Je compléterai comme ceci : A la limite, un statut public/privé ne me gênerait pas... à quelques conditions. - Assurer une séparation stricte entre la banque de dépôt et la banque d’affaires, en sorte que les dépôts et contrats d’épargne soient garantis à 100%. -Pour la partie dépôt, établir un système de contrôle de gestion par les clients, emprunteurs, etc... lesquels pourraient très bien être élus et rémunérés pour ça. Système supervisé en temps réel par la Cour des Comptes ou autre... -Transparence absolue sur les investissements, transferts, gestion des agences, etc...
Pour la partie banque d’affaires, aucune raison de se laisser refiler les saloperies de 2008, créances pourries, titrisation parfaitement opaque ect... Donc, toute liberté pour ceux qui veulent jouer au casino jusqu’à plus soif, à condition qu’ils sachent sauter en parachute... sans parachute.
Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je serais contrit qu’un contradicteur faussement indigné finisse par s’étrangler.
Il y a quelque temps, bien avant la remontée actuelle des taux je discutais avec une dame, conseillère financière dans une banque. Voilà son discours : - « Nous avons été contraints d’assouplir les conditions d’attribution des prêts aux petites entreprises de manière drastique, sinon nous aurions subi une baisse de souscriptions de 30 à 40% cette année ». - Donc une baisse de vos résultats sur cet exercice ? - « Pas forcément, ce qui compte, c’est le ratio de solvabilité global à terme, le nombre d’emprunteurs qui remboursent bien dans le délai prévu. »
C’était encore l’époque où ils vendaient des prêts immobiliers à la pelle, les taux étant très bas. Autrement dit, vis à vis du conseil d’administration et des actionnaires, ce n’est pas la viabilité des entreprises financées qui est recherchée mais un résultat en fin d’exercice stable ou en progression. On pourrait objecter qu’il est inutile de financer un projet voué à l’échec à court terme. Oui, sauf que ce n’est pas exactement ça : la décision est liée aussi au potentiel de liquidation rapide des biens financés par l’emprunt, et donc à la facilité de récupération des fonds.
Pour en revenir à mon histoire de « clusterisation » des investissements dans les PME et autres, je pense qu’au delà des contraintes réglementaires appliquées aux banques dans ce contexte, il devrait exister une forme de paritarisme incluant aussi bien les banquiers qu’un collège d’entrepreneurs et même les collectivités locales, dès lors qu’elles sont impliquées d’une manière ou d’une autre. On éviterait ainsi des sales blagues du genre emprunts à taux variables indexés sur le franc Suisse de sinistre mémoire.