J’ai reçu un lien des plus captivants sur la mise en perspective du travail de Beckett. On peut y voir le « transport » des concepts heideggeriens et les lectures métaphysiques tranformées en canon de lecture contemporain. Bref, une historicisation de l’Absurde.
Après une tentative éhontée sur Agovox pour « autopromouvoir » ses mauvais livres qui peinent à se vendre, voici notre journaleux sans journal glosant sur l’avenir à échelle internationale !
Cher Lucien, je viens de suite à vous rassurer : vous n’êtes pas pressenti aux Affaires Etrangères ...
Pis, vous ne pourrez même pas jouer à « l’Arabe du décor » (c’est dommage, n’est-ce pas ?)
Vous qui parliez de Azzouz Beggag comme faisant de la « sociologie de bazar » (admirez l’injure façon France-Echos !), sachez au moins que contrairement à vous, il vend très bien ses livres et ses romans. Offrez les votres à l’INA s’ils ont une place de stockage en plus ... (zippés, ça ira encore plus vite).
A part le titre inutilement provocateur (dans sa version initiale et refusé), changé pour le caprice infantile de se voir publier et des assertions insultantes au pricipe de réalité, saupoudrées d’allusions géographiques qui miment la profondeur géopolitique pour commentateur télévisuel, quoi de nouveau sous le soleil brun de France-Echos ?
Vous affirmez - encore une fois contre Védrine, pauvre lubie ! - avec grandeur d’âme et souci républicain (américain) que « la mobilisation a payé ». Songiez-vous à vous-même avec votre potentiel argumentatif de vendeur de chaussettes ? Encore une fois, le lobby de la chaussette noire a sauvé la France du méchant loup « islamo-gauchiste » ... Un sens inédit de l’histoire !
Ah oui, j’ai adoré votre papier sur Papon. Grandiose. Tellement courageux ! Vous vous posiez cette question si essentielle pour nous, contemporains assoupis :
Papon est-il à lui tout seul responsable de la déportation en France ? Non, disiez-vous avec courage. Face à cette question qui couvait un implicite répugnant et forcément démesuré, vous avez mis tous vos moyens intellectuels pour nous dire cette vérité que l’on ne peut humer que face aux montagnes de Berchtesgaden : « Que Papon aurait dû s’enfuir, quand même, partir à Londres ? Mais dans ce cas, il n’aurait pas pu faire son possible pour au moins soulager quelques souffrances... »
Vous y ajoutiez, en fin connaisseur de la complexité humaine : « Les choses semblent, bien plus complexes, hélas, et en tout cas montrent bien que Papon n’en était pas l’organisateur ni même l’instrument, mais le spectateur quasi impuissant...et ce même lors de la rafle du 10 janvier 1944 (page 212) alors qu’il fut accusé de l’avoir organisé (page 217). »
Je me dis alors, que, par un pareil élan d’intelligence et d’humanisme, vous devriez siéger à l’Institut de France, pas très loin de la Seine. Mais je me dis aussi que, si vous étiez en France, un soir d’octobre 61, avec votre face qui rappelle les Aurès, vous auriez fait la joie d’un policier... (faute de meilleure « complexion »).
Selon le bon mot de Marx, il ne faut pas confondre la logique des choses avec les choses de la logique.
On sait qu’une partie de la communauté juive (pied-noire) a voté pour Le Pen, et c’est aussi un fait contradictoire ; A ce sujet, Dominique Vidal du Diplo nous parlait déjà des avertissements paradoxaux de Cuckierman qui voyait dans le dernier épisode ’Le Pen aux élections’, « un avertissement aux musulmans de France, leur indiquant de se tenir tranquilles » (il y a d’autres perles un peu plus grosses de ce noble monsieur qu’est Cuckierman dans Haaretz, déclarant que Le Pen et la communauté juive avaient un intérêt commun ...)
(C’est tout le problème du fétichisme politique de la délégation communautariste : avoir le choix entre Cuckierman et Ramadan).
J’ai aussi vu sur Israël Magazine, de Villiers en Une. L’extrême droite française dans sa composante « pro-Israël » tente de séduire comme elle peut une communauté qui se sent menacée dans son propre pays.
Mais pour revenir à l’article, en l’absence de données chiffrées, on ne peut faire que du qualitatit micro-sociologique version ethnométhodo américaine : on part d’un microcosme (petit groupe, familles, entretiens plus ou moins indirects, etc.) et on extrapole un univers sémantique et axiologique (relatif aux valeurs) au reste inquantifié pour mieux parler de « tendance », etc.
Et sauf erreur de ma part, l’affiche de la jolie petite brunette du FN a joué dans la jonction transcommunautaire : on ne sait toujours pas si elle est « antillaise » ou « maghrébine » ... ce qui a sans doute été voulu lors de sa conception marketing.
Quelle serait la différence entre un imaginaire islamiste (tel qu’il est supposé dans l’article) et un autre imaginaire - provenant de l’auteur cette fois - oú l’Afrique du Nord devrait être « remerciée » de ses « arabes » au nom d’une « origine » essentialisée et arbitrairement fixée au christianisme ? (cherchez les commentaires de l’auteur, vous verrez de quoi il est question).
Ne retourvons-nous pas ce même imaginaire « phalangiste » qui voudrait « récuper » tout territoire ou lieu comme la Basilique Sainte-Sophie au mépris des réalités contemporaines ? (je ne parle même pas des simplismes historiques pour « légitimer » cette prise un peu anachronique ...)
En fait, l’imaginaire islamiste qui nous menace tous n’est pas tant différent de l’imaginaire national-chrétien que l’auteur partage avec une « nébuleuse de sites racistes », à savoir France Echos.
A ce niveau, le chroniqueur en question devient éthiquement souillé et épistémologiquement douteux.
Les oublis intéressés se multiplient aussi et ont pour source un parti pris confessionnel certain (n’est-il pas d’ailleurs un « prêtre raté » en ce sens ? )
Le chroniqueur oublie par ailleurs que la majorité des victimes de l’islam sont des musulmans. Mais passer du musulman à l’islamiste est plus simple. En cela, LSA Oulahbib ne diffère pas de ces mouvements (France Echos) qui cherchent à transformer le soupçon en certitude atténuée (parfois, c’est moins raffiné et l’indexation est plus franche comme chez France Echos dont LSA Oulahbib semble fournir une version BCBG ...)
Que dire d’un individu se disant chrétien et qui ne pratique aucune « charité chrétienne » surtout par rapport à une aire géographique dont il est issu ? C’est que LSA Oulahbib préfère les questions simples, mâtinées d’auto-compassion : « Why do they hate us » ? C’est si simple et si ... factuel !
Je ne peux revenir en détail sur les erreurs techniques dans les démonstrations (le mot est trop fort). Cela va de l’usage mal maitrisé de sources linguistiques (un romaniste italien) à des propos anachroniques en histoire.