Vous avez lu l’essentiel du raisonnement. Vous avez vu que, dans mon exemple de l’île déserte, la condition pour que les « intérêts manquants » ne manquent pas est que la banque dépense un montant exact égal aux intérêts dus. Pour aller dans votre sens, si la banque renonce à dépenser cette somme exacte, il est logiquement impossible que l’emprunteur rembourse son emprunt.
La banque a ainsi le pouvoir de faire en sorte de rendre impossible le fonctionnement normal de sa monnaie. La banque a le pouvoir que l’emprunteur vienne avec de l’or et dise « voila, il n’y a plus de votre monnaie à la con nulle part. Je vous demande donc d’accepter mon or pour payer le montant des intérêts de mon emprunt. Et je n’utiliserai plus jamais votre fichue monnaie. J’irai emprunter dans une autre banque. Et je conseille à votre directeur d’aller se faire soigner chez les fous ».
Si la banque refusait l’or proposé par l’emprunteur, un tribunal, saisi du litige, condamnerait la banque, car son comportement serait déloyal.
Une petite remarque : Mon exemple de l’île déserte peut être transporté en plein Paris et fonctionnerait de la même manière que sur l’île déserte. La banque « delile » émet 100 unité de la monnaie « delile » et la prête à l’emprunteur. L’emprunteur doit rembourser 120 unités de la monnaie « delile ».
Continuons le raisonnement : La banque a le choix entre dépenser 20 « delile » afin que l’emprunteur puisse rembourser son emprunt. Mais elle a le choix de ne pas dépenser cette monnaie « delile ». Je vous confirme que je suis d’accord avec vous que la banque « delile » est en situation de faire dysfonctionner délibérément sa monnaie.
Pour savoir si nous nous comprenons, je vous pose une question. Pour quelles raisons, la banque a tout intérêt à dépenser ces 20 « delile » ?
@André-Jacques Holbecq « Je ne cherche pas à vous convaincre ... en fait je m’en fiche totalement. Le principal est que le Peuple soit convaincu »
Je ne comprend pas le sens de votre commentaire. Quel est votre but dans ce débat ? Convaincre le plus grand nombre de gens possible du bien fondé de votre thèse ? Ou bien pensez vous que la réfutation d’une opinion contraire à la vôtre n’est pas toujours nécessaire ?
Vous répondez à la suite de ma démonstration de la banque sur l’île déserte avec un seul client. Mais vous ne la réfutez pas. Et vous ne la citez pas. Soit vous la réfutez, vous vous admettez cette démonstration de pure logique.
Les écritures comptables enregistrent des ventes et des achats dans les livres d’une entreprise, d’une banque. Ce qui nous intéresse ici ce sont ces ventes et ces achats. La manière dont ils sont enregistrés est une question de moindre importance.
Que se passe t il au moment d’un prêt bancaire entre l’emprunteur et la banque, la BNP par exemple ? L’emprunteur donne à la banque une reconnaissance de dette. La banque devient ainsi propriétaire de cette reconnaissance de dette. Et en échange, que donne la banque à l’emprunteur ? La BNP inscrit que l’emprunteur possède de l’argent sur son compte bancaire de la BNP.
Ça veut dire quoi "avoir de l’argent sur son compte bancaire ? Cela veut dire que la BNP promet de verser à l’emprunteur de l’argent venant de la banque centrale, et à tout instant, en utilisant ce compte bancaire de l’emprunteur. C’est quoi l’argent de la banque centrale ? C’est, par exemple, les pièces et des billets. Mais c’est aussi de l’argent de la BNP que la BNP possède à la Banque Centrale.
Je suis ravi de voir que vous avez parfaitement compris le paradoxe des « intérêts manquants », qui, en fait, ne manquent pas. Vous l’expliquez bien.
Je l’explique presque de la même manière : On suppose une banque avec un seul emprunteur dans une île déserte. L’emprunteur emprunte 100 et doit rembourser 120 au bout d’un an. La banque crée 20 et les dépense. Il y a donc 120 qui circulent. L’emprunteur vend qq chose pour obtenir ces 120 qui circulent. Et il peut ainsi rembourser 120 à la banque.
Ce qu’il faut bien comprendre est que la banque émet de la monnaie en la dépensant. La banque dépense en salaires de son personnel, en investissements, en dépenses de fonctionnement. La banque peut légitimement émettre cette monnaie. Il y a ainsi suffisamment de monnaie en circulation pour que l’emprunteur rembourse les 120 de son prêt.