@chantecler Vous remarquerez que les gens du FMI dénoncent mollement la corruption. Cela me fait penser à un parrain de la mafia qui réprimanderait l’un de ses jeunes membres, débutant fougueux insouciant et stupide, pour avoir manqué de discrétion et de mesure dans l’exécution de la tâche qui lui avait été confiée. Ce qui importe au FMI ce sont les réformes néolibérales et antisociales. Il n’investit pas dans l’espoir de toucher des intérêts ! Qui croit encore que le FMI espère revoir son argent ? Par exemple, quelle personne sérieuse et sensée investirait en Ukraine ? La corruption est utile au FMI dans la mesure où elle garantit que le pays endetté ne pourra pas se redresser. Ce qui compte c’est de maintenir le nœud coulant autour du cou du pays en question. On le desserre un peu de temps en temps en lui « prêtant » de l’argent, ce qui a pour effet de faire grossir l’épaisseur de la corde. Le sabotage est utile au plan visant à asservir un pays. Donc, le « mais, en même temps » de votre dernière phrase est de trop car cela sous-entend que le FMI déplore la corruption et que les vilains corrompus lui mettent des bâtons dans les roues. La corruption, que le FMI condamne pour la forme, pour se donner une bonne image, est non seulement le cadet des soucis du FMI, mais en plus elle facilite et accélère l’implémentation des réformes néolibérales en les présentant comme le seul remède possible à l’effondrement de l’économie. Détruire l’indépendance d’un pays permet de faire un pas vers la mise en place du gouvernement mondial.
@Jacques-Robert SIMON Tout à fait. Je dirais même que les membres de ces organisations genre Davos et Bilderberg ne sont pas des décideurs mais de simples exécutants. L’opacité est assurée par une structure pyramidale avec, au sommet, des décideurs qui sont totalement inconnus du grand public, et qui sont même inconnus des étages inférieurs de la pyramide.
@bartelby Je me suis fait la même réflexion que vous quand j’ai lu l’épigraphe de l’article. Je me suis dit : « Ça commence mal ; partir d’une définition fausse pour démarrer sa démonstration, voilà encore une pétition de principe qui s’ignore ». Puis j’ai lu la suite. Et j’ai constaté avec étonnement que la thèse que l’auteur défend est ce qu’on qualifie de théorie conspirationniste. Le terme originel, créé par la CIA, est « conspiracy theory ». Je suis certain que l’auteur ne pense pas qu’une théorie du complot soit fausse par définition. Comment donc expliquer la contradiction ? Comment expliquer que l’exergue dise le contraire de ce qu’exprime le corps de l’article ? Je pense que l’auteur a voulu, avec la citation et le graphique, présenter sommairement la thèse adverse, pour ensuite la réfuter.
Votre
article est intéressant, mais quoi que vous disiez vous ne
parviendrez pas à convaincre les anti-conspirationnistes. Pourquoi ?
Parce que vous ne questionnez pas leur croyance racine, le fondement
sur lequel s’appuie leur vision du monde.
Vous
remarquerez, par exemple, que l’idée selon laquelle un groupe
restreint d’individus contrôlerait le monde est une idée qui est
écartée a priori. Est-elle vraie ou est-elle fausse ? Pour
l’anti-conspirationniste c’est une question qu’on ne doitpas
se poser, c’est une idée qui ne mérite même pas le statut
d’hypothèse. Pourquoi ? Parce qu’elle est jugée non
plausible. C’est tout. Il
l’écarte d’un revers de la main en décrétant qu’elle est
invraisemblable. Il
lui suffit, pour se protéger de toute suspicion de ce type, de
convoquer l’idée que le monde est trop complexe et que les
intérêts des uns et des autres sont divergents. Vous
avez beau faire des recherches poussées et exposer des corrélations
significatives et
convaincantes, rien n’y fait : au
lieu d’essayer d’avoir une vision globale, il vous entraîne sur
une discussion qui porte sur des éléments séparés, sans chercher
à faire de liens. Bref, il
ne voit pas la forêt à cause des arbres.
Il
admet qu’il y a des magouilles et des complots, il admet même
qu’il y a des mafias. Pour lui, l’idée d’une mafia à
l’échelle d’un pays c’est concevable, mais l’idée qu’il
puisse y avoir une mafia à l’échelle planétaire ça n’est pas
concevable, ça n’est pas plausible.
Je
crois que si l’anti-conspirationniste répugne aussi fortement –
et d’une manière qui s’apparente autant
à du
fanatisme religieux – à toute remise en question de son dogme
selon lequel il est impossible qu’il y ait un complot mondial,
c’est qu’il est
terrifié :
il
a une peur inconsciente,
viscérale,
atavique, du Mal.