Franchement, je vous conseille de recouper ce que l’on vous dit sur l’Espagne.
D’autre part, pourquoi évitez-vous le sujet de l’Europe ? Car l’enjeu immédiat est bien là : redresser la barre et expulser le dogme libéral d’Europe où en sortir, revenir aux monnaies nationales et se retrouver désarmés face à la puissance de la finance qui se remettront à spéculer sur les taux de change. Il n’y a de triche dans le libéralisme que dans le naturalisme artificiel de ses concepts fondateurs. Pour le reste, il est parfaitement cohérent dans sa logique.
Quant aux solutions à la Chouard, on voit bien qui essaye de récupérer son délire de plus en plus borné et extrémiste : l’antiparlementarisme des totalitaires de droite et de gauche. Pour l’instant, on a rien trouvé de mieux que la démocratie représentative, peut-être serait-il bon de nettoyer celle-ci de l’arrivisme de la classe politique en l’encadrant dans un système de contrôle qui équilibrerait les privilèges ( logiquement accordés pour protéger sa représentativité ) et les devoirs dérivant du service public ?
La société a besoin d’une voie à suivre à long terme, d’une orientation générale qui permettrait de réformer le système par paliers, afin d’éviter les tensions qui pourraient nous conduire à l’explosion violente, et non pas de prophètes propagandistes ni de surenchère dans le délire paranoïaque à la Asselineau, Cheminade, NDA, MLP, Soral et autres mégalomanes qui fleurissent quand les eaux descendent troubles. Comme ils disent en Espagne : en río revuelto, ganancia de pescadores.
Bon... et on fait quoi pour abolir et extirper le vice de l’âme des gens ? On va à la messe ? On l’interdit ? Interdire le vice, aïe ! On entre dans le démocratiquement scabreux, là. Qui serait le sauveur souverainiste, selon vous ?
Bien sûr que le libéralisme et sa conception minimale du rôle du l’État, comme garant de la liberté économique quasi-totale et pas beaucoup plus, est largement suffisant pour expliquer le seuil critique maximum de concentration du capital où nous nous trouvons. La croyance en un ordre spontané,
cher au libéralisme depuis Hayek, a provoqué cette concentration et l’écrasement de la concurrence du fait des principes de
l’économie d’échelle. Chacun des exemples que vous donnez en est une démonstration. Vous voulez absolument voir une main qui dirigerait tout cela dans l’ombre, et par là vous désignez un bouc émissaire, porteur de tous les péchés. Si je vous dis que c’est un propos, entre beaucoup d’autres que vous tenez habituellement, traditionnel à l’extrême-droite, vous allez vous indigner, bien sûr, mais relisez-vous et voyez comme ça y ressemble.
Quant à l’Espagne, ce sac de généralités donne l’impression de vous n’y avez passé que quelques vacances.
L’oligarchie n’est pas dans l’ombre. Il est relativement facile de dresser une liste de ceux qui comptent dans le monde. D’autre part, les membres des cercles d’influence non plus, ne sont dans l’ombre. Ni les lieux où ils se réunissent, ni la doctrine économique qu’ils prônent, ni la configuration de l’État qui leur plaît, etc... C’est le libéralisme en action. Ni plus, ni moins. Pas besoin de ressusciter les vieilles légendes et d’en faire un best-seller puis une théorie du monde.