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Laconique

Laconique

Ne te figure pas être sage.
 
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  • Premier article le 30/06/2012
  • Modérateur depuis le 17/07/2012
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Derniers commentaires



  • Laconique Laconique 31 mai 2021 09:41

    @velosolex

    Merci pour votre message.

    Je n’ai pas lu Swift, mais j’aime beaucoup Voltaire, qui est peut-être un peu son équivalent en France. 1984 est un chef-d’œuvre, je l’ai lu plusieurs fois, le livre ne vieillit pas, même si les transpositions qu’on veut en faire par rapport à la situation actuelle sont souvent tout à fait stupides (Orwell visait le totalitarisme politique à la Staline, et pas le désarroi de boomers qui ne sont plus en phase avec leur époque. Bref…). Oui il y a une tradition caustique anglo-saxonne, en France on se prend plus au sérieux, et Tolkien réussit à merveille à mêler l’humour, la légèreté, et le souffle épique. Il n’y a pas d’humour chez Hugo par exemple, ou alors une autre forme d’humour. Merci à vous, see ya.



  • Laconique Laconique 28 mai 2021 14:32

    @Gollum

    J’ai cité le passage d’Ellul car il illustre parfaitement en quoi le christianisme est incompatible avec la tripartion traditionnelle de Dumézil, ou ses équivalents, que vous dites trouver chez Tolkien. Pour le christianisme il ne peut pas y avoir de répartition ontologique entre une caste sacerdotale, une caste royale, etc. Il n’y a que des hommes, le roi est jugé comme un autre, les fonctions sont extérieures à l’être et ne préjugent en rien de sa nature, c’est la célèbre phrase de Paul dans Galates 3:28. On peut juger ça bien ou mal, stupide ou libérateur, là n’est pas la question, je voulais juste mettre en évidence qu’une telle vision de l’ordre de la société n’est pas chrétienne.

    Le christianisme est une religion de la fin des temps. Un ordre de la société est nécessaire pour vivre. Or le chrétien doit toujours vivre comme si l’Epoux allait revenir cette nuit même, « à l’heure où l’on s’y attend le moins ». Il n’y a dans la doctrine chrétienne aucune théorie de la société, ce n’est pas un édifice projeté sur des siècles comme les admirables constructions sociales indiennes ou égyptiennes. Et c’est ce que vous ne comprenez pas. On ne peut pas reprocher au christianisme de n’avoir pas donné naissance à une société harmonieuse, puisque ce n’est absolument pas le but qu’il s’est fixé. On en revient toujours là avec vous, c’est votre point Godwin. Le christianisme répond à des apories propres aux écritures juives, et dont les textes les plus récents de l’Ancien Testament se font l’écho (Job), il ne dialogue pas avec la société, il ne considère pas les problèmes sous un angle social, tout cela est venu ensuite. Le christianisme historique est autre chose, il a été très souvent en avance sur son temps, il ne s’est jamais totalement confondu avec le pouvoir pour lequel il a souvent représenté un « caillou dans la chaussure », mais c’est là une tout autre question. Vous, comme Evola, comme Guénon, vous placez le christianisme en concurrence avec l’hindouisme, etc., en tant que spiritualité, en tant que modalité d’organisation de la société, en tant que matrice pour un homme accompli. Le christianisme n’est ni l’un ni l’autre. C’est dire à quel point le propre de la Révélation chrétienne vous est devenu étranger. Le Christ libère du péché, c’est tout. Il est évident que quand on n’a pas le sens du péché tout cela est complètement absurde...



  • Laconique Laconique 28 mai 2021 14:28

    Merci Mirror’s reflexions

    Le parallèle avec l’Iliade d’Homère est précisément le cœur du propos puisqu’il s’agit d’étudier les usages liturgiques du peuple hobbit (ou plutôt leur absence), en comparaison avec les cultes antiques classiques.

    Pour votre lien, il faut se méfier des adaptations modernes de l’Iliade et l’Odyssée. C’est bien pour les jeunes, pour se familiariser, mais c’est presque toujours une trahison de l’œuvre originale, devenue incompréhensible ou scandaleuse, au profit des morales contemporaines – ici le romanesque.



  • Laconique Laconique 27 mai 2021 16:21

    @Gollum

    Oui, tout cela est passionnant. Inépuisable. L’article de Cairn est très instructif. Je ne nie pas la richesse conceptuelle de l’œuvre de Tolkien, sa pertinence en tant que dénonciation de notre société. Quant à son rapport au catholicisme, c’est un domaine que je n’ai absolument pas voulu aborder dans l’article, précisément pour éviter ce genre de débat. C’est pourquoi j’ai pris Homère comme point de comparaison.

    Dans tout ce que vous écrivez, je retrouve vraiment le point de fracture entre vous et moi. Vous relevez – à juste titre – une continuité dans le monde de Tolkien entre la nature et la société, continuité qui a été brisée par le monde moderne corrompu. Mais précisément, toute la Révélation biblique vient briser cette continuité à laquelle aspiraient les civilisations traditionnelles. Et Tolkien, en voulant rétablir cette continuité « traditionnelle » se démarque en réalité de la Révélation biblique. Je vous cite un passage vraiment fondamental de L’Ethique de la liberté de Jacques Ellul :

    « Il y a une unité de l’homme à la nature, l’homme est dans cette nature. Il lui appartient. Il est dans la lignée des animaux – et de la même façon l’homme est inclus dans la société : il ne se distingue pas d’elle. (…) Il y avait une continuité entre Nature-Société-Homme. Or, ce qui est annoncé dans l’Ancien Testament, c’est précisément la négation de cette continuité. Ce qui est annoncé, c’est que le monde dont l’homme s’est entouré est destiné à s’effondrer parce que ce n’est pas à cela que Dieu a appelé l’homme. (…) Or, tout ce que l’Ancien Testament annonçait a été accompli, réalisé, vécu une fois pour toutes par le Christ. Il est alors vraiment le signe de contradiction qui provoque toutes les ruptures. L’unité créée par l’homme dans sa société est rompue, parce qu’elle est rétablie avec Dieu. La continuité entre la nature et l’homme est brisée, parce que l’homme retrouve sa place de créature unique destiné à diriger cette création qui lui est remise comme objet. La souffrance et la mort ne sont plus ou niées ou mythisées, mais regardées en face, assumées par Dieu même ; acceptées comme grâce et promesse. (…) Christ est vraiment la présence du Dieu terrible dont on dit que s’il met le pied sur la terre, les montagnes éclateront, les fleuves se tariront, les collines s’effondreront, la terre se fendra… Ces images sont réelles : la présence du Christ au milieu des hommes a littéralement fait éclater les relations humaines, les institutions, les États, les groupes. Tout ce que l’homme avait civilisé, normalisé, unifié (dans la séparation d’avec Dieu) est remis en question, tout apparaît esclavage là où on disait ordre, contrainte là où on disait paix, injustice là où on disait droit, mensonge là où on disait religion, faux-semblant là où on disait nature, illusion là où on disait dieux. Ainsi la présence du Christ rend la vie de cet homme parfaitement invivable, la civilisation radicalement viciée, la société complètement intenable. Une seule chose subsiste, c’est l’amour. »

    Il en résulte que, pour un chrétien, il n’y a pas d’équilibre à trouver avec le monde, avec la nature. La vie chrétienne est proprement invivable, et vous n’avez pas fait faute de me le rappeler ici lors de nos nombreux échanges. C’est un paradoxe auquel le chrétien est confronté, et lui seul, puisque le non-chrétien s’intègre toujours dans une morale mondaine qui lui sert d’oreiller et qui l’intègre à la société : par exemple l’écolo-socialisme à la Cabanel. Bref, tout cela nous entraîne bien loin du propos de l’article. Mais c’est vraiment ce qui distingue, selon moi, le monde de Tolkien tel que vous me le décrivez – le monde traditionnel – d’une position authentiquement chrétienne basée sur la Révélation biblique.



  • Laconique Laconique 27 mai 2021 16:17

    @Ausir

    C’est précisément le propos de l’article : Le Seigneur des anneaux fait la part belle aux oppositions morales, et néglige les rituels sacrés (sacrifices), parce que le christianisme est passé par là.

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