@CHALOT J’avais bien compris. Pour contextualiser un peu les choses, dans une école située dans une zone d’élevage, les noms d’oiseaux changent de nature. La plupart des gosses, enfants d’éleveurs, font preuve d’ une imagination digne du terroir : pour les quelques extra-terrestres tombés là-bas, des quolibets comme « tête d’endive », « poireau en gelée », « anti-viande » et j’en passe. Là, les réseaux sociaux n’y sont pas pour grand-chose, les traits viennent directement de la famille où l’alimentation (très) carnée semble portée comme un étendard, au détriment de quelques bouffeurs de légumes supposés. Ainsi se construit l’identité de groupe, avec les ferments du rejet de ce qui ne leur ressemble pas. Bien sur le rejet n’est pas légitime, il sert seulement à la cohésion du groupe. Et les adultes dans tout ça ? Rien, néant, nada... Il ne faudrait pas qu’un de ces légumes mal cuit arrive un jour à la Mairie ! J’exagère ? Même pas...
@Grincheux C’est exact, mais on peut difficilement reprocher à ses gosses de 5 à 10 ans d’expulser leur agressivité contenue dans une sphère mentale dont la formation est moins due à la pression de médias délétères qu’à l’indifférence et à l’impuissance de la génération précédente (voire des deux générations précédentes). Ces générations étant elles-mêmes aux prises avec leurs démons : la construction du moi marchandisable et la culture d’un narcissisme passant par ces mêmes réseaux sociaux... Mais ça n’explique pas tout.
Il me semble que votre article sous-estime quelque peu l’évolution du phénomène. Je vis à coté d’une école primaire (jusqu’au CM2) depuis longtemps et j’ai connu pas mal d’instits : tous décrivent l’aggravation du problème, mais aussi son changement de nature. Il a toujours existé une forme de harcèlement tendant à établir une hiérarchie dans les classes, mais souvent circonscrit rapidement par l’encadrement en général. L’évolution des tensions scolaires, qui semble surtout être l’apanage des filles semble devenir quelque chose d’incontrôlable pour les instits. Il y aurait un déplacement de la violence en dehors de l’enceinte scolaire : arrêts de bus, à l’intérieur des bus et entre le terminus des bus et la maison. J’ai vu des cas de violences physiques engendrant des constats de coups et blessures par le Gendarmerie, des altercations haineuses entre les parents concernés et des plaintes déposées par ces mêmes parents. Le corps enseignant semble tétanisé par la situation, pris entre les parents et la hiérarchie. Le dernier cas connu, entre deux fillettes de 10 ans a été réglé par... la conductrice du bus qui a alerté les parents et la Gendarmerie, avant que le sang ne coule. Dans ce cas précis, les parents de l’agresseuse qui semblaient tomber des nues, ont mis d’eux-même fin au problème.