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Philippakos

Philippakos

Photographe dans un centre de recherche archéologique, passionné de culture visuelle et de sociologie de l’image. Ancien élève de l’école Louis Lumière. Tente d’insister sur l’absence d’universel dans la perception des images mais aussi sur l’omniprésence du sens, inévitable, des représentations iconiques. Enfin, essaie de prévenir des dangers de la manipulation graphique dont les règles sont souvent bien connues de celui qui l’utilise mais pas forcément des spectateurs qui en sont victimes.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/05/2007
  • Modérateur depuis le 25/05/2007
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Derniers commentaires



  • Philippakos Philippakos 18 août 2007 18:27

    Il est vrai que le mot culture est un peu employé à toutes les sauces aujourd’hui et vous avez raison de citer la culture « footballistique » (ah, non, c’est le rugby que vous citez) un peu comme une caricature. Je crois, pour ma part, que ce qu’on peut comprendre comme culture se situe par rapport à un individu déterminé et ne peut pas être multiplié indéfiniment. Je m’explique : on naît dans une culture disons française (qui implique donc langue, littérature, mode de pensée, etc, etc.). On peut, grâce à des circonstances favorables en intégrer une deuxième, voire une troisième (père et mère de culture différente, résidence prolongée dans un autre pays, etc...) mais cela me semble être un maximum compte tenu de la difficulté de la chose. J’ai constaté que le seul bilinguisme (le vrai qui ne passe pas par la traduction mentale, dans lequel on parvient à penser ou à rêver dans deux langues différentes) est déjà assez rare. Il est généralement accompagné d’un léger moins dans les deux langues (bien que l’ouverture d’esprit soit un plus qui compense largement). Même si un enfant est capable d’assimiler beaucoup de langues sans effort, il les oublie aussi vite, sans même qu’il n’en reste la moindre trace (n’en déplaise au docteur Freud), s’il ne les pratique pas régulièrement. Ceci pour dire qu’une culture, pour moi, ce n’est pas appartenir à une équipe de rugby, c’est un système de pensée globale et, malheureusement, on ne multiplie pas ses systèmes de pensée si facilement. Alors je vous pose la question : rêvez vous en espéranto, pensez-vous parfois en espéranto , ou alors passez-vous par une « traduction mentale » chaque fois que vous-vous exprimez dans cette langue ?



  • Philippakos Philippakos 18 août 2007 06:12

    Voilà, pour la définition de culture, celle que donne l’Unesco : La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. Cette définition bien que large est assez floue et ne précise pas (ou ne cherche pas à le faire) quelles sont les conditions indispensables pour parler de « culture ». Toutefois, beaucoup de ces caractéristiques manquent à l’espéranto : modes de vie, systèmes de valeurs, traditions et croyances. Le seul dénominateur commun à la communauté « espéranto » est donc la langue (c’est déjà beaucoup) et les créations qui en résultent (romans, chansons, films). Est-ce suffisant pour autant ? L’expérience m’a montré que des personnes de même culture, lorsqu’elles sont expatriées, se regroupaient facilement, d’autant plus qu’elles vivent au quotidien une coupure avec leur propre culture qui en vient rapidement à créer un manque affectif plus ou moins traumatisant. Et là, on réalise que ce n’est pas seulement un problème de langue mais un problème de références. Le plus bel exemple en est le comique. Il n’y a qu’à voir un film comique français, à l’étranger, pour remarquer que les spectateurs étrangers ne rient pas aux mêmes moments que vous (non, ce n’est pas le décalage des sous-titres) ni pour les mêmes traits comiques. Et inversement, bien sûr, pour un film étranger vu par un français à l’étranger... Ces différences de références comiques ne toucheraient toutefois que les mots. Les gestes comiques, les situations comiques paraissent assez universels (Mr Bean souvent programmé dans les avions pour un public international). Un prof de la Sorbonne nous disait : la culture commune c’est quand je vous dis « chers amis bonjour », vous me répondez avec un bel ensemble bien rythmé : « bonjour » (allusion à l’émission « le jeu des mille francs » diffusée à la radio pendant des dizaines d’années). C’est un peu simple, mais parfois les choses simples sont plus profondes que les longues dissertations. Raison de plus pour m’arrêter là.



  • Philippakos Philippakos 17 août 2007 19:38

    Bien vu pour l’anglais qui en se simplifiant pour les étrangers s’éloigne de la culture anglaise pour devenir acculturé dans sa version internationale. Preuve aussi, s’il en était besoin, de la forte demande d’une langue universelle, demande qui ne peut que s’accroître avec la mondialisation. Alors, partisans de l’espéranto, vous savez ce qui vous reste à faire...



  • Philippakos Philippakos 17 août 2007 19:23

    Oui, il est vrai que des romans ont été écrits, des films tournés. Est-ce suffisant pour faire une culture ? Il semblerait qu’une culture soit définie par une communauté de traditions qui implique donc un « vivre ensemble ». Mais peut-être faut-il laisser le temps faire son travail. Pour une culture, un siècle c’est très peu.



  • Philippakos Philippakos 17 août 2007 11:21

    Tout d’abord je tiens à remercier tous les participants à cette discussion pour la diversité et la pertinence de leurs commentaires. Ensuite, en y repensant, peut-être l’espéranto réussirait-il à prendre son envol s’il était intégré comme première langue pour une nouvelle génération qui se chargerait vite de le rendre vivant et évolutif. Les plus fervents partisans de l’espéranto pourraient tenter cette expérience avec leurs enfants par exemple. On passerait alors d’une langue apprise en système figé à une langue maternelle, naturelle, à la naissance d’une culture. Cette proposition semble assez incongrue (voire utopique), je le reconnais volontiers. Compte tenu du nombre de locuteurs dans le monde, le risque d’isolement ne serait-il pas démesuré ?

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