D’abord, je viens de relire ma première intervention et j’ai donc eu confirmation que ne pas relire son texte avant de poster, ça craint !!
« Qu’est-ce qui pourra sauver l’amour ? » C’est Balavoine qui chantait ça il y a quelques décennies. Question infiniment plus profonde qu’il n’y paraît. Etant 100 % athée, l’amour est pour moi la seule valeur susceptible de donner un sens à la vie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aujourd’hui, dans l’organisation de notre monde soi-disant civilisé, cette valeur n’a pas la cote. La seule grille de lecture effective est purement pécuniaire. Et comme vous le dites, parler d’autre chose vous fait passer pour un gentil couillon. Pour ma part il y a longtemps que j’ai laissé tomber mon job d’informaticien lyonnais pour m’installer au fin fond du Périgord noir. Les règles du jeux qu’on veut nous faire jouer m’étaient devenues insupportables. Depuis trois ans je cultive mes propres légumes - bon, je suis encore loin de l’auto-suffisance mais ça viendra. Et ici, j’ai effectivement découvert le plaisir d’aller prendre le café à l’improviste chez les voisins sans avoir aucunement la crainte de déranger. L’inverse étant tout aussi vrai. Loin du tumulte urbain et des ambiances de bureau délétères, les liens se tissent tout seuls.
Par ailleurs, je fais un maximum de choses par moi-même, même dans la construction de ma maison, par exemple l’électricité et la plomberie, spécialités assez éloignées de mes compétences professionnelles d’origine. Et j’essaie aussi de payer le moins d’impôts possible en gagnant le moins d’argent possible (ici, c’est facile !!) tant il vrai que l’usage qui est fait de ceux-ci me révolte...
Vous voyez Salsabil que pour ma part, j’ai déjà mis en application une bonne partie de votre programme. Mais cela ne suffit pas. Il me paraît évident qu’il y a urgence à sauver ce qui reste des avancées sociales initiées au sortir de la dernière guerre. Car bientôt il n’en restera plus rien. Au train où vont les choses la régression ne s’arrêtera pas avant qu’on soient nus comme des vers. Quand je dis « nous », je veux parler de tous ceux qui ne font pas partie de l’élite financière et sociale qui a les moyens, à titre individuel, de se mettre à l’abri, ici ou même ailleurs. Il y a urgence aussi à restaurer une démocratie qui mérite réellement son nom, à reprendre le pouvoir aux puissances d’argent pour le rendre à des hommes/femmes politiques qui auraient en ligne de mire autre chose que leur intérêt personnel ou celui des lobbies qui les achètent sans vergogne. Et je sens, et je vois la détresse, l’inquiétude et l’incompréhension qui montent face à cette organisation du monde qui fabrique un océan de perdants pour un îlot de gagnants... C’est cette urgence qui me travaille aujourd’hui. Voir tout tomber sans réagir vite et fort devient inacceptable.
Voilà, pour moi, Salsabil, ce sera un Armagnac, un bien costaud, celui de derrière les fagots ! Et ça, c’est quand vous voulez !
PS : Berlusconi en tant que guignol reçoit le traitement que mérite un guignol. Pas chouette pour autant d’en arriver là.
Non, je n’ai pas suivi l’initiative italienne. Quel en était précisément le but et quel en est le résultat ? Visent-ils l’émergence d’une force politique qui permettrait vraiment de sortir du duel entre bonnet blanc et blanc bonnet ?
J’aime à penser qu’il y a d’autres armes que la violence, surtout au 21° siècle, mais il faudrait les astiquer et les mettre en évidence, pour ceux qui comme moi en sont au stade 3 de l’évolution que j’évoquais plus haut (par quel bout attaquer ?). A quelles armes pensez-vous ?
Il faut d’abord prendre de conscience qu’on est le dindon de la farce. Or la piquouse et les nombreux rappels qu’on reçoit jour après jour, qui nous affirment que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, sont un poison violent qui ramollit le cerveau.
Ensuite il faut se convaincre qu’il va falloir se bouger le cul. Ce qui n’est pas facile tant nous sommes sidérés par l’état de lieux et l’ampleur de la tache.
Après, c’est la façon pratique de s’y prendre qui pose question. Comment attaque-t-on cette falaise qu’est l’organisation avariée de notre société ?
Pour ma part j’attendais avec impatience la grève des routiers, une des rares corporations capables de bloquer le pays et de mettre le feu aux poudres. Evidemment le gouvernement, ayant senti le vent du boulet, à fait le nécessaire pour étouffer l’étincelle. Je pense même que s’ils avaient demandé 25 % d’augmentation il l’aurait eu. Ceci dit, vue la tête de syndicats patronaux, je ne suis pas bien sûr que cette affaire soit définitivement pliée.
A part les routiers, qui peut bloquer le pays ? - Les transports en communs ? - SNCF, RATP, Réseaux de transports urbains - Comme leur situation n’est pas catastrophique par rapport à ceux qui prennent la crise actuelle en pleine poire, je ne les voir pas vraiment jouer ce rôle actuellement. - EDF ? Même remarque que ci-dessus. - Qui d’autre ?
Si l’armée des chômeurs, des virés des listes, des relégués de tout poil, des exploités à 3/4 de smic...etc, était capable de s’organiser, peut-être bien que la donne serait changée. Mais force est de constater que cette armée n’a jamais pu/su se constituer.