Je suis parfaitement d’accord avec sisyphe concernant la remise en question de l’autorité arbitrale dans le foot amateur. C’est ce point qui emporte mon opinion catégorique contre l’arbitrage vidéo.
Ceux qui sont pour sont souvent des
téléspectateurs avides de précision, d’équité, de justice et de spectacle de qualité, et je ne
leur jette pas la pierre. Leur logique s’admet et se respecte.
Ils oublient seulement que, comme R.V. le fait remarquer, le foot est une
grande famille qui va du professionnel à l’amateur. Comme vous, R.V., et vous, Soulmanfred, je
regretterais qu’un fossé se creusât entre le monde professionnel et les
petits clubs. Ce que vous dites sur le monde amateur est vrai. Ce que
vous dites aussi des différences entre pays riches et pays pauvres l’est
aussi et s’applique également aux petits clubs amateurs.
Mais je
vais plus loin : je gage que plus personne ne voudra arbitrer ces
« petites » rencontres.
Même dans les clubs amateurs, il y a de
plus en plus de pression pour la réussite, pour la performance... Avec
l’immobilisation des ascenseurs sociaux traditionnels, le sport fait
rêver bien des jeunes joueurs en mal de reconnaissance sociale qui
espèrent avoir un talent, pouvoir le faire fructifier et atteindre un
jour à la notoriété, au professionnalisme, au succès, à la richesse (une
richesse indécente, ferais-je remarquer au passage) et à la
reconnaissance sociale. Ces pressions rendent parfois le sport violent,
même dans les petits clubs amateurs.
Qui est-il à même de
ramener l’ordre et la mesure sur ces terrains ? L’arbitre. Tout repose
sur ses épaules, et c’est souvent contre lui que se focalisent les
antagonismes parfois haineux des joueurs contre leurs adversaires.
Ce
qui donne aux arbitres la légitimité de faire face aux joueurs et à
leurs familles, souvent vindicatives, qui tiennent lieu de public aux
rencontres locales, c’est toute la chaine de respect et de légitimité
dont s’auréole la fonction arbitrale, du match international au plus
petit match amateur.
Instaurer l’arbitrage vidéo, ce qui n’est
possible que pour les « grands matchs », c’est proclamer à toute cette
chaîne d’autorité, de légitimité et de respect que l’arbitre est
faillible, qu’avec les « bons outils », il est possible de lui faire
changer d’avis sur un arbitrage erroné.. C’est donc exposer nos « petits »
arbitres locaux, souvent bénévoles, à de multiples contestations et à
des pressions qui, vu le contexte de certaines rencontres, peuvent assez
vite dégénérer en agressions, verbales ou bien pires.
Si
l’armure de légitimité et de respect tombe, l’arbitre devient un homme
vulnérable, faible, nu, méprisable.
Actuellement, l’équilibre est
maintenu parce que l’arbitre est... arbitraire. C’est à dire qu’il a
raison. Et s’il a tort, il a raison quand même. Le contester est
illégitime et expose à des sanctions méritées. Il importe peu,
finalement, qu’il se trompe ou pas. Ce qui importe c’est qu’il arbitre
en conscience et qu’il soit respecté même dans ses erreurs. Et cela même
n’est pas toujours suffisant pour prévenir quelques incidents
malheureux.
Sans même parler de devoir assumer les conséquences
physiques et morales des violences qui s’ensuivraient, les tenants de
l’arbitrage vidéo semblent n’avoir pas pris en compte le bouleversement
du paysage footballistique amateur que risque d’y générer cette remise
en question de l’autorité arbitrale.
Si la décision passe, je
souhaite bien du courage aux hommes en noir, et ne m’étonnerait pas des
crises de vocation qui rendront pas mal de rencontres difficiles ou
impossibles, non sur les grands stades, mais sur le terrain à côté de
chez vous.
Sauf votre respect, Lamartine fut un mondain dilettante, dépensier, qui tenta de tromper son ennui : - en littérature, où sa poésie éthérée peut fort légitimement être jugée chiante et médiocre, surtout à la fin de sa vie ; - en politique, où, progressiste assez timoré et trop légitimiste, il ne laisse, côté respectable, que sa signature sur l’acte d’abolition de l’esclavage, et, côté ridicule, que 0,28% de vote en sa faveur, à l’élection qui porte Louis-Napoléon Bonaparte au pouvoir.
Je ne suis pas sûr qu’il faille le citer en référence.
Vous dites « Si un athée nie l’existence des dieux mais change quand
on lui présente une preuve de l’existence des dieux c’est qu’il doute,
il n’est donc pas athée mais agnostique. » Puis : « L’athée n’intègre pas le concept de religion ou de dieu »
Athée moi-même, j’admets mal que vous puissiez nous présenter comme capables de refuser une preuve. La problématique est probablement mal posée puisque nous savons tous que les preuves sont impossibles en la matière. C’est même l’avis de beaucoup de croyants, pour qui croire sans preuve ou en sachant la preuve impossible est l’essence même et la beauté de la Foi.
Toujours est-il que si cette preuve existait et nous était présentée, ce que nous ferions en refusant même de l’examiner serait un acte de préjugé, un a priori, l’effet, précisément, d’un « dogmatisme athée ». Si, comme je le fais moi-même, nous refusons toute forme de dogme et de sacralisation d’une vérité a priori, nous devons garder l’esprit assez ouvert pour examiner librement ce qui nous sera présenté comme preuve de l’existence de Dieu. Ce faisant, nous ne prenons aucun risque, tout en restant cohérents avec une posture libre-exaministe (qui n’a donc plus rien d’un dogme).
En quoi, donc, me sens-je différent des agnostiques ? Probablement en ce que l’agnostique supporte l’idée de plusieurs représentations possibles du réel. L’athée, lui, entretient une suspicion épidermique vis à vis des religions : il sait combien les représentations du monde fondées sur le magique, le sacré, l’arrière monde au sens d’Onfray, nourrissent des pouvoirs, des peurs, des négations du réel, des charlatanismes et des escroqueries, des fanatismes et des superstitions. Il les refuse. Cela provient peut-être plus de l’étude du fait religieux plus que du dieu lui-même. Le fait religieux repose sur une conjonction de facteurs psychologiques, politiques, économiques, historiques, sociaux. Un connaissance même partielle des motifs qui ont fait le succès de telle ou telle religion, condamnant tant d’autres cultes possibles à l’oubli, suffit à rendre toute forme de sacré suspecte. Pour ma part, c’est un élément déterminant dans mon refus des « vérités » qu’il faudrait admettre et reconnaître comme incontestable au seul motif qu’elles seraient révélées directement par un dieu...
Mais précisément, c’est bien les vérités non assorties de preuves qui s’insupportent, et non l’idée qu’une preuve puisse m’être apportée...
Bon, j’ai bien conscience de chipoter sur des nuances, et je suis bien certain que nous sommes d’accord sur le fond. Je ne voudrais juste pas que l’athéisme passe pour autre chose qu’une ouverture d’esprit.