Je trouve l’article intéressant, même si je ne suis pas vraiment en accord avec l’analyse/et les exemples qui sont proposés.
Par exemple, j’ai du mal à trouver en quoi la télé-réalité française est spécifiquement "beauf" ; elle ne fait que copier ce qui se fait ailleurs et ça ne reste qu’une forme de marketing ciblé. Quant à la médiocrité des programmes de certaines chaines, elle ne date pas d’hier (là encore, je ne sais si pas l’on peut spécifiquement ramener cela à de la beaufitude). Les "Vis ma vie" et consorts sont avant tout là pour nous conforter dans la folle certitude que l’on a - nous et nous seul - une vie formidableeeeeeee. Ca ne peut faire de mal que d’y croire.
Pour "Bienvenue chez les ch’tis", pour moi c’est avant tout du cinéma populaire ... personnellement je n’ai pas trouvé que ça cassait trois pattes à un canard (avec du recul c’est moins pire qu’un Bebel des années 80) ... mais ça n’engage que moi (j’ai bien esquissé un sourire à une reprise). Après sur la question du succès populaire ... quand on voit les scores que font Titanic, Asterix (I) et consorts ... il n’y a pas de quoi en faire un critère qualitatif ; au mieux on peut être satisfait d’avoir engraissé l’industrie du cinéma.
Les films de Dubosc mettent en scène un personnage de Beauf ... mais j’en suis resté aux (bon) films de la troupe du Splendid.
Bref, à ce stade (de l’article) je reste sur ma faim.
... ah si il reste le clin d’oeil à Sarkozy ... là j’avoue l’exemple me semble assez bien trouvé.
De nos jours on utilise simplement des marqueurs microsatellites pour effectuer des tests de filiation avec un taux de réussite proche de 100% (99.99999%).
Ces marqueurs sont des séquences qui présentent des motifs (de bases ATGC) répétées, qui vont être amplifiées par PCR (« polymerase chain reaction ») de manière spécifique chez l’être humain par plusieurs jeux d’amorces (appelées « primers » en biologie moléculaire).
Un même motif microsat. va avoir un présenter des variations dans le nombre de ses répétitions d’un individu à l’autre. Il en résulte des variations de taille, que l’on peut facilement déceler (par des réactions de séquençage, ou des gels d’électrophorèse).
Si un enfant a les mêmes parents il presentera donc une combinaison de microsatellites unique héritée à la fois de sa mère et de son père. Et statistiquement il aura (presque) exclusivement des séquences microsat. analogues à celles de ses 2 parents.
Le M2R (Master 2 recherche) correspond à l’ancien DEA (Diplôme d’études approfondies) ; ce sont des formations à Bac+5 que l’on intègre par sélection sur dossier après un Master 1 (ancienne maîtrise) ou une école d’ingénieur.
Un EPST est un Etablissement public à caractère scientifique et technologique (sont inclus le CNRS, l’INSERM, l’INRA, l’IRD etc ...). Pour plus de détails :
CR2 veut dire chargé de recherche deuxième classe. Cela correspond à un poste de chercheur débutant dans un EPST. Il faut savoir que le salaire de base d’un CR2 tourne autour de 1600-1800 euros net (à ramener aux 8 ans d’études, et aux années de postdoc ...)
IF est l’abbréviation d’« Impact Factor ». C’est un indice qui estime à quelle point un journal scientifique à comité de lecture est régulièrement cité par d’autres journaux scientifiques. Basiquement, plus cette indice est haut, plus la revue est cotée (ex. Cell, Nature, Science etc ...) ... et plus il est difficile de publier dedans.
Je ne sais pas quand l’auteur a passé sa thèse mais je ne trouve son témoignage fort peu représentatif du monde de la recherche que je cotoie quotidiennement (en Biologie, Génétique).
Il y a de quoi hurler quand on lis la phrase suivante : « les jeunes chercheurs, il faut reconnaître que s’ils ont choisi ce métier, c’est plus par commodité que par vocation. »
C’est sûr que c’est fichtrement commode que de devoir enchainer les mentions pour avoir une place au soleil dans un bon DEA (M2R maintenant), que d’obtenir de haute lutte une bourse de thèse, que de cravacher pendant la thèse pour sortir un maximum de publis, construire un réseau de collaborateurs à l’international, puis partir à l’étranger 2 ou 3 ans en moyenne, en revenant quand on peut pour passer des concours ou il y a facilement 50 candidats par poste. Avec le recul je me dis justement qu’il faut être bien motivé pour s’engager dans une voie où le taux de réussite est si faible.
Il y a de quoi hurler que je lis que pour l’auteur : « Avec l’appui d’un patron, il suffit de passer un concours. Ce qui évite les centaines de lettres de candidature dans le privé, tout en offrant bien souvent la possibilité de rester dans la ville où on a effectué ses études. »
Pour rentrer au CNRS en CR2, il faut maintenant 12-15 publis au minimum (et il faut faire chauffer les IF), dans les autres EPSTs ce n’est guère mieux, et même les postes de maîtres de conférence sont maintenant brigués par des candidats ayant enchainé postdocs et publications.
Si j’ai bien compris le ton acide de l’article, l’auteur n’a pas réussi à s’insérer dans le milieu de la recherche française - je trouve un peu mesquin qu’il mette pour autant en doute la valeur des doctorants (et des jeunes chercheurs) qui ont eu bien du mérite en s’engageant et en perseverant dans cette voie.