La formule du menu sans viande n’impose rien à personne dites-vous. Sauf que cette formule vous a été imposée... Des mouvements religieux nont pas à mettre leur nez dans l’élaboration des repas.
Apprendre à manger de tout fait partie des missions de l’Education Nationale justement. Pas uniquement dans les cantines mais aussi dans les cours traditionnels. Apprendre à limiter la consommation de viande dans un souci écologique (réchauffement de la planète) en fait aussi partie. Mais laisser croire à un enfant (et à ses copains) qu’il ne doit pas manger de viande non abattue selon certains rites relève d’un autre siècle.
Dans la Bible aussi le porc est prescrit. Bon, les conditions sanitaires ont quelque peu évolué. Que dans certains pays cela pose encore problème, c’est compréhensible - tout le monde n’a pas de réfrigérateur - simplement, les plats sont très épicés pour éviter quelques risques d’empoisonnement.
Vous pointez bien du doigt l’emprise mafieuse du marché hallal qui aurait certainement bien aimé poursuivre son racket sur les cantines scolaires.
Depuis quelques temps, les cantines tentent de faire découvrir les plats aux jeunes. En cela, elles jouent leur rôle éducatif. J’ai conu des cantines où, une fois par semaine, un repas était servi pour faire connaître les autres habitudes culinaires. De la paella au couscous pour ne reprendre que les clichés, mais aussi goulash, sucré-salé et autres saveurs.
Si je comprends bien, cela ne serait même plus possible, puisqu’il n’y aurait plus partage. Le repas est bien un moment de la journée où le plaisir est autorisé, reconnu.
Les cantines essaient d’équilibrer les repas en tenant compte des jeunes qui n’ont souvent pas grand chose à manger le soir.
Au lieu de se bagarrer sur la présence ou non de viande, il vaudrait mieux faire des efforts sur le lieu des repas, insonoriser les salles, jouer avec les couleurs des murs et du mobilier, prendre un peu plus de temps pour déjeuner. Faire de la cantine un restaurant.