Pourquoi le « fort taux d’épargne privée » n’est il pas suffisant pour financer la dette française, comme au Japon ?
Comment le taux d’endettement peut il être « relativement bas » avec des prix de l’immobilier mulitipliés par 2.5 en 10 ans ?
Les prêts accordés aux particuliers pour l’accession à la propriété seront ils toujours considérés comme sains si la surcôte de 48% par rapport à la tendance longue venait à fondre ?
Il y a comme un air d’inconscience dans les milieux bancaires francophones...
Pourquoi, malgré des un niveau d’endettement supérieur à l’Espagne, une psychologie collective plus conservatrice que l’Irlande, une bulle immobilière plus tendues qu’au Portugal et des niveaux de prélèvements supérieurs à la Grèce, ’ils’ ne s’en prennent jamais à la France ? Pourriez vous nous donner une explication rationnelle à ce phénomène apparemment étrange...
L’ISF était la norme il y a 20 ans en Europe. Peu à peu, tous les pays, quelque soit la couleur politique de leur gouvernement, l’ont abandonné face à la lourdeur de sa collecte (évaluer un capital demande beaucoup de travail), ses conséquences sur l’investissement et sur l’exode fiscal. Aujroud’hui dans l’Union Européenne, la France fait figure d’exception avec cet archaisme idéologique, conservé malgré son inefficacité et son injustice (on impose des valeurs fictives en période de bulle et on ne remnourse pas les trop perçus lorsque les actifs se dévalorisent). Cette usine à gaz qui ne touche finalement principalement que des capitaux moyens immobiliers est donc sur le point d’exploser. Les vraies fortunes, elles, y échappent totalement ou partiellement par la constitution de sociétés financières qui ne sont pas taxées (biens professionnels).
La fiscalité sur les revenus du patrimoine n’a fait qu’augmenter, 17% sous Giscard, puis 27%, puis augmentation à nouveau sous Sarkozy qui avait promis de ne pas augmenter les impots (27% à 29%, puis 30%, puis 31%, et donc plus pour bientôt).
Ce ne serait pas un problème si l’épargne rapportait, mais avec une rémunération de l’épargne inférieure à l’inflation ( Euribor à 1.54%, inflation en Euope à 1.9%), ces prélèvements constituent non à redistribuer un enrichissement, mais à taxer l’inflation. En d’autres termes, une nouvelle incitation à délocaliser son épargne, mais cette fois pour les classes moyennes, vers des zones à croissance plus forte.
Avec des régimes sociaux en déficit chroniques et impossibles à réformer, et une épargne sécurisée de plus en plus taxée mais ne permettant pas de se constituer un patrimoine, ni même d’en préserver la valeur, le problème du pouvoir d’achat des retraités va devenir majeur à court terme. Ils n’auront d’autre choix que de réaliser leur épargne pour leurs besoins primaires, ce qui aura des conséquences sur la valorisation des actifs. Tant mieux pour les jeunes générations qui ont besoin d’accéder au logement à des tarifs en rapport avec leurs revenus, mais la déflation immobilière posera à nouveau la question de la solvabilité des banques...
Voici l’article d’aujourd’hui d’un homme qui n’a pas de diplôme tamponné « expert en finances » visé par sa seigneurie le Ministère de l’Education et pourtant fait autorité en la matière pour avoir anticipé la crise du crédit de 2008.
Il ose prendre position, argumente, différencie les scénarios en fonction des contextes géo économiques. On peut ne pas suivre son pessimisme, mais au moins son discours est clair, accessible, logique et cohérent.