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OB_Ouonne

 
Je suis petite main en informatique. Rétif à toute hiérarchie...
 
Je viens de finir le livre de Dominique Dupagne, La Revanche du Rameur. Comme m'a dit l'auteur, j'aurais pu écrire ce livre - en tout cas pour le bilan. Il pense aussi que le Web 2.0 va sauver la démocratie - moi je suis d'une nature trop pessimiste pour y souscrire. Ce n'est pas parce que je viens de le lire ou qu'il est à la mode, mais je le recommande chaudement. il fait un synthèse admirable de ma pensée :-) Il y cite d'autres livres dont j'avais lu quelques uns (Laborit notamment). Je recommande aussi Le grand bon en arrière de Serges Halimi, plus politique mais bourré de citations édifiantes...
 
Et à propos de ma signature :
Au secours OB_Ouonne qu'hait nos vies, vous êtes mon seul espoir... mal placé !
J'écris parce que je suis un dominant social frustré et je suis un dangereux salopard en puissance comme certains jeunes ultra-gauchistes qui sont devenus des suppôts de patrons et œuvrent à la paupérisation du travailleur. Mais moi, je suis moins jeune et je n'ai pas encore vendu mon âme !

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Derniers commentaires



  • OB_Ouonne 8 février 2012 14:06

    Le « hors sujet » me met hors de moi. C’est probablement quand on remet en question le discours mille fois répété sur les ondes : « on a une dette alors il faut la rembourser ! » que l’on est hors sujet.


    Le « Remboursement des dettes par des dettes » ne trouve aucune grâce à vos yeux... Je ne pense pas qu’être définitivement endetté soit louable, ce n’est pas ce que je veux dire. Mais l’état est immortel, en tout cas il n’y a pas de statistiques d’espérance de vie pour lui. Ça change pas mal les choses. D’autre part, si vous prêtez de l’argent, en bon conseilleur en gestion de patrimoine, je vous direz de prêtez de l’argent dont vous n’avez pas besoin pour vivre. C’est très certainement le cas des investisseurs, c’est un peu par définition d’ailleurs. Donc, quelle urgence magistrale y aurait-il à les rembourser ? Ils ne le demandent pas ! Ils seraient obligés de trouver un nouveau placement, là ou ailleurs. Ce serait un mauvais coup pour ces investisseurs si l’état, s’étant soudain déniché un mécène lointain, disait : voila, on paye, intérêt plus capital et par anticipation ! Mais non, ces investisseurs sont des tiques qui sucent le sang de l’état. Ils n’envisagent pas d’aller sucer ailleurs. Ils ne sont pas prisonniers d’états exsangues. Ils ne sont pas à plaindre.

    Le « mécanisme est dévoyé par les autorités publiques » dites-vous. Il y a du vrai, et il faut l’attribuer aux dernières années plus qu’aux décennies précédentes. C’est un gouvernement libéral qui a mis le plus éhontément le pied sur la pédale de l’endettement. Idiots ou mal intentionné ? Ici beaucoup répondent idiots, stupides, non prévoyants... Ils parlent de gens qui ont fait plus d’études qu’eux, parlent plus de 3 langues couramment, des érudits. Donc, ils n’ont rien vu venir, ils se sont fourvoyés malgré des études longues et de brillantes notes. Ben voyons. J’ai déjà entendu ça au bar « Si j’étais au gouvernement, ce serait vite réglé ! ».
    Le bon sens il me semble c’est de dire qu’ils savent (en gros) où ils vont. Le plan peut déraper, le moteur peut toussoter et le véhicule pourrait même s’enflammer qui sait, s’indigner au moins, souffler un vent nord africain... Mais ils n’agissent pas sans avoir fait le tour des avantages et inconvénients de telle ou telle décision, et mieux que nous excusez ma modestie.

    L’or et l’argent sont de bons placements, ils fluctuent quand-même, ça prend de la place et il faut un coffre qui vous coûte un bras. Les patates, surtout chaudes, en général on ne les garde pas longtemps. Les actifs et les papiers sont fiduciaires, basés sur la confiance que l’on peut avoir dans l’émetteur, et il vaut mieux qu’il reste vivant longtemps. Les états vivent longtemps, les banques un peu moins, les entreprises... L’Euro est une monnaie appuyée sur plusieurs états dont beaucoup sont attaqués, mais qui n’a pas pour autant vu sa valeur décrépir tant que cela. Je m’en étonne moi-même, car enfin, si ça va si mal, nous devrions tout convertir en... dollar australien, tiens, ils n’ont pas de dette ces veinards ! En fait, ça ne va pas si mal et les investisseurs le savent bien. C’est de la manipulation...
    Pourriez-vous quand-même me donner le code ISIN de « l’actif tangible » pour que j’y place mes petites économies ? 

    « Pour laisser faire n’importe quoi aux autorités monétaires... » Je ne fais pas confiance non plus aux hommes politiques. Mais à quel bon saint voulez-vous confier nos finances ? Je l’ai déjà dit, il n’y a pas de banquier, milliardaire, expert économique d’émission télé auquel je consentirais à confier la gestion des finances nationales... Il faut prévoir des organismes de surveillance avec des élus et non des copains désignés, avec des moyens d’action indépendant et non une justice aux ordres... Le fait-on en France seulement, ou au niveau Européen ? C’est tellement mal emmanché au niveau Européen que je ne vois pas vraiment...

    Enfin, « le droit de battre monnaie se transforme en obligation légale »... Ben non, maintenant les grecs payent leurs cafés avec des oeufs, du lait. On peut même payer des hommes politiques avec de la farine !

    Au secours OB_Ouonne qu’hait nos vies, vous êtes mon seul espoir... mal placé.



  • OB_Ouonne 8 février 2012 13:10

    Merci Antoine de votre approbation, que je crains quelque peu ironique néanmoins.


    Hier (le 7), avec un collègue nous nous sommes amusés à simuler sur un tableur la dette... Ceci corrobore le graphique et l’article initiale sur la part de la dette due à la loi de 1973 obligeant l’état à emprunter auprès d’organisme privés.
    Pris en compte dans nos calculs (simplifiés, c’est un modèle) :
    Montant de la dette 
    Taux d’intérêts de la dette
    Taux de remboursement du capital (en pratique nul !)
    Recettes de l’état (total)
    Dépenses (votées plus extra)
    ==> A ce stade, on calcule la charge de la dette, le reste des recettes et l’écart avec les dépenses qui doit être financé par de nouvelles dettes (en situation de déficit chronique). Ajoutons :
    Taux d’augmentation des recettes et des dépenses pour l’exercice suivant. Ces taux intègrent l’inflation et la croissance.
    Voila. On calcule l’année suivante, et on recommence... On dessine les courbes : mazette ! La dette s’envole.

    La conclusion est simple et ce n’était pas forcément la peine de faire tout ça pour s’en apercevoir. Si l’état ne fait pas de croissance ou peu, que l’inflation est limitée (mission principale de la BCE : 2%), les recettes n’augmentent pas plus. Les dépenses subissent l’inflation également. Si le taux d’intérêt de la dette dépasse la croissance des recettes (inflation+croissance), ça ne peut que tourner mal ! La dette grossit, les recettes sont encore plus grevées, le déficit s’accroît...
    Pour en sortir, soit la BCE prête aux états comme avant les banques centrales, soit l’état taille dans les dépenses. C’est le second cas qui s’applique, car les libéraux ont démontré depuis longtemps que les états démocratiques étaient d’incurables gaspilleurs invétérés et qu’il fallait qu’ils leur passent les rênes. Donc, haro sur les dépenses ! Et il faut aller vite, plus vite que l’intérêt de la dette, donc baisser de 3% et plus, soit 1% après soustraction de l’inflation.

    On conçoit alors que pour les grecs et autres pays qui perdent une partie de leurs « A », qui se retrouvent à emprunter à 7% et plus, la correction des dépenses deviennent une purge expiatoire... La Grèce doit redevenir compétitive ! Splendeur des capitaux et misère du populo.

    Au secours OB_Ouonne qu’hait nos vies, vous êtes mon seul espoir... mal placé.



  • OB_Ouonne 6 février 2012 18:36

    Chers amis, 


    Je vous rappelle que les états devraient représenter la volonté majoritaire du peuple. A ce titre, ils se placent au dessus de chacun des citoyens, de chacune des entreprises. Pour moi, l’article est une honte : « Imaginez que vous contractiez un crédit... ». Effectivement, pour moi il s’applique des lois décidées par l’état. Existerait-il une loi économique immanente, sortie du néant, s’appliquant au delà de la galaxie ? Qui donc serait en légitimité pour la proférer sur terre ?

    Ces articles font le jeu d’un petit groupe de milliardaires en train de prendre le contrôle du monde par dessus les états. Il suffit pourtant d’ouvrir les yeux pour voir leur action - Oh ! Combien bénéfique ! depuis 1973.

    Effectivement, en bon économiste on peut brosser le tableau de la création de monnaie par « l’entreprise état », ipso facto réduit à subir les lois qu’il rédige, vote et fait respecter ! De fait, il ne rédige plus grand-chose d’important et progressivement il ne dirige plus non plus. Les hommes qui défilent au gouvernement abdiquent un peu plus de souveraineté à l’Europe, très démocratique comme chacun sait, guidée par les excellentes agences de notation et les conseils du FMI, Banque Mondiale, les lobbyistes de couloir...

    Maintenant, vous pouvez fort bien remplir des pages de tableur avec les chiffres des tenants et aboutissants de la création de monnaie. Et oui, trop de monnaie créée engendre l’inflation, les capitaux fondent, rendez-vous compte ! Pas assez, on ne peut plus emprunter, l’activité se ralentit... Allez, vous pouvez complexifier afin de permettre à des gens de remplir des pages et des pages sans voir l’essentiel : voulons-nous que les règles économiques soient décidées par des états démocratiques ?

    Je vois l’économie comme un logiciel. Il fixe ses règles de fonctionnement mais pas ses objectifs. Quand on écrit un logiciel, ont doit commencer par écrire son cahier des charges, ce que l’on veut qu’il fasse : production de richesses, équilibre de la répartition entre les gens, durabilité de l’exploitation des ressources... Bon, ça c’est carrément utopique, mais j’aime bien. Il faut tenir compte des limitations concrètes également : les ressources de cette planète sont limitées, les capacités des humains aussi...
    Ensuite, on cherche comment y parvenir ? Troc ou monnaie - eh oui, la réponse est acquise mais elle se pose - ? Capitalisation ou répartition - eh oui, on concentre un peu, beaucoup, sans limite - ? Décision micro-économiques libres ou encadrées ? Encadrées mais par quoi ? Un chef absolu, un chef élu, un groupe de représentants ou le vote, et qui participe ? En fait, on atteint très vite l’essence même de notre problème avec des questions d’école !

    Ça ne m’amuse même pas de rentrer dans les calculs, et croyez-moi, je pourrais. Je vous propose d’autres sujets de joie mathématiques :
    - Supposez que vous êtes salarié, que votre salaire est bloqué, que l’inflation est quelque part entre 2 et 4%, allez-vous mourir de vieillesse ou de faim ? Au bout de combien de temps ?
    - Supposez que vous êtes une banque auprès de laquelle les états empruntent, qu’ils n’arrivent plus à rembourser parce que leurs travailleurs sont fauchés, au bout de combien de temps ferez-vous faillite ?
    - Supposez que vous êtes un état qui paye énormément d’intérêts à des banques et se noie progressivement, quand pourrez-vous faire passer la liquidation de toutes vos aides sociales, systèmes de redistribution et de salaires différés, droit du travail et autres au prétexte de cet endettement dont vous avez été l’artisan.
    - Supposez que vous êtes un milliardaire qui déteste le salarié ci-mentionné, influence terriblement la banque, et veut récupérer les systèmes de redistribution et salaires différés pour les proposer, mais avec des grosses marges d’opérateur téléphonique ou de marchand d’eau, au travailleur devenu misérable et corvéable à merci, jusqu’à quel point devez-vous étrangler l’état pour qu’il vous les cède ?
    Les données chiffrées sont accessibles sur le site du parlement européen ou français...

    Enfin, retour sur la prose qui trône tout en haut de la page... Un mélange de preuve historique sans exemple mais érigée en loi : « le roi décidait lui même de contrôler la monnaie cela finissait en général très mal », des condamnations définitives et abstraites « les états ayant la fâcheuse tendance à rembourser des emprunts par de nouveaux emprunts », des solutions de retour à un passé postulé meilleur, avec l’étalon or et la vraie valeur de l’entreprise. Je vois, le passé idéal du bon (sauvage) capitaliste baignant dans la subtile loi économique immanente...
    Ceci-dit, on ne fiche pas en l’air toutes les lois d’un coup, il faudrait une assemblée constituante des « objectifs et règles économiques » et une sacrée volonté populaire ! Il vaut mieux y aller par étape. C’est pour cela que l’oligarchie verrouille par des lois (règle d’or) toutes ses victoires. Elle dicte ses lois au niveau de l’Europe en laissant les gouvernements décliner... décliner les lois et décliner tout court. Aucun gouvernement à venir ne sortira grandi tant que l’Europe sera ce qu’elle est : le bras armé des milliardaires en club...

    Au secours OB_Ouonne qu’hait nos vies, vous êtes mon seul espoir... mal placé.



  • OB_Ouonne 4 février 2012 02:51

    Je suis parfaitement d’accord avec YvesDuc, les recettes de l’état ont été sciemment grevée par le gouvernement Sarkozy. Il faudrait écrire un livre au moins pour tout mentionner, c’est pour cela que l’on est plusieurs.


    Mais je n’ai jamais dit que les gens étaient responsables ! A quoi rime cette fureur ? 

    J’ai dit que cette mafia truque l’information avec une telle efficacité que les gens qui parviennent à se faire une idée pas trop naïve des choses sont l’exception. Me coller la culpabilisation des allemands en 40 sur le dos... je préfère ne pas répondre à cette accusation digne de la Gestapo ou des ré-éducateurs chinois.

    Le cas des grecs est particulier. Dans un système corrompu, chacun peut être tenté de frauder, ne pas tout déclarer, ne pas payer ses impôts. Mentionnons que ce n’est pas l’origine de la dette, encore moins de l’attaque des financiers. Les gros ont énormément trafiqué, les petits ont sans doute essayé de se protéger, et pas tous, et on peut les comprendre. Je ne leur jette pas la pierre. Personne ne peut savoir ce qu’il ferait dans une autre société, au milieu d’une autre propagande. Ceux qui pensent qu’ils auraient un résistant en 40, qu’ils seraient des bonzes au Tibet, des martyrs au Maghreb sont bien prétentieux. Pour l’instant vitupérer sur Agoravoxx est nécessaire mais pas héroïque.

    Je viens de regarder « Swing Kids », un film sur la montée du nazisme vue de jeunes qui dansaient le Swing. Ce film est impressionnant de réalisme quant aux chemins des copains, un groupe de swing kids, alors que la propagande et la répression nazi grandit. Bien sur certain rentrent dans le rang, d’autres se rebellent, mais le film n’est pas caricatural.
    Les allemands ont massivement suivi Hitler, après extermination des rares récalcitrants. Ils ne sont ni coupables absolus, ni innocentes victimes. En revanche ils ont été manipulés avec un talent certain et coupable. Ils ont suivi, subi et payé très cher. 

    L’erreur à ne pas commettre, c’est de croire que l’on est pur ou pourri (donc pur), que l’on n’est pas influençable, que l’on ne peut pas changer d’avis. Il est très difficile de résister à une idéologie envahissante, omniprésente et qui a suffisamment écarté ses contradicteurs. J’espère ne jamais suivre une route d’infamie, mais aussi rebelle que je sois, je n’en suis pas sur du tout. Cette infamie que l’on nous impose aujourd’hui, j’y résiste.

    Quand à accuser la droite, la gauche, tous dans le même sac, en tant que parti et aussi chacun d’entre eux à titre individuel, nés pourris dès le berceau et mort en traître à la patrie... En général, ceux qui disent cela vous parlerons aussi de la France, sa grandeur, son identité. Merci, je peux descendre du taxi ? Moi je crois à la complexité de chaque individu, je crois qu’il est le résultat d’une histoire qui s’impose beaucoup à lui, que l’on ne se connaît même pas très bien soi-même.

    Et concrètement, maintenant, que faisons-nous ? Nous cherchons les moyens d’agir, en tout cas moi et d’autres amis, mais c’est difficile. Si l’on ne trouve pas comment enrayer cette machine à faire accroire des mensonges, cette machine à faire peur, à opprimer, nous allons le payer cher. 
    Notre responsabilité ? Nous n’en faisons pas assez, nous ne trouvons pas les mots justes, l’argent pour communiquer nos idées. Nous sommes submergés par le flot médiatique. Les gens qui se révoltent, qui s’indignent, ne savent pas quoi proposer. Finalement la majorité vote toujours pour des sangliers ou des éléphants, toujours acquis à l’oligarchie, et nous nous enfonçons. 

    Dites-moi comment fracasser leurs slogangs ! Arbeit macht nie frei, la dette ne doit pas être remboursée, les 35H ne doivent pas passer à la casserole, la retraite ne doit pas passer à 70 ans parce que plus de gens les dépassent etc... Mais le soir on allume sa télé et on entend le contraire, encore et encore. Trouvez-moi des méthodes efficaces au lieu de m’accuser de culpabiliser les victimes. J’ai été réellement offensé par cette accusation, désolé si je me montre aussi quelque virulent.

    Au secours, OB_Ouonne qu’hait nos vies, vous êtes mon seul espoir… mal placé.

    PS : « Arbeit macht frei » veut dire « Le travail rend libre » et était inscrit à l’entrée des camps d’extermination nazis. « Arbeit macht nie frei » veut dire « Le travail ne rend jamais libre ».



  • OB_Ouonne 3 février 2012 15:35

    Mes petits poulets,

    Je lis bon nombre de raisonnements captieux qui me font parfois désespérer. Ne vous méprenez pas, je suis à peu près d’accord avec l’article. La dette a été gonflée par une modification sans précédent historique. J’insiste, historiquement les états créaient leur argent et le distribuaient sur la grande table de casino qu’est un pays. Les sujets se précipitaient sur cette manne, se l’arrachaient, et elle finissait toujours fatalement, après quelques échanges, dans les mains des plus forts ! 

    J’entends »non, c’est pas vrai" ah="ah" ce="ce" pas="pas" que="que" les="les" plus="plus" influents="influents" mais="mais" comme="comme" les="les" forts="forts" loupent="loupent" en="en" ils="ils" ne="ne" bossent="bossent" et="et" font="font" faire="faire" leur="leur" du="du" peuvent="peuvent" se="se" des="des" petites="petites">

    Qu’à cela ne tienne, l’argent atterrissait toujours dans les mêmes poches, mais l’état fabriquait plus d’argent, et on repartait pour un tour. Ce n’était pas le meilleur des mondes, mais ça marchait. Non sans quelques dérapages ici ou là. La création de monnaie a comme conséquence de la dévaluer, il faut donc naviguer entre deux excès : pas de monnaie appauvrit le pays, trop de monnaie génère inflation et dévalorisation.

    Seul grand perdant : le riche. Songez. Vous possédez une certaine grosse somme dans une certaine masse de monnaie. Cette dernière masse augmente  ! En proportion, vous êtes moins riches. Vous passez votre vie à accumuler, et un jour grande inflation, grande création de monnaie : vous fondez ! Là dessus, vous tentez de passer à l’étranger mais zut, la monnaie a fondue aussi... Pauvre riche. Et là vous sortez dans la rue, et vous ne voyez pas de pauvres dans des cartons, mourant de faim, sales, en haillons comme il serait juste en pareille crise. Mais au contraire vous voyez des gens qui touchent les allocations, aides, indemnités, tous fainéants payés avec vos impôts... Là dessus, vos actions baissent suite à des grèves ! Rage indicible ! … Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’avez jamais été riche, vous n’avez jamais eu de gens de maison. Bande d’incapables ! ! ! A votre place, je déprimerais. Je déprime d’ailleurs.

    Cette haine de l’état était, dans ma jeunesse, l’apanage de patrons, de nantis aigris. Elle semblait inaudible et faisait pester les vieux cocos devant leur première chaîne unique. J’ai connu ce temps, je vous jure que je pense à quelqu’un... avec une certaine sympathie.

    Mais dans les années 1970, c’est la révolution libérale qui commence. Avec ruse mais détermination, les riches reprennent la main. La réflexion libérale a commencé dans les années 1920, avec le gentil pépé Friedrich Hayek, et s’est développée dans les salons privés des nantis, accueillants politiciens et syndicalistes corrompus, utilisant toute la science sociale, la psychologie, la connaissance moderne des limites du cerveau humain, pour aboutir à un plan génial : enfin les riches vont reprendre le pouvoir politique !

    Car enfin, nous avons vécu depuis 1789 environ une anomalie de l’histoire. Une parenthèse s’est (entre)ouverte. De tout temps, grâce à des artifices expliqués par La Boétie ou Machiavel, les puissants se confondaient avec la richesse, la monnaie, la loi, la justice, la police, et même la loi divine. Mais les progrès techniques, une élévation hasardeuse de l’instruction populaire par la lecture, grâce à des hommes instruits mais éclairés par des Lumières obliques, tout cela a conduit à séparer (jamais tout à fait) le pouvoir de la richesse (le capital, le patrimoine). Le peuple élit ses dignes représentants qui légifèrent, policent et font justice. Les riches se débrouillent, s’ils n’ont pas perdu la tête !

    Mais voila, tout a une fin, aujourd’hui le capital a mis au point une grande stratégie, à la hauteur de l’élévation populaire qui s’est produite. Et il n’a jamais été aussi riche, avec les fantastiques gains de productivité et les petites mains asiatiques : il peut tout corrompre et il reprend ses droits. Voila ce qu’est pour moi la mondialisation, avec le libéralisme en bandoulière (comme les apparatchiks et dictateurs rouges se drapaient de communisme/fraternité/humanité).

    Oui, mais la démocratie ? A quoi rime-t-elle encore ! Si un homme monte, s’il est suivi, écouté, élu, et qu’il représente un mouvement dangereux, il suffit de l’acheter ! Il viendra manger dans la main des puissants, d’abord il sera intrigué, il voudra comprendre et entrera dans les cercles privés comme opposant redoutable. Puis il sera gagné par la douce chaleur de la corruption. Il changera d’emploi, aura de la promotion, de jolies vacances… Je soupçonne même les possédants d’utiliser la menace, le licenciement, les poursuites en justice (fondées ou non qu’importe), voire pire.

    Ainsi, vous avez le choix désormais entre des polichinelles déjà à genoux devant le « système », comme dirait Marine (joli nom, joli blonde, joli dénonciation mais attention ! Fascisme garanti). Si d’aventure un extrémiste pouvait attirer les suffrages, il serait par avance corrompu.

    Corrompu à quoi bon ? Oui, défendre les nantis. Mais comment ? Que doivent-ils faire ? Pour l’heure, cette année, ils doivent faire de la rigueur budgétaire. Il faut en finir avec l’état ! Le réduire à son expression minimale. Non, on ne va pas faire sauter la démocratie ! C’est bien trop pratique. Les gens peuvent se fâcher sur un polichinelle pour se tourner vers un autre et s’imaginer que tout va changer. Cinq ans après, ils seront déçus et auront oublié, et ils se fâcheront contre celui en qui ils avaient placé tous leurs espoirs ! Ad vitam aeternam…

    Notons que l’étape précédente consistait à brader joyeusement tous les biens de l’état, à privatiser à tour de bras depuis les cabinets ministériels pour ensuite quitter l’état et toucher sa récompense dans la nouvelle entreprise privée que l’on avait créée... Bon, on a parfois pris soin de brouiller un peu les pistes, l’un touche la récompense de l’autre et l’autre celle de l’un (en encore, pas toujours).

    Dans le plan libéral, il y avait aussi la main mise sur l’information. Maintenant les journalistes qui veulent le rester doivent manger à tous les râteliers privés ou publiques, et pour cela doivent faire quelques concessions et ne pas mordre la main qui les nourrit. Voir le documentaire hilarant « les nouveaux chiens de garde ».

    Voila le cadre dans lequel la dette doit être interprétée. Ce n’est pas un hasard, une dérive, une crise, c’est juste une arme dans un arsenal, comme les privations, les délocalisations, l’euro fort (pratique pour délocaliser), le chômage, le contrôle de l’information, la disqualification des discours alternatifs, la peur, le divertissement (l’assotissement aurait dit La Boétie). J’ai cité l’essentiel je crois.

    Je suis désolé de ne pouvoir être optimiste. Je pense que la parenthèse de l’histoire se referme. Le peuple mange le grain empoisonné qu’on lui sert partout gratuitement et ne peut pas comprendre. Un type comme moi, c’est un fou qui crie à la théorie du complot, discrédité avant d’avoir ouvert la bouche ! Alors ne me croyez pas. Regardez, renseignez-vous, cherchez les faits, et réfléchissez. Mais l’information est fortement polluée, les vérités ne sont visibles que chez les extrémistes qui s’en servent avec démagogie et les mélanges avec des mensonges…

    J’ai l’impression d’être un poulet dans un élevage industriel (fermé et éclairé au néon) qui parle à ses congénères du soleil, des ruisseaux, de la forêt d’autrefois et aussi de l’abattoir, des hormones, des épidémies dans les élevages et du génocide de peuples entiers... Où va-t-il chercher tout ça, le poulet ! Ça n’existe pas ! Disent-ils. Les humains, là, sont nos amis ! Ils nous nourrissent, nous vaccinent, nous aiment... gratuitement !

    Les patrons, là, sont nos amis... Ils vous tendent leurs journaux gratuits, vous vendent d’excellent médicaments, de la saine nourriture, de l’eau garantie, des services désintéressés.

    Au secours, OB_Ouonne qu’hait nos vies, vous êtes mon seul espoir… mal placé.


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