Un article est paru hier sur le même sujet, le votre me semble cependant plus complet. Le mot « buzz » est très en vogue aujourd’hui mais - anglicisme oblige - veillez à le mettre entre guillemets, sinon Mr Drinkwater va vous tomber sur le coin du bec
Effectivement, comme le soulignent de nombreux intervenants sur ce fil, cette liste est très subjective (merci en passant à arturh pour le lien du classement imdb, qui montre bien l’écart entre la subjectivité de l’auteur et une certaine réalité). Ensuite, la critique exercée à l’égard de ces films est, comme ça a également été souligné, bien légère. Il est vrai que ça ressemble plus à des états d’âmes d’adolescent contrariant (« puisque tout le monde aime, ben moi je vais dire j’aime pas »). Concernant les films que j’ai vus :
American Beauty : vous dites « il est drôle mais ne fait pas éclater de rire ». Allez plutôt voir des films dont c’est la vocation alors :) Ensuite, vous dites « il ironise mais ne pousse pas la satire bien loin » : grossir à outrance les traits nuit à la satire. Pour ma part, je trouve le dosage très fin, ce qui apporte une certaine crédibilité au film, un certain réalisme en somme. Des situations trop stéréotypées ou exagérées n’auraient certainement pas eu le même impact. En attendant, le film ne fait quand même pas dans la dentelle : ouverture sur Spacey se masturbant sous la douche, ce dernier lachant son travail pour aller bosser au McDo, puis se masturbe (encore) en pensant à la copine de sa fille, achète du cannabis au fils de son voisin, dont le père, retraité militaire homophobe se révèle être homosexuel refoulé, pendant que sa femme - meurtrière - se tape le roi de l’immobillier (pour ne citer que les grandes lignes). S’il n’y a rien de subversif la dedans, donnez-nous un exemple de film qui le soit. Toute la force de ce film réside dans son apparence banale qui recèle des dessous extrêmement cinglants. Vous n’avez pas su lire entre les lignes de ce qui est bel et bien un chef-d’oeuvre du genre.
P.S. : la scène du sac plastique est sujette à controverse. Personnellement je la trouve pleine de poésie.
Carrie : on aime De Palma, ou pas :) Carrie reste un très bon film dans le genre fétiche du cinéaste. Pas une foudre de guerre c’est sûr, mais il semblerait que dans votre entourage, si : je viens d’apprendre en lisant votre article :)
Psycho : trop peu d’action vous dites ? Dans ce cas, orientez-vous plutôt vers les productions de Steven Seagal :) Blague à part, tout est dans le titre du film, fallait se renseigner avant de le regarder :) Dans tous les cas, comparer le cinéma des années 60 avec le cinéma d’aujourd’hui, c’est comme comparer la musique des années 60 avec la musique d’aujourd’hui : ce n’est pas possible. Tout au plus pourra-t-on créditer les premiers de l’influence qu’ils ont eue sur les seconds. Après, les moeurs et les techniques ont changé. Sacré scoop !
Requiem for a dream : vous auriez préféré un film qui dise « la drogue c’est bien » ? C’aurait été plus subversif, c’est sûr, mais beaucoup plus dangereux (si l’on considère qu’après avoir vu Superman, des gens se sont jetés par la fenêtre croyant pouvoir faire comme le héros). Alors soit, le message ne brille pas par son originalité, bien qu’il mérite d’être abordé avec plus de nuance. Par exemple, la vieille qui se dope en toute légalité aux pillules contient en filigrane la problématique de l’abus médicamenteux (auquel les français devraient être particulièrement sensibles :) ainsi que des conséquences de la société du ’paraître’ (car la vieille prend ces pillules pour maigrir) . Ensuite (et cette remarque vaut tout autant pour American Beauty, Carrie et Psycho) dans un film, s’il peut y avoir un message, il y a aussi une mise en scène, une manière de filmer, une musique (tout particulièrement pour American Beauty, Psycho et Requiem For A Dream), une atmosphère. Un film c’est l’entrelac de tous ces paramètres (et bien d’autres). Ball, De Palma, Hitchcock, Aronofsky, outre le fait que ce ne sont pas spécialement des rigolos du cinéma, ont su jouer sur tous ces critères pour nous offrir des films d’exception.
Maintenant, comme tout le monde ici, je srais curieux de connaître votre top10 (iconoclaste sans doute :)
« »Je crois que surtout que garat réagissait au fait que vous affirmiez que « l’allemand EST la langue de l’Alsace ».
C’est dit de façon brute, mais il en est pourtant ainsi. C’est la seule langue que connaissaient ses habitants jusqu’il y a encore peu.« »
C’est tout aussi brute que de dire « le latin EST la langue de la France ». Je maintiens. Et quand vous dites que c’est la seule langue que connaissaient ses habitants, j’aimerais que vous precisiez ce que vous entendez par ’il y a encore peu’, car mes grands-parents (nés tous deux dans les années 1920) m’ont appris le dialecte mais pratiquaient tout aussi bien le français, bien que leurs parents et grands-parents , c’est à dire mes arrières et arrières-arrières grands-parents, furent eux aussi originaires de Strasbourg.
« »Et il a eu raison de le faire, puisque vous êtes dans l’erreur en affirmant cela.« »
« Ah bon ? En quoi ? »
« Pour quelqu’un qui suggère aux autres d’ouvrir des livres de linguistique je vous trouve un peu léger. Je vous renvoie à mon post précédent concernant votre affirmation hasardeuse. Je suis parfaitement dialectophone, ça ne fait pas pour autant de moi un bilingue français/allemand. »
Ben sûr que si. Sauf que vous confondez « allemand » et « allemand standardisé ».
C’est vous qui confondez dialecte et langue. L’alsacien est un dialecte, l’allemand une langue. Il en va de même pour le flamand et le néerlandais.
« »Tout au plus j’arrive sans problème à me dépatouiller, comprendre et me faire comprendre en Allemagne."
Faites-vous référence à des problèmes de compréhension dus à l’accent ? Si oui, cela est tout à fait normal. J’imagine qu’entre un Thuringeois et un Souabe parlant chacun l’allemand à sa façon, l’intercompréhension n’est pas non plus aisée. Il ne vous viendrez d’ailleurs sûrement pas à l’idée de nier que les Québécois parlent français car ils n’ont pas le même accent que nous ou que certains termes de leur vocabulaire sont différents, rendant par ailleurs également l’intercompréhension parfois un peu délicate."
Non, rien à voir avec des problèmes d’accents de prononciation : un marseillais, un parisien ou un alsacien auront chacuns leurs idiomes régionaux, ce qui n’empêche pas que leur langue commune est le français, et pour m’entretenir fréquemment avec des québécois, je peux vous assurer que je n’ai aucun problème de compréhension, hormis quelques expressions idiomatiques. C’est tout simplement qu’un très bon dialectophone alsacien ne fera jamais nécessairement un bon pratiquant de l’allemand. Je le dis et le répète, l’alsacien est un dialecte issu de l’allemand, mais en aucun cas, l’alsacien EST de l’allemand. Tout simplement par ce que l’alsacien est un dialecte essentiellemnt oral et ne contient qu’un paradigme limité de la langue allemande. Parlant parfaitement l’alsacien, je n’ai pas la prétention de maîtriser l’allemand. La syntaxe, la morphologie et le lexique diffèrent fortement. Concernant la syntaxe, l’allemand utilise un système de déclinaisons casuel qui n’existe pas en alsacien. Ensuite, là ou l’allemand fait état d’un système temporel verbal complet, l’alsacien n’utilise que le présent et le passé composé. Puis, là ou le suisse alémanique continue à s’inspirer du lexique allemand (puisque c’est la langue administrative aussi), l’alsacien tend de plus en plus à emprunter au français. De manière générale, si l’on peut s’entretenir des petites choses de la vie courante en alsacien, dès lors qu’il s’agit de parler de choses un peu plus soutenues, on passe à une autre langue...
C’est désormais une réalité politique (et oui, l’Alsace est française) et géographique que vous semblez ne pas vouloir admettre. En somme un peu comme si vous vous plaigniez que le latin ait abouti entre autres au français, en dépit de l’histoire de la Romania. Vouloir maintenir une langue (ou dialecte) dans une région envers et contre son histoire c’est tout simplement oublier qu’une langue évolue, se développe en dialectes, qui eux mêmes peuvent devenir des langues par écart, qui à leur tour peuvent disparaître, etc. La langue reflete une situation politique/economique/culturelle. Point. J’adore le dialecte alsacien que je pratique encore tous les jours. Et si le dialecte alsacien disparaissait un jour ? Et bien c’est que l’histoire en aura voulu ainsi. Se plaindrait-on de la disparition des dialectes latins, qui ont abouti aux langues romanes ? Non. ce sont des faits historique et vous allez quand même pas nous refaire l’Histoire :) Et dans quelques décennies le dialecte alsacien fera peut-être partie de l’Histoire. Ce n’est déjà pas si mal.
« »De là à lire du Goethe dans sa langue maternelle...il y a un monde ! Si l’allemand était la langue de l’Alsace, je serais donc forcément plus doué en allemand qu’en anglais, or c’est tout l’inverse."
Tout simplement dû au fait que la langue est en train de mourir, car coupée de sa source, et justement de sa forme écrite."
Des langues meurent, d’autres naissent. Coupée de sa source ? Vous voulez parler du passé ? Ce qui fait évoluer les langues c’est le présent.
« »Pour finir, puisque vous semblez aimer la linguistique, je vous rappelle que le français, l’italien, l’espagnol, le portugais et le roumain sont issus de dialectes latins. Viendrait-il à l’idée d’un ressortissant de l’un de ces pays de dire « le latin EST la langue de mon pays » ?« »
Oui, d’une certaine façon. Un latin vernaculaire très abâtardi, mais ça ne me choque pas outre mesure.
Je ne pense pas que vous ayez la moindre idée de comment, en partant du latin, on est arrivé au français. Avant de dire des bêtises, renseignez-vous. Car entre le latin et le français, il y a beaucoup plus de différences que vous ne sauriez l’imaginer. Deux millénaires ont passé, les linguistes ont mis à jour des règles qui permettent de dire que le latin est la langue mère du français. En aucun cas le français est un latin vernaculaire abâtardi. La linguistique est beaucoup plus exacte que cela !
« »Lorsque vous vous appuyez sur l’exemple de Sebastien Brant pour affirmer votre idée que « l’allemand EST la langue de l’Alsace » c’est un peu comme si vous appuyiez sur Cicéron pour dire que « le latin EST la langue de la France ». Absurde"
Désolé mais je ne vois absolument pas le rapport."
C’est poutant bien simple : vous prenez un auteur du XVème pour nous dire que c’est un alsacien qui écrivait en allemand pour nous prouver que l’allemand est la forme écrite de l’alsacien alors que la notion de dialecte alsacien n’existait pas à cette époque. Brant écrivait en allemand, pas en alsacien. Cicéron écrivait en latin alors que la notion de langues romanes n’existait pas. Donc il est tout aussi absurde de justifier que la forme écrite de l’alsacien est l’allemand en évoquant Brant que d’essayer de justifier que la langue écrite du français est le latin en évoquant Cicéron. Cest tout.
Mille excuses à l’auteur pour les digressions pas complètement dans le thème de l’article, mais pour le lecteur de passage il me semblait bon de restituer certaines vérités. Elsasser est de bonne foi et aime l’Alsace tout comme moi. Ce qu’il considère de ma part comme de l’anti-germanisme n’est rien d’autre qu’une mise au point linguistique : que l’alsacien soit un dialecte issu de l’allemand, oui. Que l’allemand soit la forme écrite de l’alsacien, non. C’est tout ce que je disais.
J’oubliais, Elsasser, vous dites « et il est de bon ton de nier les liens entre l’alsacien et l’allemand ». Ce n’est absolument pas ce que je fais, loin de là. Je suis alsacien et conscient de mes racines germaniques (que mon nom de famille ne saurait masquer :). Je n’ai aucune gène par rapport à ça, et j’en suis même satisfait puisque le dialecte alsacien m’a ouvert les portes vers langues étrangères. Je réctifiais uniquement le tir quand vous disiez « l’allemand EST la langue de l’alsace ». Ce qui est faux. Si mon exemple concernant le double affichage ne vous semble pas suffisant pour être une théorie, j’aimerais que vous m’exposiez celle qui vous permet d’affirmer que l’allemand est la langue de l’Alsace.