Le fantôme du génocide arménien hante les Kurdes .... Le rôle du mouvement politique kurde, qui, « depuis ses débuts, remet en cause l’histoire officielle, parle du génocide et du rôle des Kurdes dans ce génocide ». Aussi enthousiaste et zélé fût-il, sans doute le Dr Resit n’aurait-il pas pu applaudir la mort de 160 000 Arméniens sans l’aide de plusieurs grandes familles de Diyarbakir, sans le concours actif de nombreux chefs de tribu kurdes. Ces hommes à qui on promettait – et qui ont souvent obtenu – tel champ ou telle maison après l’exécution du propriétaire arménien. Ces musulmans à qui on garantissait le paradis pour sept chrétiens passés au fil de l’épée. ....
Winston Churchill : quand il était jeune ministre des colonies et que le Royaume Uni dessinait les frontières des futurs Etats arabes libérés du joug ottoman. A coups de ciseaux sélectifs, à partir de critères incluant la richesse du sous-sol en pétrole. Mais aussi en ayant soin de faire parler la sainte devise, jamais usée, de « diviser pour régner ». Il avait de quoi faire entre sunnites et chiites, maronites et orthodoxes arméniens, druzes et nestoriens, alaouites et coptes, Arabes et Juifs. Et puis il y avait les Kurdes qui réclamaient un Etat indépendant. Hors de question. Surtout avec les potentialités en or noir de Kirkuk et Mossoul. Pour les mater, Churchill préconisait les grands moyens (lettre du 19 mai 1919 au War Office) : « Je ne comprends pas cette délicatesse exagérée à propos de l’utilisation du gaz...C’est pure affectation que de lacérer un homme avec les fragments pernicieux d’une explosion d’obus et d’éprouver des velléités...à l’usage de gaz empoisonné contre des tribus non civilisées. L’effet moral devrait être tel que la perte de vie humaine devrait être réduite au minimum... »