@Soucougnan Quoi ! vous n’adhérez pas à cette grandiose démonstration à base de Lénine dans le texte et de complotisme échevelé ? J’ai pour ma part adoré ce tango entre « great reset » et « baisse tendancielle des profits ». C’est beau comme un palais du facteur Cheval.
@Lynwec Par ailleurs l’impérialisme ne se résume pas aux bases militaires. Il est aussi culturel, économique, politique et diplomatique. De ce point de vue le moment de plus grande puissance de l’impérialisme américain n’est pas aujourd’hui. Il date de l’immédiat après guerre lorsque les USA pesaient 50% de l’industrie mondiale, occupaient et réorganisaient l’Europe et le Japon, inondaient le monde de leurs productions culturelles et dominaient l’ONU. C’est un tournant dans l’américanisation de nos sociétés. Sans lui pas de Johnny Hallyday ! Vous remarquerez qu’en matière de softpower les russes et chinois sont nuls. Japon, Corée du Sud, Taïwan ont un softpower pas les chinois. La Russie n’a rien à vendre ou si peu depuis la fin du XIXème.
@Lynwec Si votre propos est de dire que l’impérialisme américain domine c’est la réalité. C’est encore la première puissance militaire et géopolitique mondiale. Cela dit, les chinois contrôlent beaucoup plus de monde, autour de 1.5 milliards d’humains, ils ont une armée énorme et un poids diplomatique non moins énorme. Ils veulent contrôler la mer de Chine et s’étendent via les routes de la soie. Les russes beaucoup plus faibles n’hésitent pas à envahir un pays de 45 millions d’habitants. Quant aux centaines de conflits dans le monde on peut relier la plupart à des affaires d’impérialisme. Relisez moi si vous en avez le courage, je n’ai jamais affirmé que la démocratie était parfaite ni que l’impérialisme était une spécialité des dictatures.
L’aveuglement qui est une forme de bêtise est fascinant parce qu’il est sans bornes.
Ceux qui se sont persuadés que les russes venaient combattre des nazis dans un pays qui n’attendait que les soldats de Poutine pour éclater de joie, ceux qui imaginent une Russie tellement menacée par une invasion des occidentaux qu’elle n’avait pas d’autre choix que de réagir, ceux qui voient en Poutine le sauveur des slaves russophones et le bras armé contre l’impérialisme américain sont incapables de regarder la réalité en face.
A savoir, une Russie mondialisée mais qui a raté sa démocratisation, devenue une économie rentière comme les monarchies pétrolières, inégalitaire et corrompue. Un pays en déclin démographique et géopolitique. Un pouvoir obsédé par les vieilles lunes de l’encerclement et la nécessité de reconstituer l’Empire en contrôlant un glacis le plus étendu possible nostalgique du pouvoir de l’ex URSS. De multiples opérations Tchétchénie, Géorgie, Crimée, Donbass mais aussi Libye, Afrique subsaharienne, Syrie.
Côté occidental il y a eu beaucoup de complaisance car les européens voulaient des hydrocarbures facilement et que les USA orientaient toute leur politique vers le Pacifique et en particulier la Chine. Que la Russie devienne autoritaire n’était pas trop un problème tant qu’elle maintenait les apparences.
L’invasion de l’Ukraine a tout changé. Les occidentaux ont compris que la Russie qui jusqu’ici nuisait de loin devenait un véritable problème. La résistance des ukrainiens a fait le reste.
Il est essentiel que la Russie échoue, pour nous tous en Europe et pour les russes qui n’ont jamais demandé à vivre cette situation.
Démocraties contre dictatures, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’Europe se retrouve confrontée à des questions déjà anciennes à ces différences près que les régimes démocratiques y sont fortement implantés et qu’elle connait son passé.
Il y a ceux qui ne savent pas faire la différence entre la démocratie aussi imparfaite soit-elle et la dictature voire le totalitarisme. C’est le cas de l’auteur issu des Emirats arabes unis où la démocratie est inversement proportionnelle au bilan carbone de Dubaï.
Il y a ceux qui vivent en démocratie et voient du totalitarisme partout. Ils deviennent vite de la chair à complotisme.
Il y a ceux qui ne voient l’impérialisme que sous l’angle américain alors qu’il concerne toutes les nations à divers niveaux.
En démocratie la critique est possible, elle participe de l’opinion publique. C’est cette dernière qui a mis fin à la guerre du Viêt-Nam, au soutien des dictatures Sud américaines, aux guerres post 11 septembre par exemple. Rien de tel en dictature où seuls l’échec militaire ou l’enlisement ou des changements au sommet décident des choses.
Partout où elles existent les valeurs de la démocratie occidentale s’imposent : l’Etat de droit, les libertés individuelles, le droit d’expression, les élections libres. Une fois qu’on y a goûté, difficile de s’en passer. Demandez aux habitants de Hong-Kong.
On est bien entendu loin de la perfection parce que la démocratie, c’est la crise permanente et qu’il faut du temps pour apprivoiser cette culture, parce que la démagogie, le populisme, le mensonge sont inhérents au système. On le sait depuis le Vème siècle AV JC avec Athènes. Le cas de l’Inde devrait par exemple nous inquiéter.
Il n’empêche que je préfère l’impérialisme démocratique des USA à celui beaucoup plus inquiétant de la Russie ou de la Chine.