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Pierre-Alexandre Xavier

Pierre-Alexandre Xavier

Editeur pour la jeunesse, rédacteur et essayiste spécialisé dans les sujets de société, je travaille sur les nombreuses révolutions numériques qui bouleversent les médias traditionnels.

Tableau de bord

  • Premier article le 24/10/2008
  • Modérateur depuis le 29/10/2008
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Derniers commentaires



  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 10 août 2009 11:22

    Votre vision est effectivement intéressante et confirme la tendance à la convergence entre les différentes composantes du livre. Cependant, je met un bémol à votre enthousiasme.

    Les auteurs ont certes l’envie d’émancipation et de reconnaissance, mais ils sont également tiraillés par l’envie de ne pas être entraînés dans les complexités de l’édition à proprement dites. La plupart des auteurs que j’ai rencontré ou fait travaillé étaient essentiellement obsédés par deux choses : le pourcentage de droits d’auteurs qu’ils/elles allaient toucher et le montant de l’avance qu’ils/elles recevoir tout de suite. Le reste : contrats, délais, échéanciers, promo, diffusion, distribution, etc. ne les intéressaient d’autant pas que c’est une plomberie aux antipodes des préoccupations d’écrivain.

    Reste le libraire comme éditeur. Je vous rappelle que la plupart des maisons d’éditions actuelles ont commencer comme librairies. Et encore aujourd’hui, certaines ont conservé par tradition leurs librairies. Le problème qui se pose pour le libraire est l’incompatibilité de son fonctionnement actuel de simple détaillant-conseil avec une activité d’éditeur. Et cela ne se limite pas à des considérations de métier mais s’étend à des possibilités d’investissement annuel, puis d’exposition dans un marché saturé.

    Alors, les libraires vont-ils se lancer dans l’édition numérique ? A l’exception de très grandes librairies (Sauramps, Furet...), personne n’aura les reins suffisamment solides pour investir, développer une collection étoffée et devenir concurrent direct de ses propres fournisseurs... Car c’est là le dernier point. L’édition numérique, que les anglo-saxons appellent Small print, n’est pas un segment périphérique pour les innombrables maisons d’édition françaises (y compris celles qui sont rattachées à de grands groupes). Donc si les libraires les plus puissants s’équipent et développent une activité d’éditeur, ce sera au détriment d’autres éditeurs et d’autres acteurs de cette même spécificité. C’est le serpent qui se mord la queue.

    Dernier point, les éditeurs seront-ils enclins à abandonner la manne extraordinaire que représente les 70 ans de propriété intellectuelle après la mort de l’auteur ? Jamais de la vie. Du moins pas en France, où la majorité des auteurs sont auteurs à temps partiel, complètement désorganisés et fédérés dans des sociétés d’auteurs qui empochent des sommes considérables sans rendre aucun service à la plus grande part de leurs sociétaires. La propriété littéraire actuelle ainsi que le droit de préférence ne sont pas seulement des garanties de profit relatives à l’investissement. Elles sont aussi des mécanismes économiques permettant d’assimiler les œuvres à des marchandises et ainsi de consolider un stock. L’abandon des clauses de préférences et de l’allongement de la propriété intellectuelle signifie une perte sèche pour la plupart des éditeurs actuels. Et envisager une contractualisation à deux vitesses (avec une part des auteurs au régime précédent et l’autre part à 5 ans renouvelables) est parfaitement improbable.

    Pour réaliser votre projet, il faudra réunir les conditions suivantes :
    — Fédérer les auteurs en syndicats de type américain totalement indépendants afin de disposer d’un authentique levier face aux éditeurs.
    — Compenser les éditeurs sur une période de 15 à 20 ans avant de passer à une nouvelle législation sur les droits d’auteurs, tout en autorisant les contrats à faire varier la période de propriété à la faveur de la négociation entre les parties.
    — Sortir des mécanismes actuels de distribution (offices, retours, crédits, etc.) et permettra ainsi aux libraires d’investir dans l’édition de niche.
    — Compenser les imprimeurs sur une période de 10 à 15 ans afin d’opérer la transition vers l’impression numérique, permettre aux fabricants d’optimiser leurs productions et réduire les coûts d’investissement par un surcroit de commande.
    Faute de pouvoir mener une telle politique, ce sera la foire d’empoigne. Les initiatives locales resteront marginales. Les gros continueront de s’entretuer comme ils le font aujourd’hui (lire Livre numérique : la guerre des marchands, le silence des éditeurs...) et les victimes collatérales seront légions dans toutes les articulations de la chaîne du livre...



  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 30 juillet 2009 09:45

    N’en jetez plus la cour est pleine. Le billet était succinct, pauvre et pas très bien fagoté, sauf pour le coup du chauffeur de taxi qui plein de bon sens promettait autre chose que des banalités.
    Mais ce que je trouve consternant, c’est l’abondance et la dispersion des commentaires. Ça part dans tous les sens, et de Rocard, vieux et dépassé, qui nous pond une nouvelle manière de compenser le manque à gagner des industriels français (ni plus ni moins ce que faisaient déjà la CSG et le RDS), on dérive dans les fantasmes parano des uns, les hypothèses climatiques des autres, ou les protestations et les atermoiements bien franchouillards.
    Le problème de la taxe ne relève pas de la politique fiscale, mais de la démocratie représentative. On élit un président, des députés, des maires. Mais ce sont des experts, des politiciens à la retraite et des rapporteurs de commissions qui fabriquent les lois et les règles du pays. Il y a comme qui dirait une couille dans le potage. Vous votez pour untel et vous vous retrouvez avec celui ou celle dont vous ne vouliez pas aux commandes du dossier dans lequel vous ne vouliez pas voir sa gueule.
    C’est là la contradition de ce billet. Ça commence par promettre de la prospective et cela n’offre aucune perspective.
    Une taxe carbone n’a rien de nouveau. Et elle génère les fonds nécessaires à financer de réels efforts d’amélioration du climat. Parce que personne ne veut donner. Personne. Ni les gros, ni les petits. Et comme les gros, mondialisation oblige, on ne peut pas les forcer... Ce sont les petits qui vont payer. Ça en fera encore moins pour les gros (qui vivent aussi sur le dos des petits)...
    Ce qui est dégeulasse, c’est le procédé non-démocratique. Pas de consultation, ni négociation, ni pédagogie vis-à-vis des cochons payants, les contribuables, les citoyens... le peuple. Les premières propositions prospectives devraient se trouver à ce niveau.
    La culture de masse c’est fini. La politique de masse aussi. Les citoyens ne sont pas des imbéciles, ni des enfants, ni des pigeons... Quoiqu’en lisant les réactions à ce billet, on peut en douter...



  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 20:44

    Et vous Bois-Gusibert, vous avez commencé par quoi ?



  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 20:41

    Vous avez raison.
    Nous devrions revenir à la tradition orale et conserver les livres pour l’élite qui les lit. Après tout, tant qu’à faire dans l’humanité de la relation à la culture, vaut mieux avoir une relation directe avec les producteurs de la culture. Non ?

    J’aime beaucoup le couplet sur le livre comme dernier rempart contre l’autre monde...



  • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 12:43

    C’est un excellent point de vue.
    Mais je me permet deux remarques.
    La première est évidente : Internet permet à des populations exclues de la culture et du savoir d’accéder à une manne extraordinaire qu’elle peut imprimer avec les moyens du bord.
    La seconde est en creux de votre point de vue (qui reste excellent) : en conservant les réseaux commerciaux de distribution papier doublé par l’actuelle politique de propriété intellectuelle, les populations exclues de la culture et du savoir n’ont pas l’ombre d’une chance d’accéder ne serait-ce qu’aux trésors du domaine public. A eux seuls, ils combleraient les besoins de base de millions d’Africains francophones... Pour l’instant, il leur faut importer des livres et surtout... les payer.

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