Le problème des langues dites « minoritaires », la France le traîne depuis très longtemps sans jamais vraiment l’aborder autrement que par une politique visant à déraciner ces langues. C’est suicidaire.
Pourtant, le droit des populations à l’usage de leur langue est reconnu par la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU. Dénoncer la situation qui prévaut en France ne constitue en rien une tentative de « délégitimer » la langue française. Bien au contraire, normaliser le statut des langues régionales ne peut qu’être bénéfique pour la langue française elle-même.
L’auteur de l’article fait d’ailleurs preuve d’une méconnaissance totale de la question lorsqu’il écrit :
La réalité est beaucoup plus simple. Le catalan a toujours été la langue des Catalans, y compris dans la rue.
Certes, la Catalogne reçoit une forte immigration provenant notamment d’autres points de l’Espagne. Mais cette immigration s’est toujours intégrée au pays très volontiers, sans doute parce que depuis sa fondation par Charlemagne (c’est le début de la Chanson de Roland, la terre conquise « jusqu’à la mer »), la Catalogne a toujours été un pays de mouvements de populations et jamais une « nation ethnique ».
Les Catalans, que les Espagnols appelaient jadis les Francs (los francos), ont droit à l’indépendance. Mais si c’est pour tomber dans les mains de Bruxelles, je ne le leur conseille pas.
Sauf méprise de ma part, Marc Ferro n’explique pas d’où est venue l’explosion des nationalismes du début du XXème siècle qu’il évoque. Mais si on suit le fil historique mis en évidence par Indépendance des Chercheurs, force est de constater qu’en France le nationalisme revanchard des années 1870 et 1880 n’était pas moins fort que celui des années 1900 précédant la première guerre mondiale.
Quant au discours de Jules Ferry de juillet 1885 sur l’expansion coloniale, c’est vrai qu’il expose très directement les enjeux stratégiques qui se sont exprimées en 1914. Cette guerre a été le reflet des intérêts contradictoires des groupes économiques dominants des différentes puissances impérialistes. A leur tour, ces intérêts se trouvent à l’origine des bourrages de crâne subis par les populations.
Ainsi donc, les dirigeants de la grande finance internationale comme le président de Goldman Sachs International Peter Sutherland, bien connu également à Bilderberg, font partie des « relations » de « nos socialistes ».
Il me semble que les commentaires précédents oublient un aspect important : le rôle des médias, qui favorisent de plus en plus ouvertement tout ce milieu de décideurs roulant pour les financiers et les multinationales.
Bolloré a la haute main sur des quotidiens gratuits comme Matin plus et Direct soir. La censure semble avoir déjà sévi dans Matin plus, voir :
Quant à Direct soir, c’est une apologie très simpliste du vedettariat, avec des photos taille « toute la page » des personnages que l’on cherche à promouvoir auprès du « grand public ».
Tout au long des présidentielles, le bourrage de crâne a battu son plein à travers ce genre de journaux-tracts. Rien d’étonnant si à présent les milieux d’affaires pensent pouvoir tout se permettre grâce à leur contrôle des médias. S’il faut coûte que coûte rendre Sarkozy ou Dati sympathiques, l’outil est tout trouvé.