Le système en question est perverti dès le départ par une obsession de rendement et des indicateurs qui n’en sont pas (pas les bons).
Sans parler de tous ces fonctionnaires (hors professeurs) de l’ « Académie » qui sont pourris jusqu’à l’os et pouvant tout se permettre car l’EN est affreusement hiérarchisé et vertical. Leur état d’esprit est également du même ordre.
C’est parfaitement comparable à la noblesse de l’Ancien régime qui dictait son bon vouloir à la population. Et c’est très surprenant qu’à notre époque, dite « si libérée », on continue à fonctionner de la sorte.
Ce système fonctionne tellement mal que l’administration, avec laquelle j’avais noué de bons contacts, m’a souvent expliqué les incongruités qu’elle subissait — ce qui rejaillissait sur elle et provoquait contre elle la colère des élèves. A savoir ces ordres débiles et à côté de la plaque qui pourrissait le cursus des étudiants et le fonctionnement de l’université.
D’ailleurs, je considère le rectorat comme la première couche de cette caste aveugle et sans considération pour ceux qu’elle contrôle ou supervise. On entend jamais parler de ces gens-là et on ne sait pas trop ce qu’ils font non plus.
En clair, l’EN forme des élites au lieu de former des étudiants à affronter le marché du travail. De la petite école à l’université.
Pour ma part, je préfèrerais « produire des étudiants moyens » mais intellectuellement /personnellement développés que des petits génies à côté de leurs pompes qui ne connaissent rien du monde réel.
mais ca se traduit immanquablement par une diminution de la qualité globale et un appauvrissement intellectuel généralisé
Il existe une solution intermédiaire.
Un mélange du système anglo-saxo (centré sur le développement des individus) et français (focalisé sur le savoir) permettrait de créer des générations de jeunes bien dans leur peau, conscients des réalités, sachant quel métier/avenir ils souhaitent et aptes à entrer sur le marché du travail.
Je ne suis pas certain qu’en « haut lieu » on envisage ce genre de chose. On va sûrement rester sur un modèle bien français et figé comme d’habitude.
Les pays asiat s’y trompent pas. Selection selection selection
Et vous auriez dû rajouter : suicide, suicide, suicide.
Des jeunes horriblement complexés, prêts à se faire hara-kiri à la moindre contrariété.
mais en attendant les universités prestigieuses sont doublement sélectives (argent et niveau)
J’en suis bien conscient. Mais par cette sélection par l’argent ils se privent d’un bon nombre de candidats qui auraient, à court terme, pu échouer et à long terme vraiment réussir.
Si j’étais né dans un tel pays, je n’aurais jamais fait d’études car, pendant très longtemps, j’ai eu beaucoup de problèmes personnels et familiaux qui m’ont empêché d’atteindre mon potentiel propre.
Le monde de demain sera numérique, qu’on le veuille ou pas. La crise du
covid est l’occasion de mettre en avant ces outils indispensables pour
étudier et travailler demain. C’est une question de choix de société,
l’école est soit une garderie pour les pauvres, soit un lieu pour
apprendre...
Nous y sommes déjà.
Je croirais entendre ce gouvernement libéral qui veut tout rentabiliser, délocaliser, mettre en concurrence.
L’enseignement est, par essence, une transmission de savoir d’un sachant à un étudiant. Or, l’énormité qu’on nous raconte (de plus en plus d’ailleurs), c’est que le « tout numérique » (ou « virage numérique ») est « inévitable » et que l’enseignement ne pourra pas y échapper.
C’est donc un double paradoxe qui fait oublier la destruction imminente des dernières ruines de notre pays (et de ses institutions), construit au travers des siècles, pour tomber dans le règne du libéralisme (appelé à tort aujourd’hui « mondialisme ») où tout est évalué pour être ensuite monétisé.
Un libéral du type Macron (et sa bande) ne peut apprécier ni comprendre la signification de l’enseignement ni même sa portée car, pour eux, chaque chose à son prix et rien n’est inatteignable pour eux.
En prenant l’exemple d’une situation exceptionnelle, ils souhaitent généraliser cela à tout l’enseignement. C’est tellement évident que je ne saisis pas pourquoi le public ne réagit même pas.
J’ai eu l’occasion de suivre une formation en ligne et bien je dois dire que c’est déboussolant, démoralisant, ça isole énormément. La motivation à apprendre et retenir n’est clairement pas présente en distanciel car il n’y a pas d’interaction physique avec les professeurs ni les élèves. Ni à se déplacer pour faire quelque chose.
A niveau égal, il me paraît clair qu’à part une volonté de fer c’est un instrument d’échec (comme Pôle Emploi) qui provoquera des désastres comme le décrochage de bon nombre d’étudiants, des déscolarisations massives, un paquet de dépressions voire de suicides (’paraît qu’il faut réduire la population en plus).
Je ne parlais pas des professeurs en eux-mêmes mais du système global de notation implémenté depuis très longtemps par le Ministère.
Chaque chose est réellement évaluée par une échelle de notation, jusqu’aux professeurs et l’établissement. Les « mauvaises moyennes » posent problème aux proviseurs qui flippent après la perte de quelques points.
Cela entretient un cercle vicieux de l’ « évaluation » comme si on faisait un audit d’entreprise chaque semaine.
Une année, j’ai eu de gros problèmes avec un enseignant et l’Académie m’a sorti une fiche en disant « bin non il est bien noté donc y’a pas de problème ». J’ai été stupéfait...
Il ne serait jamais venu à l’idée de mes parents, pourtant tout à fait
qualifiés pour le faire, de remettre en cause l’appréciation de
l’enseignant.
Sauf que l’école a bien changé et que les mécanismes d’antan ne fonctionnent plus.
Pour ma part, j’ai vu même en fac une école très élitiste et pas assez attentive aux étudiants. Ce qui est l’inverse des systèmes anglo-saxons qui privilégient en premier l’individu.
Les autres ont maintenant tous leur diplome... qui ne vaut strictement plus rien !
Je suis au courant, mon master ne vaut rien du tout.