Nous parlons de plus en plus d’espéranto, il est de moins en moins question de l’article... Peut être que pour débattre linguistiquement, nous pourrions trouver des espaces plus appropriés ? Mon article fait effectivement la promotion de l’espéranto, mais le comparer avec la langue des signes, même si ça peut paraître curieux au premier abord, n’est pas dénué d’intérêt. Je connais deux personnes qui, par le biais de l’une de ces langues, s’est mise à apprendre la deuxième : il s’agit de gens dont le cursus de formation les obligeait à se placer en situation d’apprentissage, en suivant des cours d’une langue qu’ils n’avaient auparavant jamais pratiquée.
Vous connaissez probablement l’existence d’un organisme appelé Académie française... Si vous imaginez deux secondes qu’elle a un influence sur l’évolution de la langue, laissez moi vous détromper : les seules réformes de l’AF qui aboutissent sont celles qui entérinent l’usage, aussi impropre qu’il puisse être.
=> Votre opinion sur l’AF, ne renseigne pas sur le travail, le fonctionnement, l’influence et les résultats de l’académie d’espéranto.
Hum ? ? ? L’espéranto n’a paspourambition de devenir langue de communication internationale et comme principal argument le fait d’être une langue "facile d’accès" ? J’ai raté un épisode.
=>Dans votre premier message, vous parliez d’une langue expressément construite pour être la plus facile, sur ce, je disais que ce n’était pas le but EXACT de l’espéranto
On voit bien, qu’on ne peut pas prétendre que le français est logique, comme justifier l’usage des prépositions ou des terminaisons par des règles... On pourrait trouver d’autres exemples, on finirait peut être par expliquer, mais c’est évident que les messages s’allongeraient et que les justifications s’embourberaient... "c’est de l’argot" "c’est invariable" "ça vient du latin" etc. Et l’on pourrait redemander pourquoi... Eur est-il si régulier ? peut-être, mais il peut prêter à confusion : puisqu’il se trouve à la terminaison de mots qui n’ont rien à voir avec l’usage indiqué : "sapeur" et que d’autres suffixes peuvent servir à nominaliser.
Il est faut de dire que les adjectifs s’accordent en nombre et genre en espéranto : granda viro et granda virino, l’un au masculin, l’autre au pluriel.
Maintenant, je ne vois pas pourquoi l’espéranto y échapperait. Si il se développait et devenait parlé par "tout le monde" , qu’est ce qui pourrait l’empêcher d’évoluer et de gagner en irrégularité ? Et est ce que du coup, l’intérêt de l’espéranto ne serait pas diminué ?
=> l’académie d’espéranto, les grammairiens, les enseignants... de plus, au fur et à mesure de sa progression, l’espéranto a au contraire gagner en régularité, surtout grâce à internet, qui permet de ne pas rester dans son coin et de discuter, de confronter.
Et l’anglais n’est pas trop indo-européens ?
Ce n’est pas une langue construite expréssément dans le but de devenir la langue la plus facile.
Ce n’est pas le but exact de l’espéranto non plus.
les asiatiques se retrouvent beaucoup dans la pratique de l’espéranto, par la conjugaison, la façon de faire des phrases interrogatives, le participe futur…
Ils peuvent bien se retrouver dans l’espéranto, mais la conjugaison d’un verbe est un concept tout à fait exotique en mandarin. Par exemple.
=> alors allez leur expliquer qu’en plus des conjuguaisons, il y a les irrégularités !
Mais une langue peut être isolante et agglutinante, je pense…
Ben non. Certes, les "éléments basiques" sont invariables. Mais, une langue isolante utilise des mots invariables, et n’utilise qu’un morphème par mot. Au contraire, les langues agglutinantges les associent parfois en nombres considérables. De toute façon, l’espéranto est flexionnel et possède des structures agglutinantes (comme l’allemand).
car si je prends les affixes « mal, san, ul, ej » qui sont respectivement, le contraire, la santé, l’individu et le lieu, seuls, ils ont une signification : male : contrairement. Et si je les joins : malsanulejo c’est l’hopital, le lieu où il y a des gens en mauvaise santé. Isolés ou agglutinés, les racines ont une signification, et elles ne changent pas, « ej » se trouvera toujours « ej » avec la même signification, facile ensuite de créer des mots ! un grand légo…
C’est la définition même d’une structure agglutinante. Dans une langue isolante, tout ces morphèmes restent séparés, et certaines nuances sont rendues tout autrement.
Le problème des structures agglutinante, c’est la priorité de certains éléments sur certains autres. On ne se retrouve pas sans un minimum de règles qui définissent la manière d’agglutiner, ce qui se révèle plus complexe que d’ajouter des inflexions dans le bon ordre.
en espéranto, je peux laisser tous les morphèmes séparés, ça aura un sens ! que l’on choisisse une structure ou une autre, il y aura toujours avantages et inconvénients.
Merci ;), mais même avec des voyages en Angleterre et de la famille aux EUA, je ne m’en sors pas de manière satisfaisante… Les films en VO je ne comprends rien, maintenant, je parviens tout de même à commander un café si besoin est
Vous progressez donc ! L’intérêt des films en VOST, c’est que lorsqu’on les allie à une pratique régulière, on finit par reconnaitre les mots, puis les phrases dans le sabir. Dès lors, on peut les utiliser pour améliorer son accent. D’après moi, ça rend l’apprentissage plus amusant.
Merci, j’ai beaucoup voyagé, je pratique un anglais appris scolairement qui me permet de me débrouiller, mais en beaucoup moins d’effort et de temps, je parle couramment l’espéranto. Vous progressez aussi je trouve, dans les propos tenus.
Ok, pour cet exemple, limité, mais voyez l’économie et la facilité de l’espéranto dans d’autres cas : en anglais entre dentist et tooth, seule la mémoire nous aide. Or, en espéranto, je prends le mot « dent » j’ajoute le suffixe du professionnel et j’obient « dentisto » dentiste. Tiens, si je vous dis que « bov » c’est la racine qui correspond au bovin, le professionnel, en quelques secondes, vous trouvez le mot « bovisto » et en combien de temps trouvez-vous « bouvier » ?
L’apparition de différents suffixes liés en apparence à une même fonction est logique, car les dits suffixes n’ont pas le même sens au départ :
le suffixe -er de boulang-er et bouch-er a le sens de fabricant,
le suffixe -eur indique une action liée a un verbe dont le nom dérive grâce au suffixe : nager nageur vendre vendeur tuer tueur et caetera.
Le suffixe -iste qui doit vous dire quelque chose, indique une profession relative à : légiste ; oculiste ; fleuriste.
=> si l’on pousse un peu, ça ne marche plus : que dire de docteur, chirurgien, palfrenier, berger, musicien, bûcheron... et attention, nageur, c’est plusieurs métiers !
Par contre, en espéranto, si on élimine ces mots de la racine et qu’on veut les récréer de toute pièces, il faudra accoller plusieurs radicaux. Si vous considérez que la nuance française introduite par le suffixe -er entre le boulanger qui fabrique son pain et le fleuriste qui se contente de vendre des fleurs est superflue, très bien, mais n’oubliez pas son existence avant de considérer que le français n’est pas logique. C’est juste que la logique ne saute pas aux yeux de l’impétrant et qu’en linguistique, pour chaque irrégularité il y a une raison.
=> très vite, dans nos langues de nations, l’argument de logique doit céder sa place à la règle d’euphonie :
places assises et places debout : comment une place peut être assise ? debout ne peut pas prendre le féminin ? Beaucoup d’instituteurs le disent, à un moment donné, il ne faut plus dire que c’est logique, car la logique se retourne contre la règle lors de l’exception, reste à dire "je ne peux pas l’expliquer, c’est comme ça, apprends la règle". Car pour explique que l’on dit "au Danemark" et "en France" ou encore "à Pékin" trois prépositions pour des lieux, ça fait beaucoup.
Vous théorisez beaucoup sur l’espéranto, mais ça ne suffit pas à le connaître : une étude linguistique n’est pas forcément une étude de la langue.
Certes non. Il y a une différence entre un maçon ( ) qui construit un mur et un ingénieur qui cherche si le modèle utilisé pour construire le mur est bon ou mauvais.
=> les ingénieurs, après que le mur est construit, (si, indicatif après "après que) le testent eux-mêmes ;)
Des linguistes, que l’on vous a déjà cités, reconnaissent cohérence et simplicité à l’espéranto.
L’anglais est tout à fait cohérent. Chaque langueà sa logique interne, propre, qu’il faut acquérir pour l’apprendre.
=> pour apprendre, il faut aussi se mettre la logique interne sous le bras et apprendre des colonnes d’irrégularités, de pièges...
les chiffres, les chiffres...
On a tous voulu changer le monde à un moment ou à un autre, tout le monde l’a voulu ce qui fait pas mal de gens pour le vingtième siècle. Maintenant, des gens qui ont eu une grande influence sur le monde au XXème siècle, il doit y en avoir un million ou deux et ce n’est pas énorme.
=> à chacun de voir, comment diriger sa vie, gérer ses désirs, évoluer, faire sa ptite philosophie !
En français non plus les racines ne varient pas "famil-le famil-ial famil-ier, malad-e malad-if malad-ie et caetera et caetera.", en général. Notons que les racines seules ne mènent loin ni dans la langue de Molière, ni dans celle du docteur Z. Ces dernières sont plus régulières mais c’est le minimum qu’on puisse attendre de la part d’une langue créée.
Pas tout à fait d’accord, regardez la conjugaison du verbe être : quel rapport entre être, suis, es, est, sommes, êtes, sont.
C’est une des raisons qui me font penser qu’on peut mieux faire que l’espéranto, qui est trop indo-européen.
Et l’anglais n’est pas trop indo-européens ? les asiatiques se retrouvent beaucoup dans la pratique de l’espéranto, par la conjugaison, la façon de faire des phrases interrogatives, le participe futur…
On distingue souvent les langues flexionnelles des langues agglutinantes au moyen de critères internes. Dans les faits, le terme de langue flexionnelle englobe souvent les langues agglutinantes. Il faut dans ce cas considérer que flexionnel signifie : « dont certains lemmes changent de forme selon des critères grammaticaux ».
Une langue ne peut pas être flexionnelle ET agglutinante. C’est comme si une couleur pouvait être claire et foncée, ça n’a pas de sens.
Mais une langue peut être isolante et agglutinante, je pense… car si je prends les affixes « mal, san, ul, ej » qui sont respectivement, le contraire, la santé, l’individu et le lieu, seuls, ils ont une signification : male : contrairement. Et si je les joins : malsanulejo c’est l’hopital, le lieu où il y a des gens en mauvaise santé. Isolés ou agglutinés, les racines ont une signification, et elles ne changent pas, « ej » se trouvera toujours « ej » avec la même signification, facile ensuite de créer des mots ! un grand légo…
La dictée, exercice d’orthographe, n’est pas possible dans une langue où on prononce toutes les lettres. Ce qui donne tout de suite un argument en faveur de l’e-o, mais pas que lui.
La dictée n’est pas qu’un exercice d’orthographe, au téléphone, on peut vous dicter une adresse… et c’est toujours possible ! Concernant les élèves, ça leur permet d’apprendre l’alphabet, les sons, les lettres, et la combinaison des mots.
Conseil : pour la prononciation, regardez des films en VOST. Pour améliorer la prononciation d’une langue donnée, le bain linguistique aide beaucoup. Bon, il ne faut pas se limiter à ça.
Merci ;), mais même avec des voyages en Angleterre et de la famille aux EUA, je ne m’en sors pas de manière satisfaisante… Les films en VO je ne comprends rien, maintenant, je parviens tout de même à commander un café si besoin est.
Pour maison :
Elément 1 : mot.
Elément 2 : ordre des mots : SVO. qui donne la fonction du mot.
Elément 3 : flexion du pluriel en -S
En espéranto, dans la phrase ci-dessus, maison donne : "domojn".
soit :
Elément 1 : mot
Elément 2 : flexion de l’accusatif -N, qui donne la fonction du mot.
Elément 3 : flexion du pluriel -J
Elément 4 : priorité du -J sur le N pour donner –JN
Ok, pour cet exemple, limité, mais voyez l’économie et la facilité de l’espéranto dans d’autres cas : en anglais entre dentist et tooth, seule la mémoire nous aide. Or, en espéranto, je prends le mot « dent » j’ajoute le suffixe du professionnel et j’obient « dentisto » dentiste. Tiens, si je vous dis que « bov » c’est la racine qui correspond au bovin, le professionnel, en quelques secondes, vous trouvez le mot « bovisto » et en combien de temps trouvez-vous « bouvier » ?
voila qui complique tout ! Si la fonction de -N outrepasse l’accusatif au sens de COD, la flexion correspondante ne suffit plus à indiquer son role, mais se contente de marquer le mot comme n’étant pas sujet
le –N s’utilise en effet plus largement : en fait c’est plus simple que s’il se contenter de juste marquer le COD, car déjà que différencier l’attribut du sujet du COD n’est pas immédiat pour beaucoup (je prends l’exemple des élèves que j’ai) si en plus il fallait le différencier d’avec le COI…
! Et vu les progrès gigantesques accomplis par la linguisique en cent ans, si un pauvre hère comme moi trouve déjà un système plus simple et cohérent que l’e-o en y réfléchissant dix minutes, je ne doute pas qu’un grand linguiste planchant dessus nous pondra une pure merveille.
Vous théorisez beaucoup sur l’espéranto, mais ça ne suffit pas à le connaître : une étude linguistique n’est pas forcément une étude de la langue. Des linguistes, que l’on vous a déjà cités, reconnaissent cohérence et simplicité à l’espéranto.