En quoi l’attitude de la Fed diverge t elle de celle de la BCE, qui rachète aux banques Européennes des obligations d’Etat des PIGS et produit de la monnaie pour compenser les pertes à venir ? La démagogie financière américaine vaut bien la démagogie financière française au sévice de l’Europe.
Dans ces conditions, contre quelle monnaie internationale peut se dévaluer le dollar, sinon l’Or, qui n’a d’utilité que pour les joaillers et dont les réserves physiques ne couvrent pas là aussi les émissions de papier Or.
Et oui, il faudra s’habituer à voir les BRICS, qui, par leur réserves en matière première et leur industrialisation sont créditeurs nets, donnent leur avis sur ce que leurs débiteurs font de leur argent. Les Etats Unis n’ont déjà plus le monopole des agences de notation, ce qui semble logique au vu de leur niveau d’endettement : http://front3.lindependant.com/articles/2010-11-09/l-agence-chinoise-dagong-juge-la-solvabilite-des-etats-unis-au-bord-du-gouffre-280376.php Cela là aussi ne concerne pas que les Etats Unis, mais aussi la France et ses déficits structurels récurrents.
Combien vaut notre voix au siège permanent de l’ONU et notre quasi monopole sur la présidence du FMI. C’est tout l’enjeu de cette crise, quel pouvoir sommes nous prêts à céder pour bénéficier de la bienveillance de ceux qui financent nos démago-craties par leur travail (100% des directeurs du FMI depuis sa création viennent d’Europe de l’Ouest)
Monsieur Chazoule, dans votre dernier article, vous appuyez la thèse de l’inflation, citant l’exemple de la république de Weimar, contre celle d’une déflation à la Japonaise. Pourriez vous faire l’inventaire des mécanismes qui vous amènent à cette conclusion dans un environnement international beaucoup plus internationalisé, le Deutschmark à l’époque n’étant pas une monnaie d’usage supra national comme l’Euromark ou le dollar.
Vous avez raison, M. Santi, contrairement à ce que prétendait Attaturk (qui avait motivé l’adoption par les turcs de l’alphabet Romain et une constitution laïque), l’avenir de la civilisation (l’humanité) n’est plus à l’Ouest.
Et comme vous le précisez, il n’y a pas à le regretter, nous ne représentons après tout, Europe et USA, moins de 10% de la population mondiale et sommes sur représentés dans les institutions mondiales (3 sièges permanents sur 5 à l’ONU, monopole sur les présidences du FMI alors que nous sommes les plus endettés).
Nous aurons tout de même réussi à imposer l’usage de nos langues européennes à la majorité de la planète (Anglais, Espagnol, Portugais) et aurons structuré des continents (Afrique, Amérique, Australie) à notre image (Etats).
Les pays émergents en excès de trésorerie n’ont aucune raison de nous faire plus de cadeaux que nous ne leur en avons fait, il y a dix ans, quand eux même ont connu des difficultés de liquidités (prêts à des taux supérieurs à 10%). Nous profitons encore de notre histoire en pouvant imprimer de la monnaie sans conséquences dramatiques, puisque nos monnaies ont une utilité internationale. Cela ne pourra durer éternellement, la montée de l’or, les trocs sud sud matière première contre produits manufacturés en témoignent.
Un simple exemple, ici au Paraguay, les Renault et Peugeot sont ne se voient dans les rues qu’en occasion. Les marques chinoises représentent la grande majorité des véhicules neufs (JAC motors, Geely pour les voitures, Yamazuky, Leopard, Kenton pour les motos). L’influence commerciale européenne y est, comme en Afrique, en régression rapide.
Il faudra s’habituer à voir Brésiliens et Chinois arpenter nos rues comme touristes en remplacement des Américains, s’intéresser aux vitrines de luxe et alimenter ainsi une industrie non délocalisable. Il faudra s’habituer aux donneurs d’ordre étrangers qui imposeront leur culture à nos entreprises. Il faudra être capable d’opérer cette révolution culturelle, de parler d’égal à égal avec des pays que nous dominions antérieurement par notre influence économique et culturelle.
Comme la révolution féministe, ce bouleversement des habitudes et des certitudes ne va pas se faire sans douleur, sans incompréhension, mais nous n’aurons d’autre choix que l’accepter. Accepter que nos valeurs internationalistes et interventionnistes soient remises en question par d’autres cultures aux approches différentes, et qu’à notre tour nous soyons économiquement obligés de nous aligner sur des choix étrangers.
Bref, accepter contraints et forcés de ne plus se voir comme le centre du monde. Les habitants de Buenos Aires ont eu besoin de la crise de 2003 pour ravaler leur orgueil légendaire, le microcosme parisien souffrira sans doute de la même manière du décalage entre sa compréhension de son importance et ce déplacement des centres de gravité.
Une grande claque qui ne pourra que remettre les idées en place.
Les syndicats sont impuissant face à une situation qu’ils ont eux même créé. La réalité comptable n’est pas infiniment soluble dans les égoismes corporatistes, il y a un moment où la réalité devient incontournable.
On souhaiterait que nos syndicats aient compris, comme dans les démocraties d’Europe du Nord, que la solution aux déficits chroniques ne se trouve pas dans les bruits de casserole et la prise en otage des populations moins protégées, mais dans le pragmatisme et la recherche de l’intérêt de tous. Il n’est de l’intérêt de personne, si ce n’est quelques grandes fortunes à l’abri des cataclysmes, que les conditions de financement de notre dette se dégradent au point, humiliation suprème, de demander un rééchelonnement de son remboursement. Un déclassement brutal de notre crédibilité qui nous ferait passer de puissance économique moyenne à économie sous assistance.
Les syndicats n’ont rien pu rogner sur l’os de la dépense publique parce que l’os est dépourvu de viande et de moelle, on ne peut que s’y casser les dents.
Oui, le marché est sous contrôle, non seulement par l’injection de liquidités données aux banques pour soutenir l’activité, mais aussi par des interventions directes de la Fed sur les indices (pomo).
Le cirque est il susceptible de s’arrêter à court terme. Pas avant les prochaines échéances en 2012, les démocrates ne pouvant se permettre une double déflation des actifs (immobilier ET mobiliers). Ce n’est pas moral mais la politique aujourd’hui ne s’embarasse pas de morale, elle navigue à vue en utilisant tous les outils monétaires à sa disposition.
Les Etats Unis ne se sentent pas redevables de leur dette de toute façon, ils considèrent que leur fonction financière centrale et leur influence militaire suffit pour ignorer les règles s’appliquant aux autres zones économiques.
Vous avez raison, sur le moyen terme, il y aura un prix à payer (un nouvel infarctus financier), le malade n’ayant pas changé ses habitudes nocives. Mais c’est loin, très loin à l’échelle de temps du casino boursier.
Pendant ce temps, la bourse continue mécaniquement et cyniquement à monter, venant rassurer le retraité du Wyoming sur sa retraite par capitalisation