Très franchement, c’est devenu gonflant toutes ces études qui se disent toutes sérieuses, et qui pourtant disent tout et n’importe quoi, et se contredisent sans cesse.
Le fait est que le phénomène (si phénomène il y a) est complexe et que personne n’en perçoit tous les tenants et aboutissants. Dès lors, soit on a une approche scientifique et on la met en veilleuse, soit on a une approche journalistique et on blablate indéfiniment pour vendre du papier, fut-il numérique (après tout, il faut bien vivre), mais il ne faut pas prétendre à être crédible.
Par ailleurs : "Autrement dit, chacun est le créateur de sa propre monnaie, selon le
principe d’équilibre qu’un droit implique un devoir et un devoir
applique un droit !"
Ça peut éventuellement être vrai si vous travaillez exclusivement au noir. Dans le cas contraire, il faut se déclarer, payer des taxes, et des impôts. Et si vous créez votre propre monnaie pour ça, vous êtes un faux monnayeur, c’est du pénal. Quoi que vous en disiez, vous devez utiliser les instruments monétaires légaux, dont les règles de fonctionnement vous sont hors de portée.
J’ai une autre vision des choses qui parlera certainement plus au lecteur lambda.
« Argent » ? C’est quoi, au juste ?
Il n’y a pas d’argent, il n’y a que de la dette de banque.
Le chiffre sur votre compte en banque, c’est ce que votre banque vous
doit parce que vous avez consenti à lui laisser vos avoirs : mais
concrètement vous n’avez rien dans les mains.
Le chiffre sur votre billet de banque (ou sur vos pièces, c’est
pareil), c’est ce que la BCE vous doit : concrètement, tout ce que vous
avez dans les mains, c’est un morceau de papier, une reconnaissance de
dette.
Ce qui fait la « valeur » de cette dette de banque, c’est le cours
légal, qui impose par la force de l’utiliser comme instrument monétaire.
On n’en a donc pas conscience, mais nous avons fondamentalement une
monnaie de régime autoritaire et répressif, et non une monnaie de pays
prétendument libre.
Tant que les gens utiliseront le mot « argent », ils s’imagineront
qu’ils ont réellement quelque chose dans les mains, de valeur et
indépendant de toute influence et prise d’intérêt externes (notamment
des banques), comme pouvaient l’être les pièces d’or autrefois. …et ils
se feront enfumer. Utiliser le mot « argent », c’est du
novlangue.
Utilisez « dette de banque » au lieu de « argent » dans vos réflexions, vous verrez, ça éclaircit pas mal de choses.
Concernant ces retraits de billets, on retire en fait aux banques
privées leurs créances sur la BCE, qui leur servent de « matière
première » pour émettre leur propre dette avec un monstrueux effet
levier (la réserve fractionnaire). On retire mécaniquement d’autant la
quantité de monnaie en circulation, ce qui n’est pas forcément le mieux
pour l’économie…
Ça peut être sympa de se dire qu’avec un bank-run on va faire fléchir
une banque, mais il ne faut pas perdre de vue que dans ce système
monétaire basé sur la dette et le cour légal, leur dette c’est nos
avoirs, notre capital, nos échanges commerciaux quotidiens.
Souhaiter un bank-run sans réfléchir d’abord à une réforme profonde du système monétaire,
ça n’est donc vraiment pas malin, car c’est le chaos assuré, et ce ne
sont pas les politiques et banquiers qui trinqueront en premier, loin de là,
mais bien le citoyen ordinaire.