Les organisations intergouvernementales sont dominées par les USA, qui décident de qui est terroriste et de qui ne l’est pas, en fonction de leur agenda. Un bel exemple est donné par l’actuel maître de la Syrie, ex-membre d’al-Qaeda, maintenant notre meilleur copain depuis qu’il a chassé Bachar al-Assad du pouvoir.
Vous me demandiez un éclairage sur Tsahal. Le documentaire que j’ai mis en lien en apporte un sur les racines terroristes de ces Forces de Défense Israéliennes (Haganah, Lehi, Irgoun).
Enfin, vous semblez être un adepte du « whataboutisme ». Toujours botter en touche dès qu’il s’agit d’évoquer les crimes d’Israël... Ce que vous ne comprenez toujours pas, c’est qu’Israël ne représente pas tous les juifs, et qu’un nombre grandissant de juifs rejettent son idéologie raciste et suprémaciste.
Il semble évident que l’Empire ottoman finissant a condamné à contrecœur les responsables du génocide arménien sous la contrainte des Alliés victorieux. Cependant, on peut aussi faire remarquer que la réhabilitation — voire la glorification — de ces personnages, ainsi que le refus de reconnaître la réalité du génocide est le fait de la république kémaliste. Or, on sait qu’Atatürk n’était pas spécialement religieux et s’est même opposé à l’islam, notamment en interdisant le port du voile et en faisant de la Turquie une république laïque. Autrement dit, on observe une contradiction interne à la Turquie, qui est celle d’une idéologie moderniste et nationaliste contre une tradition ottomane immobiliste et fortement imprégnée par l’islam. Erdogan illustre ce paradoxe mais j’ignore ses prises de position par rapport au kémalisme qui était encore omniprésent en Turquie, au moins officiellement, aux dernières années du vingtième siècle. Je ne connais pas bien ce sujet mais il mérite d’être étudié de plus prêt. La négation du génocide par la Turquie est selon moi à imputer plutôt à une forme extrême de jacobinisme « alla turca », qu’à l’islam.
Une petite remarque : tout le monde s’accorde pour attribuer l’invention du terme « génocide » en 1943 au juriste juif polonais Raphael Lemkin.
L’extrait du New York Times du 15 mars 1921 que vous reproduisez est certainement un montage car le mot genocide n’était pas encore utilisé à cette date.
Cette observation ne remet naturellement pas en cause la réalité du génocide arménien et la culpabilité de Talaat Pacha. Cela montre simplement que les dossiers historiques constitués avec les meilleurs intentions peuvent aussi contenir des documents falsifiés.
Il faudrait aussi approfondir les circonstances du procès de Talaat Pacha, jugé par contumace par le Tribunal militaire spécial ottoman le 5
juillet 1919, reconnu coupable et condamné à mort pour le
massacre et l’annihilation de la population arménienne.