Je retourne souvent au Maroc (surtout a Casa), j’ecoute par-ci par-là les opinions de chacun. Ma famille y a des terres et nous sommes l’une des seules à résister aux offres des promoteurs, négociants et autres intermédiaires et tous nos voisins nous remercient pour cela.
Pour exemple le site de l’Institut Georges Washington à la sortie de la ville (école privée prestigieuse par le prix d’inscription, cours de tennis etc...) qui s’est implantée en plein milieu d’une zone rurale et qui a coupé l’accès à la route à beaucoup de paysans. Plus loin, un projet immobilier de luxe en bord de mer du coté de « Dar Bouazza » (lac artificiel, cloture, gardiennage, centre commercial interne, GOLF !!!! quand on sait les ravages que la sécheresse a commis dans cette région, etc...) où la maison la moins chère est à 800000 euros. Perso, c’est là ou j’ai appris à nager et a surfer. Imaginez bien que la population des moins aisée qui depuis des décénies se plaisait à se baigner à cet endroit sera manu militari invitée à trouver un autre site comme loisir de peur d’effrayer la clientèle « bling bling ».
Il est clair que toute cette frénésie aide beaucoup au développement du pays. Mais il s’agit de qualifier ce développement. Il est évident que des emplois sont créés, que des programmes pour la clientèle de luxe comme pour les logements sociaux voient le jour.
Mais c’est justement cela qui me tracasse. Il y a un fossé qui existait déjà il y a 20 ans et qui s’est énormément agrandi depuis. Ici on parle soit de résidences de luxe, soit de logements sociaux.
Et de quels logements sociaux parle-t-on ? Des grands ensembles type cité des 4000 de la Courneuve ? Nous savons déjà ce que cette architecture a donné comme résultat en France. Sans oublier que beaucoup de projets poussent sur des terres non constructibles, mais qui sont devenus le contraire une fois les autorités locales bien arrosées. D’ailleurs, pardon, mais vous ne me ferez jamais croire que vous ne passez pas par la corruption locale pour acquérir des marchés.
La population qui est passée de la pauvreté à l’accès aux biens de consommation en quelques années se fait complètement asphyxier par les crédits à la consommation. Des crédits qui peuvent atteidre jusqu’à 70 ans de traites.
Ce que j’appelle le développement monsieur, ce serait plutot l’émergence de projets immobiliers innovants, respectueux de l’environnement (autant naturel que social) et qui ne répètent pas les erreurs des autres.
On finit par voir que du béton, même les plus petits douars font en sorte d’improviser un terrain de foot pour leurs jeunes.
Faire de l’argent juste pour faire de l’argent à très court termes n’est pas un système viable.
Bref on pourrait en parler des heures, mais pitié, arrêtez de dire que ce qui s’y passe est « une chance » pour les marocains. Lorsqu’on offre un verre d’eau sale à un assoifé, il la boira comme une citronnade.
Comment se fait-il que lorsqu’il s’agit de se remettre en question vis à vis de l’Histoire, on parle de « devoir de mémoire » pour un sujet et de « repentance » pour d’autres ?
J’ai une petite idée sur la réponse, mais bon, mon prénom est à priori révélateur de ma partialité ... donc irrecevable par nature...
Kadhafi n’est plus antiaméricain... Il a publiquement dit que la Lybie était amie des US.
Beaucoup de caricaturistes nord africains l’ont d’ailleurs dessiné avec le pantalon baissé... le titre : « Voila la nouvelle stratégie politique étrangère de Monsieur Kadhafi ».
J’ai pris du temps sur ma pause déjeuner pour commenter l’article, ce n’est pas pour qu’il soit censuré a cause de quelques dégénérés...
Je le reposte.
Article le plus objectif que j’ai pu lire jusqu’ici sur Avox. Quand aux commentaires, je me délecte de voir autant de personnes qui ne voient le monde que comme un élément gravitant autour de leur petites personnes.
Bosser dans un contexte international m’a appris une chose, ce n’est pratiquement qu’en france que l’on blâme quelqu’un de différent de soi pour les difficultés de nos vies. Et si intégration il doit y avoir, cette caractéristique qu’on retrouve chez pas mal de jeunes en banlieue font d’eux des Français.
Pourquoi en arrive-t-on la ? Qui a vécu dans une cité comme celle de Villiers le Bel, Sarcelles, Mantes, Gennevilliers, etc, sait que jusqu’à début 90, la présence policière était quasiment nulle. « Laisser les s’entretuer ces métèques » qu’on se disait. Seulement voila, il fallait bien qu’un mode de vie s’instaure, et ce mode de vie s’appelle la loi du plus fort. Plus on l’est et plus on survit. Oui survivre, c’est bien le mot. Quand on habite à peine à 2Km du centre ville et qu’on entend des gamins dire « On va a la ville » tellement c’est difficile de s’y rendre vu le manque de transports/infrastructures.
Vous parlez de dealers qui roulent en cabriolet ? OK, vous avez raison, mais la question n’est pas de se demander pourquoi on n’arrive pas a les arrêter... Il s’agit de comprendre pourquoi on ne les arrête pas. La plupart des petites frappes qui arrivent a sortir par magie des gardes à vue sont des indics. On les laisse vaquer a leurs petits Business pourvu qu’ils arrivent a fournir des informations assez importantes pour permettre à l’inspecteur de la BAC de « démanteler » un « réseau » assez gros qui l’aidera a demander sa mutation hors des banlieues sensibles.
Le sentiment d’appartenance national... réveillez vous et soyez réaliste. Si on nous avait dit dès le départ que la France voulait appliquer la préférence nationale plutot que la loi républicaine, on n’aurait pas revendiqué les mêmes droits que les les français non colorés. Nous ne sommes pas des enfants pour nous faire croire que la « liberté égalité et Fraternité » était pour tous. Elle est ou la petite astérisque et les petites lettres en dessous du contrat ? Petite anecdote:A 14 ans je me suis fait confisquer mes pétards et feux d’artifices du 14 Juillet par un agent de police qui me disait « Le 14 Juilet c’est pas pour vous ». Moi qui suis d’un naturel soft, imaginez le genre de dégats que peut faire ce genre de réplique à un jeune qui imprime tout comme un programme initial. Croyez vous vraiment qu’un être humain avec toute la fierté que cet état implique allait s’accrocher à la jambe d’un pays qui ne veut pas de lui ?
Je dévie, je préfère arrêter là, je dois retourner bosser.