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Mango

Mango

Enseignante spécialisée (handicap mental), et avant ça : lycéenne (philo, lettres), caissière, auto-stoppeuse, vendeuse de sandwichs dans le métro, serveuse, secrétaire de direction, assistante dentaire, tour opérator, chef d’entreprise, assistante de tourisme, monitrice d’auto-école... et accessoirement : mère de famille nombreuse, épouse, ex-épouse, maîtresse, comptable, blanchisseuse, intendante, cuisinière, éducatrice, dresseuse d’animaux, femme de ménage, juriste, diététicienne, esthéticienne, premiers secours, amie de toujours, bonne copine, amie de toujours qui accueille les bonnes copines... Tout ce qu’une femme se doit de faire sans faillir, et aussi : diplomate (par nécessité), polyglotte (par don), aventurière et provocatrice (par goût). Humaniste (par "naïveté" ???). En tous les cas, VIVANTE (par curiosité).

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Derniers commentaires



  • Mango Mango 15 février 2008 15:31

    Ne vous inquiétez pas, cher Monsieur, à moins de mettre un flic ou un inspecteur soumis (car il en existe, hélas, encore quelques uns qui ne se contentent pas de songer à leur évolution de carrière , ou juste à la finir peinards, non... Il y en a qui se souviennent du temps où, jeunes instits, un bel idéal d’égalité et de fraternité éveilla leur vocation. Ceux là vont même jusqu’ à soutenir les enseignants contre les "faits du prince", subissant pour ça des mesures disciplinaires. Si, si : j’en connais ! Coucou, Monsieur l’inspecteur... Je vous fais la bise.), donc à moins de fliquer tous les enseignants de CM2- et encore, ça peut être dangereux : ces gens-là savent parler et écrire pour se défendre-, il n’est pas du tout certain que cette mesure soit appliquée, et encore moins dans le sens pleurnichard et "meaculpesque", si vous me permettez le terme, attendu par notre président.

    Ceci dit, il me semble qu’attendre de l’école publique, laïque et républicaine qu’elle n’apporte QUE du savoir est impossible. Le fait qu’elle soit publique, laïque et républicaine est à lui seul représentatif de certaines valeurs auxquelles vous semblez tenir. Or, il me semble que ces valeurs ont plus que jamais besoin qu’on les défende.

     



  • Mango Mango 15 février 2008 14:43

     

    Ce nouvel article pose de nouvelles questions très intéressantes.

     

    En effet, le problème n’est pas pour moi de savoir s’il faut ou non parler des camps, des déportations et des enfants qui y sont morts : ça fait partie de notre histoire, et ça doit être enseigné. Point.

    Ou alors on n’enseigne plus l’histoire, ou une histoire "remaniée"... Voyez où ça nous mêne !

     

    Le vrai problème n’est pas non plus "Qui a eu l’idée ?".

     

    Et les profs (et les parents) n’ont attendu ni Lang, ni Royal, ni Sarkozy pour lutter contre l’exclusion et la stigmatisation, ne serait-ce qu’en commençant par leur lire "Le Vilain Petit Canard" (ou le plus moderne "Petit Bleu et Petit Jaune" ou le "Journal d’Anne Frank", qui tout en suscitant l’émotion et la compassion incite à se poser les bonnes questions : "Pourquoi ? Quand ? Comment ? Où ? Qui ?" et à trouver les bonnes réponses, à savoir que les persécutions d’une communauté par une autre ne sont , hélas, pas circonscrites en un lieu, un temps, et avec des protagonistes bien identifiés en tant que "méchants" et gentils".

     

    A mon avis, la seule leçon à en tirer est le rejet de toute forme de communautarisme.

     

    Or, notre Président semble mettre un point d’honneur à dresser les citoyens les uns contre les autres : serait-il en train de se tirer une balle dans le pied ?

     

    Je ne crois pas qu’il ait réfléchi jusque là : pas un instant il ne lui vient à l’esprit que le petit français accablé par son fantôme de filleul puisse demander "Pourquoi ?, Comment ? Qui... etc." et commencer à faire le parallèle avec ce qu’il voit et entend tous les jours autour de lui, aux infos, sur internet… Tout ça nous prépare une belle génération de petits rebelles prêts à la désobéissance civile !

     

    Eh oui : nos élèves d’aujourd’hui sont moins habiles dans la calligraphie des pleins et des déliés à la sergent –major, massacrent l’orthographe, chahutent la grammaire et la syntaxe – encore que je ne croie pas que Monsieur Sarkozy ait le front de s’ériger en modèle sur ce point-, mais leurs neurones fonctionnent encore et les connexions dans les petits cerveaux préservés du saturnisme, de la sous-alimentation et, -mais pour combien de temps encore ?- des psychotropes, se font très bien, d’autant que les stimulations ne manquent pas.

     

    Non , Monsieur le Président n’a pas pu y penser : lui, il a appris parce qu’il fallait apprendre, sans jamais se poser la question de savoir à quoi lui servirait ce qu’il ingurgitait –enfin si : à devenir riche et puissant pour se venger !-… Il n’y a qu’à voir ses notes de bac dans les matières exigeant réflexion et culture générale et à écouter les « bourdes » historiques qu’ils nous ressert régulièrement, et qui font bondir jusqu’à ma fille, élève de troisième, et pourtant pas une flèche dans le domaine ! ( Du coup, elle s’ est mise à s’y intéresser pour éviter de passer pour une cruche pour cause d’inculture… Où la motivation va-t’elle se nicher , hein ? Merci Monsieur Sarkozy !).

     

    J’entends à l’instant que la morale refait son entrée à l’école primaire : oui, mais laquelle ?

    (C’est une perfidie... Pardon !).

     

    « Nous devrons apprendre aux enfants à se lever en entendant la Marseillaise… »

     

    Vouiiiii… Pratiquement, ça se passe comment ? Je la joue ou je la chante tous les matins dans la cour. Après la levée des couleurs et le doigt sur la couture du jogging ? Jusqu’à ce que Barbelivien ne compose un hymne à la gloire de notre guide ?Je persifle, et on va dire que j’exagère, mais pour ceux qui connaissent un peu l’histoire, ça ne vous rappelle rien ?



  • Mango Mango 15 février 2008 13:05

    Culpabilisateur et mortifère. Il bloque et inhibe toute vélléité d’action ! C’est trop tard pour ces enfants et on n’y peut plus rien.

    En revanche, je crois que nous tous, citoyens, parents, enseignants, éducateurs... avons l’opportunité et même , oserai-je dire, le devoir de nous saisir de ce nouveau "coup" médiatique pour le rendre véritablement "éducatif". Mais je doute que celà aille dans le sens souhaité par notre Président : c’est un homme d’action qui pédale pour ne pas tomber, trop pressé pour regarder où il va, et pour continuer la métaphore, je doute qu’il sache lire une carte.

    Il a lâché ça devant le CRIF come il a lâché des aménagements "fumeurs" pour les cafetiers-buralistes ou devant les manifs des taxis, la prime et la redevance pour les retraités... Je ne sais pas s’il lâchera quelque chose pour l’école où il retourne aujourd’hui. J’en doute, ou alors un truc bien poujadiste, du genre à dénigrer un peu plus le professionnalisme et la qualification des enseignants et à soulager cette partie du bon peuple qui n’ouvre jamais un livre, ne mets jamais les pieds dans un musée, a consacré la TV "baby sitter" depuis que le môme tient assis, et s’étonne par la suite que le gamin ait "du mal à suivre". 

    Peut-être, comme je l’ai écrit plus haut, ces "coups" participent- ils de la stratégie de d’enfumage et de division des français... Peut-être même pas !

    Peut-être qu’il veut juste plaire à tout le monde, comme un gosse inquiet en quête affective qui ne sait pas encore qu’en voulant se faire aimer de tous, on finit par ne plus avoir la confiance de personne ?

    Reste à tous les citoyens la responsabilité d’analyser lucidement la situation, de pointer les contradictions, les paradoxes, les incohérences, les erreurs, les mensonges, sans se laisser aveugler, abuser et manipuler, et surtout, sans entrer dans ce jeu destructeur des conflits d’intérêt entre communautés, qu’elles soient religieuses, économiques ou sociales.

    J’ ai entendu récemment quelqu’un qui contestait la nature conflictuelle de l’humain en expliquant que dans un corps, les cellules ne s’affrontent pas mais coopèrent entre elles, chacune dans sa spécialité, pour que le corps grandisse et arrive à maturité.

    Ce n’est pas faux, d’autant que lorsque certaines cellules deviennent folles et s’attaquent au autres, ça s’appelle un "cancer".

     



  • Mango Mango 15 février 2008 12:18

    J’ajoute que la littérature jeunesse est très riche sur les thèmes de l’histoire, de la citoyenneté, et de toutes les formes d’exclusion.

    Les parents et les enseignants qui souhaitent aborder ces questions avec leurs enfants et leurs élèves ont l’embarras du choix.

    Comme il est parfois difficile de s’y retrouver, je me permets de conseiller cet excellent site qui vous permettra de faire un choix éclairé en fonction de l’âge, de la maturité ou de la sensibilité des enfants.

    Pour que les enfants de 2050 n’aient pas à trimballer la culpabilité de ceux qui sont morts en 2007.

    http://www.ricochet-jeunes.org/arcparutions.asp

     



  • Mango Mango 15 février 2008 11:34

    C’est bien joué de la part de Sarko : ça ne fait pas 48 heures que son dernier caprice a été rendu public , et on assiste déjà à une surenchère dans douleur des victimes présentes ou passées.

    Diviser pour mieux régner... C’est son truc, et ça a très bien fonctionné pour les élections présidentielles.

    Son électorat populaire s’est cru du bon côté du manche : ni parasite, ni malade imaginaire, ni racaille, si sans papier, ni chômeur, travailleur et volontaire, il allait enfin avoir ce qu’il méritait !

    Il ne lui aura pas fallu attendre bien longtemps pour réaliser que leur Président ne roulait pas pour lui mais pour des pointures bien supérieures ! C’est pas grave : au prochaines élections, il votera à gauche... ou retournera au FN.

    En attendant, l’autre aura eu le temps de réaliser son rêve de pouvoir et de revanche et de jouer les pompiers pyromanes en se présentant comme l’homme providentiel, seul capable de maîtriser les haines qu’il aura lui -même attisées. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle quelqu’un ... Son nom m’échappe... Mais si... Outre - Atlantique !

    Chez nous, on aura peut-être pas les c... d’aller déclarer la guerre quelque part, mais ça fait rien : la France est suffisamment contrastée , on fera avec !

    Tout ça pour dire que si l’on est pas dupe des motivations de notre Président, il n’en reste pas moins que nous devrons gérer un nouveau "car telle est ma volonté" à la prochaine rentrée.

    Je vous le dit tout net : je suis contre, mais pas en raison des arguments habituellement développés.

    D’abords, je ne crois pas au "traumatisme". Nos petits chéris en voient d’autres devant la TV, la console, l’ordinateur, et parfois, hélas, dans leur vie quotidienne. A ceux qui argueraient que les films, les séries et les jeux vidéo, c’ est "pour de faux", je peux répondre que non seulement c’est très réaliste, qu’il y a aussi des choses réelles (infos, reportages), et que l’enfant ne distingue pas forcément le réel de l’imaginaire.

    Il existe aussi un phénomène nommé "résilience", dont on a beaucoup,- et parfois très mal- parlé, qui consiste, en gros, à tirer une énergie positive d’un traumatisme grave.

    Devenir adulte, grandir, c’est surmonter , résister et survivre à un nombre impressionnant de petits et grands traumatismes, dont le premier est la naissance.

    Je voulais aussi signaler qu’il y a encore 7 ans, je ne sais pas si c’est le cas aujourd’hui, les manuels d’histoires des petits antillais de CM1-CM2 comportaient un encart sur l’esclavage avec gravures et extraits du "code noir" qui avaient de quoi donner des sueurs froides à n’importe quel adulte non averti. Le tout comme un cheveu sur la soupe, en quelques pages glacées au centre de l’édition "Antilles Guyane", sans aucun accompagnement pour le maître.

    Je ne crois pas que quelqu’un se soit jamais préoccupé des conséquences de telles informations sur des enfants très jeunes de ce qui est l’histoire de "leurs" ancêtres, d’autant que dans ces classes d’outre-mer se côtoient des enfants dont la couleur de peau va du noir le plus profond au rose le plus pâle, la majorité se déclinant au hasard des métissages. Les premières conclusions que les enfants en tirent, c’est que "plus t’es clair, plus t’es méchant". Je ne vous parle pas des affres par lesquels passent les malheureux issus de mariages mixtes !

    Non, le traumatisme n’est pas un argument, ou alors il faut admettre que certains sont plus "traumatisables" que d’autres.

    Quant à la question de l’émotionnel et de l’affect, je serais plus mesurée que d’autres concernant son aspect supposé négatif et que l’on oppose à la connaissance et au savoir, nécessairement objectifs, dépassionnés et éclairés.

    Certes, pour bien connaître un sujet, il convient d’en étudier conscencieusement tous les aspects , avec sang -froid , honnêteté et méthode.

    Mais l’entrée dans un apprentissage, la motivation première, est bien d’ordre affectif ! Un enfant apprend d’abords pour faire plaisir à maman, à papa, à la maîtresse... Et il y a même bon nombre d’adultes qui ne travaillent "bien" qu’avec un patron qu’ils "aiment bien" !

    Il me parait difficile d’exiger d’enfants qu’ils aient une motivation intrinsèque, motivation qui suppose une estime de soi en béton et une maturité qui autorise à trouver dans le plaisir du travail accompli en conscience la seule récompense qui vaille, alors que beaucoup d’adultes "construits" en sont incapables.

    Non, ce qui me pose question, c’est la façon de susciter cette émotion, car l’émotion pour l’émotion, c’est du mélo, du larmoiement dans les chaumières, du "on est bien peu de chose, ma pauv’ dame, allez", et c’est inutile, stérile, complètement contre-productif ! On nous répète pourtant assez que l’école doit servir à quelque chose...

    Garder vivante la mémoire de ces petites victimes, c’est bien , tant il est vrai que "Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre" (Primo Levi).

    Mais pour ne pas "revivre" ce passé terrifiant, il convient de faire le parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui, d’aider les enfants à mettre en relation le passé et le présent, de développer leur esprit civique et un sens raisonné de la justice...

    C’est donc das cette optique que j’aborderai la chose si je me retrouve dans une classe de niveau CM2, contrainte de faire adopter un nom et un prénom. Ce ne sera pas difficile : les enfants sont curieux, et il me demanderont "pourquoi ?".

    Alors sans doute ne tarderont-ils pas à réaliser seuls qu’il vaut mieux soutenir un camarade (encore) vivant pour que les petits enfants de toutes couleurs et de toutes confessions ne soient pas morts pour rien. Un petit fantôme ne doit pas empêcher de penser aux vivants.

    Dans chaque école, chaque quartier, il y a une, deux, plusieurs victimes potentielles, en danger aujourd’hui, maintenant : une fille menacée d’excision, une autre de mariage forcé, un garçon un peu "efféminé" que l’on moque et qui se suicidera bientôt, un gosse matraité, psychiquement ou physiquement, un handicapé qu’on appelle "mongol" et dont les parents d’élèves ne veulent pas à l’école parce qu’ il va "retarder" leurs poulains, un sans-papier que l’on va renvoyer fouiller les tas d’ordures, se prostituer pour de gros rougeauds suants, servir de chair à canon ou de bombe humaine, un petit "pauvre" qui finira en Centre Educatif Fermé parce qu’il en aura marre de se faire traiter de "bouffon" et qu’il volera ce qu’il ne peut pas acheter, un "trop grand", un "trop petit", un "trop beau", un "trop laid", un "trop intelligent", un "dans la lune", un binoclard...

    Ah oui ! Il y a de quoi faire avec les vivants...

    Cordialement

     

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