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Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
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Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 février 2022 19:26

    @titi
    Bien vu.
    Le cadrage administratif et territorial est artificiel dans un pays qui compte soixante ethnies (https://www.alternatives-economiques.fr/repartition-simplifiee-principaux-groupes-ethniques-mali-nombre-de-population-0101201776705.html) dont la signification est très complexe, comme partout en Afrique (https://www.persee.fr/doc/hom_0439-4216_1962_num_2_2_366487), avec 78 langues qui ont en commun le Français, ce qui fait dire du Mali qu’il est le pays le moins...francophone.

    Quant à l’artificialité des frontières, on lira encore ce très bon papier de ce très bon spécialiste de la question qu’est Michel Foucher :
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20141222-michel-foucher-frontieres-artificielles-afrique-forum-dakar-paix-securite

    Plus précisément, et l’on aborde ici un principe du droit international qu’est l’ uti possidetis juris dont se moquent complètement les bandes armées de pillards, gangsters et terroristes qui circulent en moto et pick-ups Toyota « technicals » avec affuts de mitrailleuse sur plateaux radiotéléphones Thurayaet GPS, je vous propose de lire le très bon article qui suit :

    http://www.academiedegeopolitiquedeparis.com/en/afrique-frontieres-etatiques-territoires-et-conflits/

    La France a bon dos et ne saurait être éternellement responsable de ce bazar africain qui ne craint qu’une chose : la foudre des drones.

    Cordialement,
    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 février 2022 19:08

    @Durand et Microf

    Il me semble que vous oubliez tout un ensemble de travaux très importants accomplis dans le delta central du fleuve Niger avec de nombreux ouvrages hydrauliques qui ont été, hélas, abandonnés après les indépendances.

    Pour avoir rencontré des ingénieurs chinois sur place j’ai vu un bureau d’études techniques qui travaillait avec des relevés hydrographiques et topographiques qui dataient des années...1920.

    "Parcourant une large partie de l’espace soudano-sahélien, le fleuve Niger a nourri, par ses ressources, des Empires qui ont marqué l’histoire africaine (Sanankoua, 1990). Il est encore aujourd’hui à la base des moyens d’existence de nombreuses communautés humaines. Dès les années 1920, d’importants aménagements hydrauliques ont été planifiés, puis réalisés (Sotuba en 1925, puis Sansanding/Markala en 1947), sur le cours moyen du Niger, au Mali, pour permettre l’irrigation agricole à large échelle. Après les décennies 1950 à 1970 qui ont été dominées par les soucis d’entretien des infrastructures existantes, la période allant de 1980 jusqu’à nos jours a vu la relance des aménagements, avec la mise en fonctionnement de nouveaux ouvrages (Sélingué en 1981 et Talo en 2006) associés au développement d’espaces irrigués, sans oublier l’extension apportée, dans une grande ampleur, aux périmètres existants. Par ailleurs, plusieurs nouveaux barrages, notamment à Fomi sur le Haut-Bassin (en Guinée), attendent un démarrage prochain de leur construction. En un siècle, le cours supérieur et moyen du fleuve Niger sera passé, selon un processus d’abord lent puis de plus en plus rapide, du statut d’écosystème naturel à celui d’un système d’eau fortement artificialisé et régulé (Ferry et al., 2012).

    2 Les aménagements du fleuve ont contribué à la création de nouvelles activités économiques pour le pays. La filière coton dans ses débuts, puis la filière riz et enfin la canne à sucre aujourd’hui doivent beaucoup aux ouvrages hydrauliques et à l’Office du Niger. Cependant, malgré l’existence d’une agence inter-États pour la gestion coordonnée de l’ensemble du bassin, la cohérence des politiques récentes déployées sur le Haut et Moyen-Bassin du Niger au Mali méritent d’être questionnées, aussi bien au regard du choix implicite du modèle de développement de l’agriculture que de la gestion de la ressource en eau."

    Lisez la suite ci-après :

    Droy Isabelle, Morand Pierre, « Les grands aménagements sur le fleuve Niger : atout pour le Mali ou facteur de vulnérabilité pour ses populations rurales ? », Mondes en développement, 2013/4 (n° 164), p. 57-70. DOI : 10.3917/med.164.0057. URL : https://www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2013-4-page-57.htm


    Par ailleurs, ainsi que l’explique un remarquable spécialiste de l’hydrologie du Delta intérieur du Niger et des grands fleuves d’Afrique,Gil Mahé, "il est indispensable de repenser le lien que nous avons avec les barrages, qui ne peut plus être celui que nous avions il y a 50 ans. Les modifications à venir du régime du fleuve qui découleront des prochaines constructions d’ouvrages, doivent s’accompagner d’études approfondies sur le devenir des surfaces inondées et agricoles dans le delta, et des conséquences pour les populations locales qui vivent encore très nombreux au rythme de la crue du fleuve des fleuves."

    https://www.initiativesfleuves.org/actualites/gil-mahe-ird-delta-interieur-niger-milieu-naturel-exceptionnel/


    Quant au reste, il y a ceci :

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/22/au-mali-le-delta-du-fleuve-niger-a-la-confluence-des-maux-saheliens_6077671_3212.html


    On peut toujours tout critiquer mais, honnêtement, la France a bon dos, n’est-ce pas ?

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 février 2022 15:02

    @microf

    La France est-elle en train de devenir un pays sous-développé ?

    Réponse ici :

    La France est-elle sous développée ?

    Alors qu’elle pensait avoir une des meilleures médecines du monde, la France aurait-t-elle une médecine sous-développée ? Les dépenses de santé représentent 11% du PIB de la France. Quatrième pays au monde par rapport au PIB. Douzième pour les dépenses par habitant, 7ème pour les dépenses publiques par habitant. Ce ne sont pas les moyens qui manquent[1].

    Aurait-on sacrifié la santé sur l’autel des comptes publics ? Etrange manie de voir une politique de rigueur dans le dérapage permanent des comptes publics. Aucun pays n’a été si constant dans le déficit depuis 1974. L’économie n’étant pas de la comptabilité, il n’est pas impossible d’avoir sacrifié les services publics à force de creuser les comptes publics.

    Premier indice : Le nombre de médecins, 3.2 pour 1000 habitants, est dans la moyenne des pays développés, sans plus. Plus de dépenses, mais pas plus de médecins. Moins qu’en Allemagne (4.1). Moins d’infirmiers : 10/1000 en France, 12 en Allemagne. Moins de lits : 6.5/1000 pour 8.3/1000. Cela n’a l’air de rien, mais c’est 20% de différence.

    Peut-on se comparer au Maroc ?

    Il ne faut pas se comparer aux Allemands, trop riches, trop disciplinés. Aux Suisses non plus. Impossible aussi de se comparer aux Coréens, ou aux Japonais. Des fourmis, avait dit Edith Cresson.

    Peut-on se comparer au Maroc ? Ils n’ont que 0.7 médecin par habitant. Chaque année, 10.000 Marocains décèdent d’une maladie bien connue, l’hépatite virale. Pourtant, le Maroc a été le premier pays à obliger toute la population à mettre un masque. Non seulement ils en avaient commandé, mais -comme les Taïwanais, Japonais, Coréens, Allemands, Belges, etc… Ils ont même commandé des machines pour en fabriquer eux mêmes. Même attitude pour le gel, les respirateurs artificiels, les tests et la chloroquine. C’est presque déloyal.

    Toute commande de masque, prescription de la chloroquine, admissions dans les hôpitaux, réception des machines, autorisation de tests, tout, absolument tout doit avoir l’aval de l’ARS, ces préfectures de la santé, et du Préfet. Et celle du ministre. Pauvres rouages exténuées d’un système qui prend beaucoup d’énergie et cumule les retards. S’il y a autant de dépenses, c’est peut-être que l’on paie, dans le système de santé aussi, un coût d’organisation, de bureaucratie, de contrôle, superflu. Il ne s’agit pas de dire que c’est la faute de l’administration, mais celle d’un surdéveloppement. La gestion, en économie comme en médecine, comme en politique, l’a emporté. La capacité d’adaptation, malgré les miracles des équipes médicales, est entravée. Ce n’est donc pas la médecine qui est sous développée, c’est notre réactivité.

    Le sous développement politique

    Deuxième indice : Un député a récemment lancé « il faut désormais choisir entre la 5G et la santé ». C’est clair : il faut choisir la santé, donc la 5G. Pas de 5G ? Ni de 4G ! Ni de portable ! Et l’électricité, on la garde ? Si on renonce aux technologies les plus performantes, aux économies les plus innovantes, nous aurons la médecine du sous développement.

    Sous développement encore de la réflexion politique : Faut-il vraiment mobiliser 180.000 policiers et gendarmes pour le dimanche de Pâques ? Faut-il envoyer les hélicoptères dans la montagne sanctionner les randonneurs ? Faut-il traiter le Cantal, où il n’y a pas un cas, comme le Bas-Rhin, sinistré ? La liberté de circulation est supprimée, le Parlement est en congé, le Conseil constitutionnel, les tribunaux, aussi. Plus de droits de la défense, mais libération de 8.000 prisonniers. Pourquoi maintenir les policiers en service et pas les juges ? Si l’Etat n’est pas la justice, qu’est ce que c’est ? Avec les milliers de procès qui s’annoncent, il faudra ou confiner la justice, ou investir dans les tribunaux. Et peut-être même remettre le droit à l’endroit. Parce que ces derniers temps, il a un peu souffert.

    Troisième indice : Le confinement général n’a été décidé que parce que le confinement fin, intelligent, local ; la mise à disposition d’équipements pour le personnel soignant, pour la population exposée, n’a pas été fait. Au contraire de bien d’autres pays. Il ne faut pas prendre l’exemple des pays asiatiques parce que, parait-il, ils seraient trop différents. Mais l’Autriche, l’Allemagne, la Pologne, la Grèce, le Portugal, etc… sont-ils si différents ? Même pas d’attestation de sortie ! Des inconscients ? Ce qui n’empêche pas de belles régressions politiques : les Hongrois confient tous les pouvoirs à Orban, le gouvernement italien tente la censure. Bientôt le passeport intérieur ?

    Une urgence : Organiser le déconfinement

    Ne jamais oublier que les mesures de l’état d’urgence doivent être proportionnées. Organiser le déconfinement, pas à pas, est la première tâche du gouvernement.

    Il est donc à craindre que la crise sanitaire révèle un sous développement politique, ne serait-ce que dans notre capacité d’analyse et de réaction.

    Dans le domaine économique, on va dépenser des milliards. Des milliards que l’on n’a pas. Premier enseignement : les pays qui ont des finances saines sont mieux armés que les autres pour affronter la crise. Deuxième leçon : investir dans les industries du futur. Pas celles d’hier. Mettre des milliards dans Air France et Renault, soit. Mais surtout dans les nouvelles technologies. Faire en cinq ans, ce qui était prévu en dix : biotechnologie, intelligence artificielle, nouveaux matériaux, université, recherche.

    Et aussi, des milliards pour la vie des gens : des logements, des transports, le Grand Paris, le tunnel avec l’Italie, ce que l’on devait construire en dix ans, qu’on le fasse en trois.

    La relance ? Les industries de demain, pas celles d’hier.

    Enfin, ces milliards de crédits (qui sont possibles grâce à l’Europe et à l’Allemagne), permettrait d’oser une politique internationale. Vers l’Afrique, la Méditerranée : plus qu’une politique de santé, une politique énergétique, écologique, urbaine, maritime, migratoire, etc…

    Après la crise, la relance à crédit ? Ce ne sera supportable que si ces crédits ne sont pas là pour compenser des pertes mais pour provoquer des gains.

    Santé, économie, politique, la France n’est pas en voie de sous développement, mais elle n’est pas à l’abri. Le sous-développement, et son contraire, le développement, est d’abord, comme l’amour, cosa mentale (dans la tête). C’est le moment d’y réfléchir.

    Laurent Dominati, Editeur.Ancien ambassadeur, ancien député.

     

    [1] Source : OCDE, Banque Mondiale.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 février 2022 14:54

    @titi

    "Ce qui se passe au Mali c’est un conflit ethnique.
    Qui finira comme tous les conflits ethniques en Afrique : un bon génocide.

    « 

    Bien vu.

    D’où la nécessité de prendre en considération le précieux conseil de Bernard Lugan en évitant de se trouver »poissé« une fois de plus dans une version revisitée, façon Tutsis Vs Hutus ou »Darfour« et Jenjawids première période, Tamaskeks/Bellah (esclaves) contre Touareg sur fond d’islamisme revigoré où, de toute manière, la France aura toujours faux.
    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-la-revolte-des-esclaves_1249313.html
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/mali/l-armee-malienne-torture-et-tue-les-soutiens-des-islamistes_252173.html

    Quant au Darfour, tout va bien.
    les anciens »vilains" sont devenus présentables :
    https://lundi.am/Conference-de-Paris-sur-le-Soudan

    Bien à vous,
    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 février 2022 14:41

    @titi

    Nous verrons ce qu’il adviendra de ce qui commencera peut-être par des escarmouches pour « tester » le nouveau venu, suivies de réponses qui (je puis me tromper), seront sans doute musclées, enclenchant ainsi un nouveau cycle d’escalade etc.
    Il y aura des véhicules détruits par des « IED », des engins ensablés dans le fech-fech, des actes héroïques, des communiqués exaltant la lutte contre les « mécréants », en bref, rien de franchement nouveau.
    Quant aux forces armées, les nôtres, beaucoup plus utiles pour assurer la sécurité des banlieues métropolitaines envahies de ronces, sans doute seront-elles à la fois tristes d’avoir quitté leurs camarades de combat et heureuses de ne pas s’enliser dans un « merdier post-colonial » sur lequel un pouvoir civil et des dirigeants politiques d’une nullité affligeante n’auraient pas manqué, une fois de plus, de poser une pierre tombale.

    Bien à vous,
    Renaud Bouchard

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