Pour
conclure,
Jean-Paul
Brighelli se trompe autant que Meirieu,
mais
à sa manière. Confusions de vocabulaire, amalgames
voire poujadisme anti-fonctionnaires,
il
n’apporte aucune solution par ailleurs. Il critique, point. En
oubliant que la France n’est ni la Chine ni la Finlande tant par sa
population que par la conception de l’éducation des enfants.
N’importe quel instituteur français vous dira qu’il a plus
l’impression d’occuper les enfants que d’enseigner certains jours,
vu les comportements perturbés de beaucoup d’entre eux. Est-ce
un hasard si les décrets Peillon vont dans le sens d’une
impression d’école-garderie ressentie autant par les instits
que par de nombreux parents ? L’enjeu concret des années
à venir sera de transmettre aux jeunes une culture littéraire
permettant autonomie et émancipation culturelle. Avec la
pollution du tout-numérique et les problèmes sociaux de
trop de familles,
la
partie s’annonce rude. Cracher sur l’Education
nationale ne fera qu’aggraver les choses... proposer des solutions
concrètes et agir sur le terrain est plus porteur. Pourquoi
M.Brighelli n’irait-il pas animer des ateliers lecture en ZEP ?
Le magazine Le
Point compte-t-il
monter une fondation d’aide aux jeunes pour l’accès à
la littérature ? En cas de réponse négative,
nous nous passerons de leur avis sur la question à l’avenir.
(5 fautes de ponctuation = - 10 points – Education
nationale, nom propre, donc majuscule : 1 faute entière = déjà
comptée – Le
Point, nom propre, donc
majuscule : 1 faute entière =– 4 points.
Septième paragraphe de l’article : - 14 points).
Total : - 86 points. Une copie est notée sur 20. Chacun
fera le compte.
Ce ne sont pas les élèves le problème de l’Ecole
française. Ce sont les enseignants.
Il
ne faut pas être naîf. Dans les grandes villes où
poussent des HLM recueillant toute la misère du monde,
les résultats sont inférieurs à ceux des petites
villes de province, paraît-il
(je n’ai pas trouvé de statistiques en la matière).
J’ai constaté que dans mon département actuel,
mes ex-élèves apprenaient « mieux » que dans
mon cher 9-3 où j’ai sévi durant plusieurs années.
Et la pédagogie n’y est pour rien. Quant à la 25ème
place des petits français aux tests PISA,
elle me semble justifiée vue la diversité de notre
public et le peu d’attrait pour la littérature des jeunes
comme des parents. Ce qui pose d’ailleurs un grave problème :
on ne devient autonome sur le plan intellectuel que par des lectures
personnelles qui forgent l’esprit critique. Faut-il interdire la
vente des TV et des consoles de jeu ? Ceci-dit,
rappelez-vous (pour ceux de ma génération) que les
premières consoles étaient interdites aux moins de 12
ans dans les années 80...
(4 fautes de ponctuation = - 8 points – paraît-il :
avec un accent circonflexe sur le i, faute entière = – 4
points. Sixième paragraphe de l’article : - 12 points).
Les
méthodes de lecture me direz-vous ? Fadaises. Personne
n’a jamais vraiment employé les fantasques méthodes
dites globales,
promues par des Foucambert et autres rigolos utopistes de la période
baba-cool. Maîtriser
le code écrit c’est déchiffrer, comprendre les
correspondances grapho-phonologiques, point barre. J’ai été
instituteur de CP, je connais... sur 25 élèves,
seuls 3 ou 4 étaient non-déchiffreurs en fin d’année,
pour des raisons médico-sociales sans exception (orthophonie,
troubles comportementaux, grande pauvreté...). L’école
ne peut être tenue pour responsable de tous les maux de la
société, en particulier de l’explosion de la misère
sociale et culturelle que chacun constate autour de lui...
(2 fautes de ponctuation = - 4 points – maîtriser :
avec un accent circonflexe sur le i, faute entière = – 4
points. Cinquième paragraphe de l’article : - 8 points).
Les
causes sont aisées à comprendre : jeux vidéos
et autres loisirs numériques,
dès
le plus jeune âge,
ont dévalorisé la lecture aux yeux des jeunes. La
sociologue Sylvie Octobre a montré que les adolescents lisent
de moins en moins, que la lecture se féminise de plus en plus
(d’ailleurs qui connaît
l’écart
réel entre garçons et filles ?). De plus,
la société française se paupérise.
Coluche nous le rappelait "les
riches ont de la place, les pauvres ont des gosses".
Les écoles primaires françaises doivent prendre en
charge de plus en plus d’enfants désocialisés, livrés
à eux-mêmes, rebelles à l’autorité... dont
les parents immatures lisent peu,
par ailleurs. Le loisir principal d’un sans-emploi,
en milieu populaire,
n’est pas la lecture mais la télévision...
(6 fautes de ponctuation = - 12 points – il connaît :
avec un accent circonflexe sur le i, faute entière = – 4
points. Quatrième paragraphe de l’article : - 16 points).
Car
Brighelli a un défaut de taille : il ne connait pas les
instructions officielles de l’Education
nationale ou il les a lues de travers. « LIRE C’EST COMPRENDRE »
proclament
depuis
toujours les programmes de français ; les fameux 20%
d’élèves en difficulté à l’entrée
en 6ème ne comprennent pas ce qu’ils lisent bien qu’ils
sachent
depuis le CE1,
au
plus tard,
déchiffrer
ou décoder l’écrit. Les méthodes de lecture
entrent peu en compte, c’est le manque de culture littéraire
de beaucoup de jeunes qui entraÎne
ces statistiques... (2 fautes de
ponctuation = - 4 points – Education nationale, nom propre,
donc majuscule : 1 faute entière = – 4 points – les
programmes proclament = faute entière = 4 points –
qu’ils sachent : pas d’accent sur le a, faute entière = –
4 points – entraîne : accent circonflexe sur le i, faute
entière = – 4 points. Troisième paragraphe de l’article : - 20
points).