@Hervé Hum Je vous ai relu attentivement. C’est trop difficile pour moi. Ou alors c’est parce que vous ne donnez pas d’explications suffisamment claires, considérant certaines choses comme évidentes alors qu’elles ne le sont pas. Vous devriez écrire un livre sur le sujet.
@Hervé Hum Je n’ai pas le temps de tout lire maintenant, je lirai votre texte plus tard. Juste une chose, en attendant. En lisant en diagonale, je me suis arrêté sur l’exemple de l’auteur A et de l’auteur B. Je ne vois pas ce qui cloche dans mon raisonnement. Je n’ai jamais dit que l’auteur A partait de l’imaginaire. C’est l’auteur B qui part de l’imaginaire créé par l’auteur A. Donc oui, il crée en partant de l’imaginaire, même si cet imaginaire a été créé à partir du réel. Sans vouloir vous offenser, j’ai l’impression que vous enculez des mouches. Mais je vous promets que je vous lirai attentivement ce soir car peut-être que je me trompe.
Le
syndrome du larbin est le syndrome de celui qui a peur de perdre son
confort, de perdre ce qu’il possède, et qui se tourne vers celui
qui représente la force et dont il pense qu’il va le protéger. Il
est l’idiot utile du système car tant que le système a besoin de
lui il est conservé.
L’immense
majorité des gens aspire à une vie tranquille, sans pénurie et
sans danger. Quand tous les besoins essentiels sont satisfaits, il
n’y a pas de conflits. Étant donné que la plupart des gens (les
gens normaux) ne recherchent pas le pouvoir, ils se laissent conduire
par une minorité (les grands patrons, les dirigeants et les
politiques). Ces élites qui dirigent le troupeau font en sorte que
le troupeau reste un troupeau. On fait croire aux moutons qu’ils
sont libres et qu’ils ont leur mot à dire en organisant des
élections où ils vont élire leurs maîtres, pardon leurs
représentants.
Le
soumis est fabriqué en quantités industrielles. En cas de problèmes
sérieux (besoins non satisfaits) et donc quand le pouvoir se durcit,
les soumis se scindent en trois catégories :
-
Les collabos ou pro-système : trop bien adaptés à un monde
malade et profondément injuste, ils trouvent que dans l’ensemble
tout est normal, à part quelques défauts à corriger. Le
terme « collabo » paraît sévère, mais il est justifié
si le peuple est menacé ou maltraité par les élites.
-
Les révoltés ou anti-système : ils se rendent compte que le
monde ne tourne pas rond, que le système est une supercherie
monumentale dans laquelle les élites se reproduisent entre elles, et
ils ne comprennent pas que les autres ne s’en rendent pas compte ou
qu’ils l’acceptent comme une fatalité.
-
Et entre les deux les amibes qui suivent le courant (les « j’sais
pas j’y comprends rien j’m’en fous on verra bien »).
Tiens ! Ça fait un alexandrin.
La
réalité est plus riche que l’imaginaire. Shakespeare :
« Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre,
Horatio, que n’en rêve votre philosophie. »L’imaginaire est une combinaison d’éléments connus. Aussi
fantaisiste et créative soit-elle, cette combinaison dépend de la
banque de données (la mémoire individuelle et collective) dont nous
disposons.
Peut-on
imaginer en partant de l’imaginaire ? Un auteur A de romans
d’heroic fantasy crée un monde imaginaire. Un auteur B crée de
nouvelles aventures en conservant le monde créé par l’auteur A.
L’auteur B part donc de l’imaginaire de l’auteur A.
De
toute façon, l’imaginaire, du moment qu’il est vécu par une
conscience, possède une forme de réalité : tout ce que
j’imagine est contenu dans le réel puisqu’il n’existe rien
hors du réel. Si on veut s’amuser à se faire des nœuds dans le
cerveau, on peut lire les romans de Philip K. Dick. Par exemple Ubik.
Ou Le Maître du Haut Château.
Le
père Fouras m’envoie une question pour vous. Dans l’univers rien
n’est constant, rien n’est permanent, excepté une chose.
Laquelle ?
« D’une certaine façon c’est un peu le syndrome du larbin. »
Je
n’aime pas cataloguer les gens. Les gens sont mes semblables. Je
préfère penser que les hasards de la vie ainsi que nos
déterminations familiales, sociales et professionnelles nous
conduisent à être ce que nous sommes. La réussite sociale et le
confort qu’elle apporte te poussent à adhérer au pouvoir comme
par une force gravitationnelle très puissante. En schématisant, ça
donne : j’ai atteint la réussite matérielle en vivant dans
une société régie par ce pouvoir, donc je dois me ranger du côté
de ce pouvoir ; il ne peut pas être foncièrement mauvais
puisqu’il me permet de vivre bien ou du moins correctement. Bien
sûr, ce n’est pas formulé de manière consciente.
On
ne se lève pas un matin en décidant de devenir un larbin ou un
collabo, c’est un processus d’adhésion qui commence dès
l’enfance, et qui s’opère à notre insu. La fabrique du
consentement est très puissante. S’y ajoute depuis une trentaine
d’années la fabrique du crétin (voyez la vidéo de Jean-Paul
Brighelli sur youtube). Pour s’extraire de ce puissant
conditionnement, de cet endoctrinement qui est invisible car il est
partout et qu’on n’en a pas connu d’autre, il faut un point de
rupture dans sa vie, une bifurcation. Ce peut être une rencontre,
une grave maladie, une expatriation avec choc culturel, un échec…
Si je n’avais pas connu quelques unes de ces ruptures du ronron
mental dans lequel j’étais confiné sans le savoir, je serais
probablement resté un larbin.