Surtout SEPH, si Mélenchon était aussi « génial » que le pense sa fervente admiratrice et véritable groupie, il va falloir nous expliquer POURQUOI s’est-il trompé aussi lourdement sur Maastricht et l’intégration fédéraliste européenne, sur l’euro, sur le souverainisme bien compris, sur les frontières, l’identité, la nation, sur l’universalisme faux nez des intérêts de l’Empire, sur la géopolitique sérieuse effectivement, mais aussi sur le parti socialiste auquel il a appartenu 31 longues années, sur le trotskisme et son entrisme, sur la maçonnerie qui en France n’a plus de raison d’être depuis la chute du catholicisme et monarchie autre qu’affairisme, sur l’antiracisme d’opérette mais à visées éminemment idéologiques, sur le communautarisme qui va de pair et auquel par conséquent il a contribué à donner toute légitimité etc, etc...
Attachons nous à déconstruire la pseudo cohérence et rationalité de vos raisonnements, cher Pilou Camomille.
Déjà, je ne vous ferais pas plaisir en vous disant que je ne partage strictement en rien votre thèse centrale qui consiste à soutenir que Mitterrand aurait contribué à donner des gages en respectabilité au Front national.
Et déjà pour la raison, lui et ses sbires, en conjonction d’intérêts manifeste avec le lobby communautaire pro-israélien, qu’il est l’instigateur d’une des pires manipulations et instrumentalisation de la vie politique française de ces trente dernières années à travers la création effective, promotion médiatico-poltiique et soutien financier sonnant et trébuchant, à l’antiracisme associatif et institutionnel - à multiple vitesses et géométrie variable, SOS-Racisme étant bien évidemment emblématique de cette période. Antiracisme d’opérette qui a copieusement diabolisé à dessein ET le Front national, ET ses thématiques.
Cela non pas parce que Jean-Marie Le Pen était un fieffé antisémite, un fasciste, voire un nazi, cela rétrospectivement, et sauf votre respect, même un enfant de cinq ans ne le crois plus ; mais bien parce que la cohérence d’ensemble de son projet politique pour la France, foncièrement patriote et nationaliste, anti-fédéraliste européen, anti-monnaie unique, souverainiste par essence, ennemi par conséquent de l’oligarchie transnationale euro-mondialiste, pour cette raison en réalité et fort logiquement très réservé sur l’atlantisme (comme le démontre magistralement ses prises de position en politique étrangère) auquel pourtant toutes nos élites sans exceptions ont succombé, ceci expliquant certainement cela.
Voilà la matérialité des faits et des tendances objectives.
Deuxièmement vous donnez le bâton pour vous faire battre lorsque vous invoquez maladroitement le scrutin proportionnel de 86 donnée soi-disant au Front national dans l’optique de diviser la droite et, sous-entendu, assurer bien évidemment le maintien au pouvoir de la gauche : c’est précisément suite à cette modification du scrutin que l’on assista à la pire déculotté législative du Parti socialiste, celui-ci perdant près du quart de ses députés en faveur de la droite RPR-UDF principalement, la coalition de droite gouvernementale à cette occasion passant de 30% à près de 50% du total des sièges de l’Assemblée, signant la plus forte progression de tout l’hémicycle.
Voyez comme votre verbiage pour puceaux est battu en brèche par la réalité des faits.
Ensuite vous ne répondez pas à une interrogation d’importance, ce qui est bien normal puisqu’elle ruine durablement votre pseudo-démonstration : sous prétexte que le Front national de Jean-Marie Le Pen eut pu se retrouver instrumentalisé par la gauche mitterrandienne et l’objet d’une scélérate manipulation (ce qui est nous l’avons vu), qu’aurait-il donc du faire selon voussachant que strictement aucune de ses thématiques sociales, identitaires, macro-économiques, géopolitiques, institutionnelles même, n’étaient reprises - non dans le discours, mais de manière concrète et effective - par aucun des partis dits de gouvernement, fusse-t-il prétendument héritier d’un gaullisme largement trahi encore une fois dans les faits ?
Donc quoi ?
Enfin pour finir, vous courriez le risque de vous ridiculiser en soutenant ici publiquement que le Front national, et Jean-Marie Le Pen, ne furent de TOUS les partis politiques français, de TOUS les dirigeants politiques de premier plan de ces trente dernières années, ceux qui de très loin, d’extrêmement loin, eurent à subir l’entreprise de propagande méthodique et planifiée de disqualification et diabolisation la plus considérable, la plus infamante, la plus disproportionnée, la plus partiale et arbitraire, en définitive, la plus injuste et immorale ?
Maurice Szafran, oui celui-la même qui l’année dernière avait poussé à la démission Philippe Cohen au motif que ce dernier, de concert avec Pierre Péan, avait écrit une biographie de Jean-Marie Le Pen insuffisamment diabolisatrice selon lui (« Le Pen, Une histoire française », qui remettait notamment en cause les accusations de torture en Algérie qu’il aurait pratiqué), vient au secours de Mélenchon jeté au coeur d’une polémique infamante (et Mélenchon sait de quoi il parle, lui qui ne manque jamais d’agonir d’injures celui ou celle qui ne pense pas comme lui) :
Médiapart également, dirigé par un certain Edwy Plenel, ancien trotskiste de la LCR comme nombre de journalistes de sa rédaction (et comme nombre de journalistes, rédacteurs en chef et même patrons de presse des grosses publications françaises, relatif paradoxe lorsque l’on sait que simultanément cette même presse sert les intérêts et fait incroyablement le jeu du néolibéralisme mondialisé), ancien trotskiste comme également un certain… Jean-Luc Mélenchon. Quel est le fameux crie de ralliement du trotskisme déjà : « trotskiste un jour trotskiste toujours ». N’en jetez plus !
Si l’on comprend bien nos tartuffes patentés et autres thuriféraires de la pensée unique dominante (forcément dominante si elle est unique) : M. Mélenchon et sa prose ne sont nullement antisémites. Mais M. Le Pen (et ses semblables) l’était lui par le passé, condamné qu’il fut jadis pour je cite, « antisémitisme insidieux » ?!
Ce que l’on constate en définitive c’est que tout ou partie des agents du Système viennent au secours de Mélenchon, quand les mêmes n’ont cessé inlassablement d’enfoncer Le Pen.
Dans ces conditions il ne faut pas être un génie pour saisir instantanément QUI est l’authentique dissident et résistant à celui-ci. CQFD.
Mélenchon se plaint de devoir subir, à mesure qu’il se rapproche de l’épicentre des responsabilités et des chaines réelles de causalités - c’est à dire de la politique sérieuse - et qui sont liés au marasme ambiante, à la crise systémique actuelle gravissime à la fois socio-économique ET culturo-identitaire parfaitement prévisible et planifiée (pour preuve certains l’avait très bien identifiée il y a plus de vingt déjà, depuis Maastricht au moins, en en pointant déjà à l’époque les vrais tenants et aboutissants), et liés aussi au fait qu’il commence peu à peu à mettre en cause les intérêts fondamentaux très puissants d’une oligarchie apatride et transnationale au forts relents communautaires - n’en déplaise à son humanisme désuet ;
M. Mélenchon donc se plaint en réalité de devoir subir CE QU’IL A FAIT SUBIR depuis tant et tant d’années, lui et une somme innombrable de lâches, de manipulateurs, de soumis et d’imbéciles, à tous ceux - Jean-Marie Le Pen en tête - du camp national et souverainiste, qui s’opposaient résolument aux tendances qu’imposaient le cadre euro-fédéraliste voulu par la technostructure européenne, la mondialisation économique néolibérale comme souhaitée ardemment par ses promoteurs (ce sont d’ailleurs souvent les mêmes), et qui ne manquaient pas à cette occasion de diaboliser avec méthode ses adversaires, d’amalgamer lâchement leurs propos aux pires saloperies passées, de salir et trainer dans la boue leurs auteurs et leur honneur, de les disqualifier par l’usage systématique d’anathèmes aussi monomaniaques qu’ils sont rétrospectivement ridicules (nazis, hitlériens, antisémites donc, fascistes etc…), en plus d’instrumentaliser éhontément l’histoire et la mémoire collective au profit d’une idéologie inique et perverse.
Je n’ose pour ma part soutenir que M. Mélenchon est ou fut un antisémite. Que lui et ses acolytes cessent donc réciproquement de prétendre sonder les coeurs en imputant à leurs opposants politiques ce qui apparait en vérité comme leurs propres turpitudes idéologiques. Là est en effet le comble de la situation pour Mélenchon et la raison pour laquelle, selon ces propres mots, ce « coup est une blessure » : il vient de gouter à son propre poison !