1/ Le renouvellement dont vous parlez n’existe pas : les parc éoliens offshore en France actuellement en construction sur le littoral Atlantique et en Manche (3 GW de puissance installée) prévoient au cahier des charges de l’appel d’offre de l’Etat un plan de démantèlement complet et une remise en état des sites à un état comparable à l’état initial, après la durée de vie prévu de 25 ans. Et s’il n’existe pas c’est bien qu’il doit y en avoir quelques raisons techniques.
2/ Même en cas hypothétique de renouvellement, le coût ne certainement pas aussi « dérisoire » que vous voulez bien l’évoquer, rapporté notamment au nombre substantiel d’éoliennes à remettre à neuf ! 300 éoliennes ne couvrent en effet nullement la production d’un seul réacteur nucléaire. Les éoliennes actuellement les plus puissantes (6 MW de puissance crête) sont naturellement aussi les plus massives (180m de hauteur, 1500 tonnes au total).
3/ Pour équivaloir la production annuelle d’un seul EPR de 1650 MW de puissance, et en prenant en compte leur facteur de charge respectif, il faudrait installer non pas 300 mais près de1000 (963 exactement) de ces éoliennes géantes. Leur masse totale représente 1,5 million de tonnes, soit plus que le bâtiment réacteur et ses annexes de l’EPR de Flamanville.
4/ Pour exemple, le coût total d’installation d’un parc éolien offshore de 83 éoliennes de 6 MW au large de Fécamp coutera la bagatelle de 2 milliards d’€. Il ne produira qu’une fraction de la production d’un EPR. Rapporté à un facteur de charge prévu de 39% (bien meilleur qu’à terre), il ne produira en effet « que » 1,7 TWh, contre 11,5 TWh pour un EPR.
Ce pays est foutu. Le sytème médiatico-politique et la superstructure idéologique sur lequel il est désormais fondé à tout fait pour promouvoir les incompétents, les ignares et sinon les traitres, et tout fait pour placardiser les gens intelligents et de bonne volonté acquis au service de l’intérêt général, indissociable en France de l’intérêt national.
Sauf à faire la révolution et couper quelques têtes (quelque milliers tout de même), rien de bon ne peut plus lui arriver.
« Bon, il faut bien reconnaître que la France est un pays de conservateurs invétérés, on n’imagine que difficilement faire autre chose que ce que l’on a toujours fait. »
Un conservateur invétéré vous répondra que la France, monsieur, est parmi tous les grands pays industrialisés AU MONDE celui qui rejette le MOINS de CO2 par an et par habitant, et pour un coût du KWh moitié moins cher qu’en Allemagne ou au Danemark, qui sont deux des pays où les énergies dites renouvelables sont les plus massives parmi leur mix énergétique ?
Faut-il que je réécrive cette réalité incontournable, imparable, pour que vous ôtiez vos oeillères et cessiez de vous flageller ??!
La décentralisation de la production électrique est une profonde absurdité en contexte de contrainte budgétaire et écologique, mais comme elle est (l’absurdité, pas la décentralisation) contre-intuitive et quelle réclame quelque connaissances et raisonnements construits pour la saisir, et que les journaleux sont précisémment payés pour désinformer le quidam au profit de puissances occultes, beaucoup de démagogues et/ou d’imbéciles peuvent exploiter en toute tranquillité le filon sans risquer d’être contredit.
Si vous lisiez correctement Jancovici, et pas en travers, vous comprendriez qu’il récuse l’idée même de décentralisation. Je vous renvoie donc à ses analyses, en particulier en ce qui concerne le nucléaire et les énergies dites "renouvelables (éolien, photovoltaïque principalement) dont il n’a de cesse de pointer l’absolue inanité.
Pourriez-vous nous donnez le coût total (fourniture/installation/entretien) de votre installation de panneaux solaires par hasard, en y incluant l’onduleur... ?
Mais avant cela quelques ordres de grandeur.
Déjà je peux vous dire qu’avec les éléments que vous nous apportez (notamment panneaux très performants de 211 W/m2, 8652 KWh de production annuelle, 30m2 de panneaux solaires) le facteur de charge de votre installation ne dépasse pas les 16% (15,6 exactement). C’est à dire qu’elle ne fonctionne à sa puissance nominale que 16% du temps sur le total horaire d’une année. C’est bien peu à comparer au 80% de notre parc nucléaire, puisque d’un facteur 5 inférieur !
Dit autrement, cela signifie très concrètement que pour équivaloir la production électronucléaire française avec des installations similaires à la vôtre - ce qui est bien le but dans votre logique de substitution décentralisée de la production - il faudrait prévoir en puissance installée le quintuple de celle dudit parc. En 2016 ce parc dispose d’une puissance installée de 63,13 GW, multipliés par 5 cela donne 315,65 GW.
315,65 GW de puissance nominale cela représente 1,496 milliards de m2 de panneaux solaires/photovoltaïques identiques aux vôtres (211W/m2 crête).
Pour quel coût ? Nous le saurons bientôt, quand vous aurez répondu à la première question.
D’autre part il faut comparer le comparable : un réacteur nucléaire fonctionne 50 ans (60 prévus pour les dernières générations), soit le double d’un panneau. Il faudra donc multiplier ce coût par deux pour obtenir un coût crédible en pratique.
Bien entendu pour nous concentrer sur le seul aspect économique, nous oblitérons volontairement ici le coût écologique - notamment en terme de rejet de CO2, principal gaz à effet de serre et agent du réchauffement climatique anthropique - de la création de près de 1,5 milliards de m2 de cellules de panneaux en silicium, qui réclament de les chauffer à très haute température (1500°C) pour les concevoir.