On dirait un message écrit par Chantal Perrichon ! Où avez vous lu que j’encourageai la vitesse ?
Cet article tente au contraire de faire le distingo entre un cinglé qui roule n’importe comment (et ça ne manque pas) et celui qui respecte le CDR mais qui, comme moi et forcément vous (à moins que vous ne soyez un surhomme !) se retrouvent parfois (souvent involontairement) légèrement au dessus de la vitesse prévue, avec la sanction in fine.
Je vous soupçonne de faire partie de ceux qui pensent qu’à 90 kmh on est un très bon conducteur et qu’à 91 kmh, on est un grand criminel qui met en péril sa famille et tous les autres conducteurs.
Votre solution ? Rouler à 0 kmh ? Ah oui, je n’y avais pas pensé ! Très efficace effectivement ! Mais ça ne va pas améliorer la productivité de la France, déjà bien décriée.
Pas rancunier, je vous souhaite simplement d’avoir autant de PV et d’accident [sans s] que moi, un grand criminel, c’est connu. :)
Vous connaissez tous l’aventure de François Lecot qui, en 1935, entama un challenge incroyable : faire 1100 km par jour avec sa Traction et ce, durant un an, entre Paris et Nice.
A cette époque, il n’y avait pas d’autoroute et c’est par la nationale 7 qu’il réussit à faire plus de 400 000 km dans une voiture, certes d’avant garde pour l’époque, mais sans comparaison avec le confort des autos d’aujourd’hui. Un huissier à ses côtés veillait au respect du code de la route.
Bien sûr, à cette époque pas de radars. J’imagine aujourd’hui ce défi entre Paris et Nice sur les routes nationales. J’imagine les villages à traverser à 50 kmh, voire 30 parfois, les dos d’anes, les ronds points, la quantité impressionnante de radars rencontrés sur le parcours et la maréchaussée correspondante.
Je suis toujous stupéfait du courage de cet homme et trouve qu’il a eu le nez fin de faire son défi à cette époque ! Faire aujourd’hui 1100 km par jour sur nationales en respectant la limitation actuelle, il faudrait des journées de 25 heures !
Je suis persuadé que ces catégories existent, même si une très grande majorité de conducteurs se classent fort heureusement en catégorie 2.
Si je prends mon cas personnel, qui doit être loin d’être unique :
- juste après mon permis, et avec le recul des années, je me rends d’avoir été en catégorie 3, jamais pour l’alcool, mais pour des vitesses inadaptées aux circonstances. Seule la chance m’a permis d’être là aujourd’hui. Mais doit-on jouer avec la chance ? Réponse : non absolument pas !
- dès mon mariage, la sagesse prit le dessus et je suis repassé en catégorie 2. Convaincu de la nécessité de ne pas faire n’importe quoi et conscient des drames pouvant découler d’accidents de la route. Mais la pression de l’horaire, les soucis en tête, m’ont fait régulièrement dépasser la vitesse prévue. Suis-je un danger public ? Non, car aucun accident à déplorer.
- puis vint la retraite. Terminée la pression du boulot, des horaires, etc... Avec la sagesse des années je fais partie désormais de la catégorie 1. Je respecte presque instinctivement le CDR, plus pour éviter les sanctions que par la conviction de la pertinence de certaines limitations de vitesse. Sincèrement, je ne suis pas le seul dans cette catégorie. On voit très bien que les gens qui ont ou pas de contrainte d’horaire en font partie également.
Sincèrement, je pense qu’il est très difficile à un conducteur en activité d’être en catégorie 1 (pas 1 kmh au dessus de la limite). Cela nécessite une vigilance de tout instant, incompatible avec les contraintes familiales, professionnelles. C’est la raison pour laquelle bon nombre de gens sont en catégorie 2 et alimentent régulièrement les pompes à fric.
Ceci dit, il est évident que nous changeons de catégorie régulièrement voire quotidiennement selon les circonstances.
Il est anormal que la sécurité routière n’associe pas, dans ses campagnes de pub, la notion d’horaire, de temps, à ses messages. Partir plus tôt permet de diminuer la pression du timing et offre une conduite plus sereine, moins agressive.
Un autre exemple de l’abus de repression contre les petits excès de vitesse :
Comparons comment sont traités les dépassements de vitesse sur la route ... et sur le rail.
- véhicules routiers : sanction si dépassement de 5 kmh (V<100 kmh) ou 5% si V>100 kmh). (Conducteurs non professionnels)
- trains : arrêt automatique du train (et risque de sanction) si dépassement de 10 kmh de la vitesse prévue. (Conducteurs professionnels)
Les pouvoirs publics demandent plus de rigueur au conducteur Lambda d’une auto qu’à un conducteur chevronné de la SNCF tirant un train de 1000 tonnes à 160 kmh.
Cherchez l’erreur !
Alors, inutile de s’étonner du jackpot juteux des radars automatiques de vitesse.