Tout le monde est à blamer dans cette histoire, le prof, le gendarme et le gamin.
Le premier est à mon sens le professeur en mettant cette gifle. Il a perdu toute crédibilité envers ses éleves, puiqu’il a perdu son sang froid, et qui dit sang frois dit maturité donc professionnalisme. Je vous parie que ses élèves vont s’empresser de le faire craquer avec un mignon "attention monsieur, vous me touchez, je porte plainte". J’ai bien connu ce genre de scénario.
Des procédures internes existent, des méthodes aussi (un simple "dehors" suivi d’un conseil de discipline + renvoi + quelques jours de TIG par exemple).
C’est de là que vient le problème. Si pas de gifle, pas de plainte du gros con de père, et pas de victimisation de l’élève.
Je ne sais pas... un simple "dehors" accompagné d’un conseil de discipline + heures de colles + un renvoi auraient été suffisants non ?
Ce genre d’évenement (insulte au professeur) n’est pas nouveau, j’ai connu pire. Ce qui me semble plutot contemporain, c’est le nombre de profs perdant leur sang froid. Tout ce qu’il aura gagné ce sera un nombre grandissant de gamins voulant le provoquer pour essayer de le faire tomber.
Ce que j’ai connu à mon époque était pire, et les élèves étaient la plupart du temps calmés par des travaux d’intérets généraux (genre éplucher les patates ou les oignons pour la cantine). C’est clair que servir la purée aux copains avec un tablier, ca ne rend pas fier.
Bon... J’ai trouvé l’article un peu réac, mais je l’ai quand même plussé .
Je vais plutot commencer par la conclusion : la solution. Je ne suis évidemment ni sociologue, ni historien ou autre pour avoir les compétences requises habituellement qui permettent d’anticiper l’avenir.
Tout ce que j’ai comme référence, c’est mon vécu. Et mon vécu, me dit qu’il n’y a pas de solution, et que tout cela empirera. Pourquoi ? Parce-que le point de non retour a depuis bien longtemps été franchi. Je vais essayer un maximum de ne pas discréditer cette analyse par des anecdotes personnelles.
Il y a a mon sens un point clé que vous avez ommis de décrire ici et qui est vraiment le pilier de l’agglomération des causes de la situation acuelle : l’ordre républicain. A vrai dire, l’absence d’ordre républicain. Mais pour le ressentir, il faut avoir un certain vécu avec le système policier francais .
J’ai cherché par tous les moyens de récupérer des chiffres (sociologues, historiens, employés de préfecture, énarques)qui pourraient appuyer mon sentiment, en vain. Les statistiques des effectifs policiers par zone urbaine n’existent tout simplement pas. Dommage. Mon sentiment ? C’est que l’ordre républicain, en clair la présence policière était quasi absente de ces quartiers. Et je dirai même qu’il y avait un périmètre de sécurité autour des quartiers dans lequel la police s’interdisait d’aller. La cause ? Je n’en sais trop rien, peut-être une directive à suivre, peut être le désintéressement des policiers, pour ma part j’oserais penser qu’il s’agit un peu des deux.
Je m’explique : essayez de vous rappeler les faits divers des années 70/80 passés dans ces quartiers... vous aurez bien du mal a en trouver. Pas parce-qu’il y en avait moins, ou en tout cas pas seulement, mais parce-qu’on s’en foutait... tout simplement. "Les métèques ? Ils ont qu’a s’entretuer... qu’est-ce ca change a notre vie, du moment qu’ils vivent assez loin." qu’on pensait tout bas.
Votre description de l’assistanat ambiant dans les cités est vrai mais n’est qu’un effet relativement récent. L’absence de l’ordre républicain a créé ce qui a été le catalyseur d’une situation quasi impossible a retourner : il s’agit de la loi du plus fort, le darwinisme urbain en quelques sortes.
Le cheminement a mon avis se décrit de la sorte : quand on a des parents qui ont encore l’esprit outre méditerrannée, a qui on a rabaché qu’ils n’étaient que provisoirement en France(rappelez vous "prends 10000 balles et casse toi"), qu’on voit trimer à l’usine pour pas grand chose, qu’on est entouré de béton et par-ci par-là quelques bacs à sable (transformés en litière pour chiens assez rapidement), eh bien on n’a qu’une seule envie : se sortir de cette situation. Seulement voilà, on se rend compte très vite que quand on réussit bien au collège, la conseillère d’orientation (soutenue par des parents naïfs et certains de la véracité de ses conseils) essaye quand même de vous envoyer en BEP mettalurgie. On se rend compte rapidement que la vie qu’on nous propose n’est pas très différente de celle d’une personne tout fraîchement arrivée d’Afrique - ascenceur social pas seulement bloqué, mais saboté-. Là on comprend que "Liberté Egalité et Fraternité" ce n’est pas pour vous. Alors, c’est là qu’on a 2 choix : soit faire preuve d’une force morale assez importante pour résister au blocage social en continuant ses études, soit trouver un moyen de se créer un ascenceur social express par le trafic.
On y est, et ca a marché. Pendant une bonne vingtaine d’années, on a laissé le virus se propager et gangréner l’esprit de beaucoup de monde et de jeunes surtout. Pourquoi trimer à l’école pour finalement pointer au chomage ? Parce-qu’en entreprise on ne veut pas de basanés, ou tout du moins si on les engage, ce sera rarement dans des postes "visibles". Ah si ! Le secrétariat, ca marche bien pour les filles, c’est ce qui permet de donner la petite touche exotique à l’entreprise (genre de pépita de l’émission pyramides), auprès des clients, ça a de la gueule ! Bref, pour beaucoup, par fierté et surtout par peur de la perte de temps on préfèrerait gagner un maximmum le plus vite possible en limitant la casse et invoquant la bonne fortune (au sens de chance). C’est pour cela que je ris jaune quand j’entend le mot assistanat.
J’épargne les détails suivants, mais tout ceci est devenu le mode de pensée standard dans les quartiers popupaires, ajoutez-y une dose de mafia (exemple les quartiers marseillais) et les politiciens ou policiers véreux trempant leurs doigts dans les trafics de drogue comme dans le 92 et une partie du 95.
Tout ce que j’ai décrit là n’aurait quasiment pas existé si la république s’était manifestée à ses nouveaux enfants avant que cela ne dégénère début 1993. La seule solution qu’on ait trouvé à l’époque était d’envoyer une présence policière non formée, chargée d’à prioris, mal payée et en mal de reconnaissance quelquefois corrompue... C’était la première fois qu’on voyait la République arriver.
Seulement, elle est arrivée à coups de controles arbitraires, humiliations, bavures entrainant parfois la mort et restées impunies etc... La république surprise en gros, et il faut vraiment être un peu sado-maso pour revendiquer son appartenance à ce pays (ce qui leur a injustement été reproché) quand on n’a pas fait un travail d’analyse de soi même et de notre monde. Un gamin de 15 ans a d’autres choses à faire que d’analyser sa propre existence et son environnement, il suit la dynamique dans laquelle il est né, jusqu’au jour ou il se retourne et regarde par dessus son épaule. Mais souvent ce moment arrive trop tard.
Je continuerait tout à l’heure, réunion de travail oblige...
« Il serait temps de se déciller les yeux. »...
Ah bon ? Et pour faire quoi marsu ? Ceux qui ont l’habitude de lire vos commentaires savent tres bien la solution que vous préconiseriez...
Et vous lerma... vous connaissez quelque chose au monde du travail ? Moi ce que je vois, c’est que vous êtes toujours le premier à poster les articles... Serait-ce votre travail finalement ?