@JPCiron Einstein demandait d’abord une définition, un certain nombre de physiciens admettent comme possibilité, au vue des lois qui règlent avec précision le maintien de l’univers, lois découvertes depuis quelques dizaines d’années ou un peu plus (une variation infime empêcherait la possibilité de l’univers et donc de notre terre) l’existence d’un principe unique. En fait leur science ne leur donne pas de réponse par elle-même.
Mais ce n’est qu’un aspect de la question, qui ne règle pas le problème des messages religieux, car ces lois scientifiques sont impersonnelles, or les messages religieux sont adressés à l’intime des hommes, on ne peut pas récuser une loi dès lors qu’elle a été prouvée, mais si tout peut être prouvé alors la notion de foi (et de liberté, de volonté, de choix, liberté de Dieu mais aussi de l’homme) n’a plus de raison d’être. Les messages spirituels sont orientés à la fois vers des communautés particulières (religion de telle peuple, de telle époque) et vers la conscience des hommes, donc c’est un autre problème, celui de la communication entre la conscience de l’homme et celle de Dieu, d’une communauté de langage qui ne soit pas celle de la pure objectivité des lois externes (qui ne sont pas pour autant niées dans leur ordre).
@JPCiron "Nous citerons encore le texte suivant, qui constitue une remarquable
illustration, en termes scientifiques modernes, de la doctrine de la
non-temporalité de la « création » : « Une impulsion nouvelle est
toujours présente ; mais elle n’est pas en réalité une impulsion
nouvelle, elle est l’impulsion unique qui existait dans toutes les
parties, mais qui prend des aspects différents…C’est pourquoi le monde
vit perpétuellement…Si nous appelons « création » l’état indescriptible
et inobservable duquel sont nés les différents systèmes (il y a, d’après
nous, deux milliards d’années), nous pouvons dire que le monde présente
toujours des événements pour lesquels la création est une chose qui
vient seulement de passer. Nous ne pouvons observer l’événement de la
création lui-même ; même à la limite, car c’est seulement pour des
nébuleuses se déplaçant à la vitesse de la lumière qu’il est un
événement de notre présent : or, si celles-ci existaient, elles seraient
invisibles et inobservables. L’événement de la création lui-même se
cache discrètement dans son invisibilité…Il n’y a pas de recommencement
de la création. La création – un événement unique. Je n’ai pas précisé
la copule : vous pouvez dire « était » ou « est » à votre choix...Une doctrine ontologique ainsi énoncée en termes scientifiques se
distingue à peine de la proposition que la « création » est synonyme de
cette disjonction ( dve-dhā) de l’essence et de la nature, du
connaisseur et du connu, abstraction faite de laquelle (c’est-à-dire
dans l’éternité) il n’ y a ni observateur, ni chose observée, mais
seulement Cela, l’Unique, qui est sans second (tadekamadvaitam). L’autre observation de Milne, à savoir que « l’expression l’âge de l’univers n’a pas de contenu objectif », peut-être, d’une manière semblable, rapprochée de la réponse faite par saint Augustin à la question absurde : « Qu’est-ce que Dieu faisait avant qu’il ne créât le monde ?"
L’hypothèse la plus simple, Einstein, « rasoir d’Ockam » ? Pour ma part je ne trouve pas que les équations de la physique soit simples si on n’a pas le type intellectuel adapté à ces recherches, on pourrait au contraire dire que le mythe est trop simple, parce que tout le monde du moins dans une société donnée y adhère (comme l’Occident a adhéré au schéma positiviste et réductionniste de la science au XIXème siècle, maintenant on entre dans une nouvelle ère de complexités).
Que Dieu soit anthropomorphisé c’est inévitable, mais cela implique-t-il que ce sont les hommes uniquement qui ont créé des schémas mentaux ou « artistiques » ?
On devrait admettre ne serait-ce qu’à titre d’hypothèse, que le langage divin s’adapte au monde auquel il s’adresse sinon il serait incompréhensible, donc si il y a bien une « imagination créatrice » comme le commente Corbin à propos d’Ibn Arabi, cette imagination fonctionne dans les deux sens, elle est une traduction de l’homme, elle est une traduction de Dieu. Un exemple du langage analogique et codé est l’expérience du rêve de Joseph.