Je ne me sens pas "intégriste". Je ne suis même pas religieux. Je ne suis pas conservateur, ni neocon, ni obscurantiste. Je ne crois pas, en tout cas.
Je n’ai jamais pensé ça de vous et je ne pense pas être le seul. Mais certaines de vos déclarations (sexualité et église, conception du péché, lois et culpabilité, etc.) méritaient quelques échanges contradictoires.
Contesté en Italie et très largement négligé par une Espagne qui n’est plus sous la botte du nacionalcatolicismo, le Pape expérimente les affres du "stade religieux" selon Kierkegaard.
C’est que l’Europe de l’Ouest n’est plus tout à fait ce qu’en voudrait faire le Vatican. Restent l’Afrique et l’Amérique du Sud. Et les conséquences du raidissement doctrinal se font sentir depuis longtemps.
La teología de la liberacíon peut se faire vertement admonester alors que l’Opus Dei chuchote sa rumeur d’un monde étriqué pour une curie en mal de restauration.
Ce pape ruine à lui seul les fruits de décennies d’oecuménisme et d’acquis post-conciliaires.
C’est d’autant plus triste que de nombreux théologiens de qualité se trouvent en franche opposition avec l’orientation générale et actuelle de l’Eglise.
Je le dis avec la conviction que Vatican II peut servir de modèle aux autres religions et que le travail de réforme (excusez le mot) demande à être poursuivi.
Et bien, je vous souhaite la bienvenue ! Et que vive l’esprit de la gaya scienza
Vous noterez comme moi, en termes de communication, qu’il est malheureusement plus facile de poser des questions, même gênantes et pourquoi pas, pertinentes, que de répondre avec l’assurance inculte du prosélyte évangélique ou islamiste.
C’est que, comme vous le disiez, il faut non seulement corriger Dieu ou Allah dans leurs braves "assertions" scientifiques, mais aussi les millions de parascientifiques qui pensent que le créationnisme fait maison est supérieur à celui de des concurrents dans la déraison