Un sujet de Philo du Bac où j’ai planché en 76, et que j’avais comparé à un autre slogan, repris et détourné, à un mot près, par l’Etat Français de Vichy :
« Nous sommes un seul pays, un seul peuple, une seule France. Une France sans distinction de religions, de croyances, de sensibilités (…) Une France ardente face à ceux qui veulent nous installer je ne sais quelle guerre de religions en notre sein », a insisté le président de la République...«
Formule blablabla qui nous en rappelle une autre :
Ein volk, ein Reich, ein Führer (« un seul peuple, un seul État, un seul chef »).
»Le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du Reich. Il met en place un État nazi qui s’appuie sur la terreur policière. Bientôt, la population allemande est totalement embrigadée et mise au service du nazisme. Parallèlement, les juifs sont rejetés de la communauté nationale et traqués, parce que considérés comme une « race inférieure »..."
« Naomi Klein montre en effet que la mise en œuvre des théories néo-libérales de l’école de Chicago dont Milton Friedman fut le pape et qui ont les Etats-Unis pour champion suppose de soumettre la société à un choc préalable destiné à annihiler toute réaction du corps social.
En effet, le néo-libéralisme friedmanien préconise la déconstruction de tout secteur public, de toute protection sociale et de toute intervention de l’Etat afin de laisser le marché se réguler tout seul : cela a fatalement un coût social élevé en termes de chômage, de baisse du niveau de vie, d’accès aux soins qui risque de provoquer des réactions violentes de la population. Pour s’en prémunir il faut donc appliquer un électrochoc à la société. D’où le fait que la mise en œuvre de ces politiques s’accompagne fatalement d’une certaine violence politique : mise entre parenthèses des parlements, instauration de mesures d’urgence, de dictatures, sidération de l’opinion, par la peur notamment.... »
« En 2007, la journaliste canadienne Naomi Klein publiait La Stratégie du choc.
Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger.
S’il est une personne à avoir compris très tôt ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976. Friedman, soutenant l’ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de traitement de choc. Naomi Klein la qualifie de “stratégie du choc”. »