On peut défendre l’idée d’une Europe plus sociale sans jeter le bébé avec l’eau du bain.
L’UE n’est pas « ultra libérale », son fonctionnement est démocratique et c’est aux citoyens d’agir sur leurs représentants s’ils veulent plus de protection.
De plus, le principe de subsidiarité permet d’éviter les dérives centralisatrices ,ce qui signifie que l’essentiel des politiques menées reste national.
Ajoutons que l’auteur réduit l’Europe à l’OCDE qu’il présente comme un « big brother » pro-USA , encadrant étroitement les états de ses tentacules capitalistiques.
Seules la CECA et les débuts de la CEE sont évoquées. Pour l’auteur , il ne se passe rien d’important de ce côté après 1956.
Il ne suffit pas d’égréner des faits pour être objectif et crédible. Votre vision d’une Europe totalement inféodée aux intérêts américains et à « l’ultra-libéralisme »(mot totem fétichisé qui chez vous signifie le Diable), vous conduit à exagérer grossièrement le rôle de l’OCDE et minorer systématiquement celui de l’UE.
L’ultra-libéral refuse toute intervention du pouvoir dans le jeu du marché, il considère que seuls les individus et leurs actions comptent ( Thatcher affirmait :« la société, cela n’existe pas »), il ne croit qu’aux pouvoirs locaux et réduit à la portion congrue les institutions centralisatrices.
L’Europe est précisement le contraire de « l’ultra-libéralisme » aussi bien dans son mode de construction que dans son fonctionnement.
Qualifier la construction européenne de processus « ultra-libéral » est un non sens historique.
Il s’agissait à l’origine de réconcilier des ennemis ataviques et de faciliter les échanges dans un cadre très contrôlé par l’Etat.Rien à voir avec une démarche ultra-libérale.
L’Europe s’est faite dans le contexte d’une économie capitaliste et donc libérale ( loi du marché et de la concurrence), cela suffit-il à la diaboliser ?
L’Europe économique a permis d’optimiser les « 30glorieuses » ,d’amortir les effets stagflation et nous protège aujourd’hui des errances américaines.
La seule politique ultra-libérale menée en Europe depuis la guerre est celle de margaret Thatcher, tout le reste n’est que fantasmes à trois euros.
Au passage, très belle photographie de Murat . les bleus sont superbes, l’air hagard de possédé me fait penser à l’autoportrait du jeune Courbet qui traine sur le site depuis quelques jours.
Une pose « d’artiste » très vingtième siècle ( on dirait un polaroïd de Warhol) aux références dixnevièmes ( tiens Baudelaire...).