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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 15 août 2012 19:32

    Votre apport majeur – dites-moi encore si je me trompe – consiste à dire que les conditions de vente et d’achat ont différé depuis à peu près deux siècles, différences qui auraient fait d’Obélix un véritable petit capitaliste s’il avait pu en bénéficier également. Ça, bien sûr, mais c’était sans compter la révolution anthropologique de l’âge moderne, qui a façonné l’homme-individu soucieux de ses droits, mu par l’utile, sorti des religions et esclave du progrès (scientifique notamment), révolution qui ne pouvait advenir qu’une fois ces choses acquises ou en passe de l’être (en Occident chrétien uniquement). Ce que refusent catégoriquement de prendre en compte les libéraux… et ce que n’assument plus aujourd’hui leurs pendants modernes, les socialistes ou affidés.

    En outre, ce que je reproche aux libéraux est assez simple : le fait de ramener tous liens politiques aux seuls actes marchands de peur de voir poindre à nouveau l’autorité politique, sapée, émasculée au fil des siècles.

    Comme je le disais précédemment, le libéralisme des Anciens était beaucoup plus entreprenant : il s’agissait pour les atomes de s’extirper de la molécule originaire, puis d’y revenir pour la faire profiter du fruit de l’activité individuelle. Nous procédons en sens inverse : nous nous considérons comme des atomes innés, constituant une molécule pour notre seul intérêt privé (Sécu ou autres), avant de crier au scandale et à l’étatisme lorsqu’il s’agit de mettre soi-même la main à la poche.

    Bien à vous.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 15 août 2012 19:26

    Bonjoir et merci pour tout le temps que vous avez pu m’accorder (lecture, critique et écriture).

    Votre démonstration est très intéressante, mais au finale, diffère-t-elle de ce que je dis ?
    Dites-moi si je vous ai mal compris :

    1. Nous sommes d’accord sur le caractère inédit et récent du capitalisme ;
    2. Nous sommes d’accord sur sa double propension à générer et assouvir à la fois toujours plus de besoins ;
    3. Et surtout, nous sommes d’accord sur la primauté de la demande sur l’offre.

    Le cas échéant, vous conviendrez que les points « 1 » et « 3 » nous mettent à dos la majorité des gens qui se prétendent « libéraux », c’est-à-dire qui misent sur un capitalisme de toute éternité (ce que récuse l’anthropologie) et une offre générant sa demande, attestant du génie de l’entrepreneur (ce qui est vrai de nos jours, mais daté).



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 15 août 2012 19:25

    Tout à fait, mais cet article ne constitue pas une analyse exhaustive, elle intervient à l’intérieur d’un projet plus « ambitieux ».
    J’appuie ce que vous dites dans le point « 2 », comme déjà dit : sans référence commune, sans aucune appréhension du bien commun, assorti d’un espace public et d’une justice distributive, pas de vie politique possible. En revanche, un vaste terrain de jeu est laissé à l’activité économique.
    Quant au point « 1 », il découle inévitablement du point « 2 » : qui dit espace commun dit frontières communes, abhorrées à la fois par les Droits de l’Homme et le marché, deux forces contre lesquelles il est bien difficile de lutter sans passer pour réactionnaire...



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 15 août 2012 19:20

    Bien vu pour Lefort.
    Il y a aussi tout une analyse à mener sur les accointances entre la démocratie et le marché.

    Concernant les complotistes, je ne sais pas ce qu’il en est d’Agoravox car je viens de débarquer, mais il est manifeste que beaucoup cèdent à cette tendance. C’est, selon moi, une manie bien démocratique : lorsque le pouvoir politique est condensé entre deux mains, il est simple de porter des accusations nominatives. Lorsqu’il est diffus, comme nous le vivons, sur qui taper ? Nécessairement sur une nébuleuse oligarchique désireuse de tromper le bon peuple. L’on fait par là l’économie de la remise en question, et l’on fédère autour d’un ennemi commun. D’une pierre, deux coups.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 15 août 2012 12:47

    Bonjour, merci à vous, en particulier pour le lien Wiki.

    Je suis d’accord avec ce que vous évaluez comme une « aimantation puissamment entretenue », à telle enseigne, d’ailleurs, qu’elle est devenue insupportable et que les atomes refusent à présent toute liaison de covalence. Là est justement le problème : les Anciens partaient d’une molécule et devaient s’efforcer d’accorder des libertés aux atomes, nous autres Modernes partons d’atomes et nous efforçons de reconstituer la feue molécule. Ne s’est-on pas aventuré dans une entreprise encore plus difficile que la leur ?

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