle a continué le travail d’Allègre en ce qui concerne les sciences au lycée, pour arriver à ce cataclysme.

    b)    - Une éducation nationale centralisée est un gage de qualité car empêche déjà certains passe-droits.

    c)    -  L’autonomie de gestion des établissements me semble dangereuse à cause des écarts qu’il y aurait entre ceux-ci. Il faut penser à tous les Français.

    d)     - La fin du fonctionnariat des personnel serait une catastrophe car mettrait tous les personnels sous la botte des potentats locaux, et cela va plus vite qu’on le pense. Le fils de M. un tel, personne influente de telle ville, aura une très bonne note parce que l’établissement privé dans lequel il suit ses cours est dirigé par un ami de ce monsieur, et que les professeurs qui le suivent risquent de perdent leur boulot s’ils ne lui mettent pas de très bonnes notes. Par contre, le petit « Tartempion », on peut lui mettre des zéros, pas de problèmes… On ne peut pas être plus clair sur la nécessité d’avoir des enseignants indépendants des potentats locaux !

    Bon, tout ça n’a rien à voir avec un quelconque clivage gauche-droite. D’ailleurs la droite à fait remonter le nombre d’élèves par classe de façon très inquiétante (30 à 35 élèves dans les classes de maths de première ou terminale S, c’était assez commun), et la gauche prévoit de recruter des enseignants pour les placer devant les élèves, pour acte. Mais cela aurait mal pu être autrement, à part en mettant une bonne partie des classes en autodiscipline et auto-formation. J

     

    //C:/Temp/aaa.docx#_ftnref1" name="_ftn1" title="">[1] Dany-Jack Mercier, Délires et tendances dans l’éducation nationale – Filières scientifiques en péril, éditions Publibook, 2012.

     



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 01:31

    @ Corinne Colas

    Merci pour ces précisions encore bien intéressantes ! Le danger d’un traçage est évident, même si pour l’instant on ne parle pas de regarder le LPC pour obtenir son BAC. Mais un document qui suit quelqu’un pendant si longtemps est un danger absolu qui empêchera ce « quelqu’un » de repartir d’un bon pied comme cela peut arriver. 



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 01:25

    @ Corinne Colas

    Merci pour toutes ces précisions indispensables. Bravo pour la résistance contre le LPC. Vous faites bien, aussi, de rappeler que toutes ces réformes se font pour « suivre nos voisins » et des directives européennes de gouvernance pour obtenir des futurs ouvriers compétents qui s’adapteront à ce qu’on leur dit de faire… Brrr : flexibilité, productivité, satisfaction du travailleur. Et tout le monde traité de la même façon, pour l’égalitarisme. 



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 01:16

    @ Anaxandre

    Vous touchez à beaucoup de problèmes de fond dans votre post, et vous avez raison, mais il faut relativiser. La coexistence de cultures et d’intérêts différents n’est pas un mal, au contraire, si chacun s’épanouit dans son domaine sans détruire celui du voisin. La tolérance est de mise pour que nous puissions fonctionner avec harmonie dans notre société.

    Aimer écouter lady Gaga fait certainement du bien à ceux qui l’écoutent et l’apprécient. Personnellement je n’aime pas ses musiques (sauf exception) et ne suis pas attiré par ses frasques surtout depuis qu’elle a osé monter sur scène avec un habit entièrement créé avec de la peau de bœuf : des tranches de viande saignante qui ont servi de tissu à madame… Non, ça je ne peux pas l’admettre : on ne peut pas tuer un animal juste « pour s’amuser ».

    Pour l’égalitarisme forcené, vous avez raison. Interdire les devoirs à la maison et obliger les élèves à faire leurs devoirs en classe est présenté comme la solution idéale pour ne pas avantager les enfants des classes moyennes ou aisées. Cela revient à rabaisser le niveau de tous et ne sera pas bénéfique à la nation sur le long terme. Surtout que des différences existeront toujours après : par exemple certains enfants ont une chambre, d’autres pas, et la phase suivante serait de mettre tous les enfants dans la même situation en les regroupant dans des pouponnières dès leur naissance pour être certain que leurs familles n’interviennent pas de façon positive sur leur développement. On arrive à un collectivisme forcené en matière d’éducation, et c’est un vrai danger. C’est pourtant ce à quoi on aboutit logiquement si on veut interdire tout apport positif possible de la part de la famille ! Je ne peux pas être d’accord avec cela : si des parents arrivent à aider leurs enfants et leur apporter amour et présence, cela ne doit pas être remis en cause par la société. En fait, c’est la société qui doit tirer bénéfice de cela.

    Vous parlez ensuite avec raison d’une société dont les valeurs se réduisent à des valeurs marchandes où les citoyens sont considérés comme des « bêtes à consommation ». C’est vrai : trop mettre l’accent sur le commerce entraîne des dérives, même si on doit beaucoup au commerce et au développement qui en résulte. Mais cela ne doit pas se faire à n’importe quel prix, et certainement pas en bradant l’aspect moral et désintéressé. La culture ne doit pas être systématiquement inféodée au commerce. Il y a des valeurs morales et humaines qui n’ont rien à voir avec l’argent, et heureusement beaucoup de nos concitoyens vivent avec ces valeurs et leur donnent corps. 

    En tout cas merci pour votre post qui, tout en étant selon moi excessif, présente des aspects importants sur lesquels il est bon de se pencher régulièrement.



  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 13 octobre 2012 00:48

    @ LE CHAT

    Vous avez tout compris ! Le cours magistral est fasciste, et il faut toujours faire des activités, seulement des activités, toujours des activités. Je ne suis pas spécialement un grand défenseur du cours magistral, et personnellement j’ai adopté une approche originale pour enseigner les fondamentaux à mes étudiants qui préparent le CAPES et le master. Mais ce sont des étudiants qui ont une licence en poche, et qui sont capables d’un travail personnel soutenu, et c’est en salle qu’on approfondit ce travaille, qu’on le met en scène, en s’amusant si cela est possible. Mais en lycée, ne faire que des activités, des exercices et des TP sur ordinateurs a pour résultat d’embrouiller TOUS les élèves, même ceux qui n’avaient pas de problèmes avant ces réformes. 
    Bon, il est vrai que le problème le plus important concernant l’apprentissage des mathématiques est le manque d’heures de cours. Actuellement, dans les classes de lycée en tout cas, un élève « normal » ne peut pas bien comprendre ce qu’il devrait acquérir en maths simplement parce qu’on ne dispose pas de temps suffisant pour faire des mathématiques. C’est mission impossible... Et cela retombe finalement sur les enseignants et les élèves.


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