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qyutiun

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Tableau de bord

  • Premier article le 14/01/2008
  • Modérateur depuis le 03/04/2008
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Derniers commentaires



  • quen_tin 24 janvier 2010 19:58

    Non je ne crois pas que les hommes politiques doivent avoir un sens de la communauté (ce que vous appelez, vous, « être rationnel » mais qui ne l’est que si on se place d’un point de vue « au dessus de tous », pas dans une perspective individuelle). Je ne fais qu’établir un constat : ils sont élu pour ça et en ont donc la responsabilité, c’est donc eux qu’il faut blâmer si ils ne l’ont pas. Mais je ne dis pas qui doit faire quoi.

    Les dirigeants des grandes entreprises ne sont pas élus. Vous pouvez trouver qu’ils sont en partie responsables des dérives de nos sociétés, et je partage ce sentiment, mais je suis conscient que si l’un d’eux n’était pas là, un autre prendrait sa place dans la minute. Que si l’un d’eux se prenait à devenir responsable (à penser à l’environnement et au social) son entreprise perdrait en compétitivité, et qu’une autre entreprise moins scrupuleuse la remplacerait.

    Je déplore ceci autant que vous. Seulement il est important de comprendre que nous avons affaire à des mécanismes, et qu’il est vain de dénoncer tel ou tel coupable, parce immédiatement un autre prendra sa place : c’est bien le système capitaliste lui même qui est en cause, les acteurs n’y font que jouer leurs rôles.

    La solution aux dérives de ce système ne peut pas venir de l’intérieur du système, puisque l’on voit vient que nous avons affaire à une mécanique. On ne peut pas guérir ce système sans en changer les règles.

    S’il existe un moyen injuste de gagner dans un jeu, il ne faut pas blâmer ceux qui l’utilisent et compter sur la bonne volonté de tous les joueurs : il faut changer les règles. Or il se trouve que la définition des règles du jeu du monde économique est du domaine du politique. C’est donc de là que doit venir la solution.

    La question n’est pas : pourquoi Total ne respecte pas l’environnement et pourquoi Renault ne respecte pas le tissu social ?
    La vrai question, c’est : pourquoi est-on plus compétitif quand on ne respecte pas l’environnement ? Et pourquoi une entreprise se porte-t-elle mieux quand elle ne fait pas du social ?



  • quen_tin 24 janvier 2010 16:11

    Personnellement je suis capable de me fixer des buts en fonction de mes intérêts, de manière rationnel, de faire des choix en utilisant des critères objectifs, de mettre de côté mes émotions, de prendre du recul par rapport à une situation ou à mon environnement. Il ne s’agit pas de qualité exceptionnel, en réalité je suis persuadé que chacun de nous les possède : c’est ce qui fait de nous des êtres humains adultes et responsables. Non pas que l’environnement et les émotions n’aient aucune influence sur nous, mais chacun d’entre nous est capable, en plus ou moins grande mesure, de s’en détacher et d’utiliser sa raison. Ce que vous affirmez sur le comportement humain ne possède aucune justification scientifique : nous sommes tous, au moins en partie, des êtres rationnels.

    Du point de vue d’un individu, la maximisation du profit est un but rationnel. Elle ne l’est pas du point de vue collectif, mais ce point de vue là ne concerne qu’indirectement l’individu. Il n’y a là aucune incohérence. Un individu raisonnablement égoïste, raisonnablement altruiste ne s’intéressera que moyennement à ce que les richesses de son pays soient bien réparties. Il acceptera cette idée en tant qu’idée juste dans la mesure où ça ne l’affecte pas trop négativement. Il s’intéressera par contre beaucoup plus à voir son propre pouvoir d’achat augmenter ainsi que celui de ses proches. Ca ne fait pas de lui un être irrationnel, bien au contraire, mais seulement quelqu’un de plus ou moins dénué d’idéalisme.

    Par conséquent la redistribution des richesses ne peut pas être un but rationnel pour un individu raisonnablement égoïste, ça ne peut l’être que pour quelqu’un s’intéressant en priorité au devenir collectif, c’est à dire pour l’homme politique, dans la mesure où il assume son rôle social, celui d’oeuvrer pour le bien de tous. Et nous voyons bien, de nouveau, que les causes de la crise ne peuvent être imputées qu’aux hommes politiques, simplement parce qu’on ne peut reprocher à personne, dans un pays libre, de privilégier son intérêt propre plutôt que l’intérêt collectif... A personne, si ce n’est à un homme politique, dont c’est justement le métier, dont c’est la promesse, promesse sur laquelle repose implicitement toute élection démocratique.



  • quen_tin 22 janvier 2010 16:07

    Autre chose : il me semble que Sapir a un discours social.

    Lors de la conférence il a développé l’idée suivante : les pays émergents n’ont pas de politique sociale aussi développée que la notre, ce qui explique les délocalisations, par un régime fiscale plus avantageux et par des salaires plus bas. Mais à moins de leur faire la guerre, nous ne pouvons pas les forcer à adopter une politique sociale comme la notre. Sapir propose donc de rétablir une forme de protectionnisme pour contrebalancer ce déséquilibre, proportionnellement à la différence entre salaires/protection sociale et productivité.

    On voit bien dans son raisonnement qu’il est favorable aux politiques sociales, même s’il ne le dit pas clairement (je pense que ce n’était pas le sujet central de la conférence voilà tout). Vous lui faites donc un mauvais procès.

    Pour finir, cette accusation d’avoir été « formé par Dassault » me semble complètement irrationnelle pour le coup, ou alors apportez nous des éléments concrets.



  • quen_tin 22 janvier 2010 15:34

    Pour moi ce sont plutôt les philosophes qui définissent notre irrationalité, pas les scientifiques. Ou alors j’aimerai avoir vos références.

    On définit la rationalité comme le fait d’avoir une conduite cohérente, voire optimale, avec des buts recherchés. Celle-ci dépend donc des buts fixés.

    On ne peut pas dire que la maximisation des profits, ou encore la distribution des richesses, est ou n’est pas rationnel. Ces deux choses correspondent à des buts différents, donc on peut être rationnel en poursuivant l’un ou l’autre de ces buts.



  • quen_tin 22 janvier 2010 11:50

    J’étais à cette conférence.

    Sapir dit simplement que la crise découle uniquement de comportements rationnels, mais individuels. Ce n’est pas parce que tout le monde est rationnel qu’il ne peut pas y avoir de crise. C’est en quelque sorte l’absence de rationalisme collectif (c’est à dire l’individulisme des acteurs) qui est à l’origine de la crise, ou encore le cadre, les règles du jeux au sein desquels les joueurs jouent qui favorisent cet individualisme et qui sont définies par les hommes politiques. La source est donc bien politique.

    Ainsi il est tout a fait possible qu’un jeu commence à déconner même si toutes les actions des joueurs sont parfaitement rationnelles, simplement parce que les règles du jeu sont définies d’une certaine façon qui provoque certains mécanismes néfastes.

    Je ne pense pas que Sapir dise que tout le monde est tout le temps rationnel en permanence, évidemment ce n’est pas le cas, il réfute simplement l’idée que la crise soit causée par des comportements irrationnels. Les principaux acteurs de l’économie ou du monde financier ont quasiment toujours des comportements qui suivent les principes de la rationalité économique (la maximisation du profit).

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