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Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

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  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
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Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 février 2022 12:17

    Renaud Bouchard

    Suite ;

    Le Canard Enchaîné a publié le 24 juin un article citant ces diplomates :

    "Erdogan est le seul à jouer franc-jeu, sans dissimuler ses ambitions géopolitiques, militaires, pétrolières et gazières. Y compris en mer Méditerranée, au large de la Libye et près de Chypre« .

    Dans sa chronique sur France Inter, Jean-Marc Four poursuit ainsi :

     »Plus récemment, on ferait mieux de se taire aussi à propos du viol de l’embargo sur les armes. Vu que plusieurs indices témoignent d’une aide militaire française au maréchal Haftar : la mort à Benghazi de trois membres des services secrets français en 2016 et la découverte sur place de missiles américains vendus exclusivement à Paris".De surcroît, le journaliste a expliqué que "Enfin, le soutien diplomatique français à peine dissimulé au maréchal Haftar ces dernières années, pose question. Puisque le pouvoir libyen reconnu légitime par l’ONU, c’est l’autre, le gouvernement Sarraj, celui que soutiennent les Turcs. Donc à ce compte-là, Ankara est plus légaliste que Paris. Et peut ironiser en disant : "C’est plutôt la France qui joue un jeu dangereux en Libye".Par ailleurs, le journaliste français a souligné que "à cause de son soutien à Haftar, la France se retrouve désormais "engagée aux côtés de partenaires douteux« . »On peut objecter que le droit c’est secondaire et qu’en politique, seuls les résultats comptent. Admettons. Sauf que là non plus, côté résultats concrets, la France n’a pas de leçons à donner. Sur le terrain, on a misé sur le mauvais cheval. En pariant plutôt sur Haftar parce qu’on veut un homme fort à Tripoli face aux menaces djihadistes venant du Sahel. Paris n’a pas fait le bon calcul« , a-t-il martelé. »Par-dessus le marché, la France s’est brouillée par la même occasion avec l’Italie qui elle est restée opposée à Haftar. Ça va un peu mieux maintenant, mais la plaie n’est pas totalement cicatrisée. Et l’Europe reste cacophonique sur le sujet libyen".La France, qui joue un rôle très ambigu en Libye, contrairement à ce qu’elle affirme, un rôle qui est loin d’être irréprochable du point de vue de l’embargo d’armes et de ses liens avec des régimes très contestables du Moyen-Orient, est en train de se marginaliser sur ce dossier. Ses partenaires européens et dans l’OTAN ne partagent pas forcément la position anti-Turquie de Paris, du moins pas avec la même virulence, et estiment que le véritable danger en Libye est la présence de la Russie."

    Source : https://www.aa.com.tr/fr/analyse/analyse-de-sarkozy-%C3%A0-macron-lh%C3%A9ritage-du-chaos-sur-les-terres-libyennes/1890539

    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 février 2022 12:16

    @agent ananas

    Et voilà pourquoi votre fille est muette...

    L’intervention internationale et le rôle de l’OTAN

    Le drame de la Libye, nombreux l’oublient ou l’occultent, notamment en France, a été planifié, programmé et exécuté en 2011, par l’Élysée qui y a impliqué l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, sous prétexte de débarrasser ce pays du Colonel Mouammar Kadhafi, ce « dictateur » que la France avait pourtant, peu de temps auparavant, accueilli en grand chef d’État, lui ouvrant ses jardins pour qu’il y installe sa tente.Dans la forme, à la suite d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU à laquelle personne – pas même la Russie et la Chine – ne s’opposera, une coalition de 50 États se donne les moyens d’arrêter ce qui s’annonçait comme une catastrophe à grande échelle.Sur les interventions militaires en Libye, la confusion règne. Il n’y a pas une opération en Libye mais quatre, voire cinq avec la mission Frontex de l’Union Européenne.Le 19 mars 2011, la France, lance l’opération Harmattan, opération aéromaritime « pour protéger la population libyenne contre les attaques des forces du colonel Kadhafi ».Le même jour, les États-Unis démarre l’opération « Odyssey Dawn », avec pour objectif de détruire les positions de l’armée de l’air libyenne et empêcher les bombardements.Toujours le 19 mars, le Royaume-Uni lance son opération « Ellamy », dans le but de frapper les nœuds de communication stratégiques et de systèmes de défense anti-aérienne libyens.Le dernier pays a lancé sa propre opération se trouve être le Canada, avec l’opération Mobile, dans le but de faire respecter la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye ainsi qu’un embargo sur les armes décidés par l’ONU.À partir du 31 mars 2011, l’ensemble de ces opérations des pays engagés en Libye, sont conduites par l’OTAN dans le cadre de l’opération « Unified Protector ».Mais rapidement, notamment à Moscou, les frappes de l’OTAN en Libye ont été dénoncées, estimant que l’OTAN « outrepasse son mandat » en « ne faisant que bombarder », et appelant au plus vite à la phase politique.L’opération a officiellement pris fin le 31 octobre 2011, après que les chefs rebelles, officialisés au Conseil national de transition, aient déclaré la Libye libérée le 23 octobre.

    - La « guerre de Sarkozy » en Libye.Le rôle premier de la France de Sarkozy dans l’intervention internationale en Libye, pour faire disparaitre Kadhafi, est pour certains, la preuve que l’ancien chef de l’État français voulait se débarrasser d’une affaire devenue trop encombrante, à tel point que Nicolas Sarkozy, en 2011, aurait plaidé de toutes ses forces en faveur d’une intervention en Libye.Il s’agissait pour l’ancien président de la République française d’éloigner les témoins gênants, au premier rang desquels figure le colonel Kadhafi.La destruction massive que le président Sarkozy a entreprise et son acharnement à faire disparaître celui qui auparavant faisait partie des convives privilégiés, ont commencé à révéler leurs machiavéliques dessous, à commencer par la disparition des preuves d’un occulte financement d’une campagne présidentielle. Sans compter les perspectives de juteux contrats pétroliers, gaziers et de reconstruction du pays à conclure avec les successeurs du « tyran ».

    - La mort de KadhafI.En août 2011, la capitale Tripoli passe aux mains des rebelles. Kadhafi fuit à Syrte, sa ville natale, plus à l’est.Les bombardements de l’OTAN finissent par obliger Kadhafi à une nouvelle fuite. Mais le 20 octobre 2011, son convoi est repéré et bombardé par des chasseurs français.Le colonel Kadhafi est finalement retrouvé par les rebelles, qui finissent par le lyncher en direct, une mise à mort filmée par de nombreux téléphones et caméras.

    - Les soupçons « de financement libyen de la campagne de Sarkozy »

    La justice française étudie toujours les présumées irrégularités dans le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007, qui aurait été financée justement par le défunt Kadhafi.En mars 2018, l’ancien président français a même été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur « l’argent libyen » qui a débuté en 2013.Le 21 mars 2018, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens’’. Plusieurs de ses collaborateurs, ainsi que d’anciens ministres, Brice Hortefeux, Eric Woerth ou encore Claude Guéant, sont également mis en cause et mis en examen.Selon le média d’investigation indépendant français, Mediapart, des documents affirment que Tripoli aurait, en 2006, donné son accord pour un financement à hauteur de 50 millions d’euros.

    - Le chaos libyen

    L’instabilité et la guerre en Libye perdurent depuis 2011, après l’intervention internationale voulue par Nicolas Sarkozy.La France, qui aujourd’hui prétend s’inquiéter du conflit opposant le GNA, Gouvernement d’entente nationale, reconnu par l’ONU et dirigé par Fayez al-Sarraj, au putschiste Haftar, est pourtant la première responsable dans l’enlisement de ce pays dans le chaos.Le journaliste français, Jean-Marc Four, l’a récemment souligné dans une de ses chroniques au micro de la radio France Inter."Le péché originel est français. C’est Paris, en l’occurrence Nicolas Sarkozy en 2011, qui a déclenché le chaos libyen. En allant bien au-delà de la résolution de l’ONU sur le sujet, numéro 1973. Avec une intervention militaire visant à liquider Kadhafi sans avoir préparé la suite".L’ancien président, dans sa fixation à éliminer Kadhafi au plus vite, sans se soucier de la transition post-Kadhafi, a sans nul doute, une part de responsabilité très importante dans la crise libyenne qui perdure depuis 2011.

    - La politique du président Macron en Libye

    Aujourd’hui, Paris, par le biais du président Macron et du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, accuse Ankara "de jouer un jeu dangereux en Libye", en référence au soutien apporté au gouvernement légitime libyen, le GNA.La France semble ne pas apprécier les défaites répétées et le recul sur le terrain de son petit protégé, Haftar, accusant Ankara de violer l’embargo sur les armes imposé à la Libye.Or, Paris ignore ouvertement les livraisons d’armes des pays soutenant Haftar, les EAU, l’Arabie Saoudite ou encore la Russie. Une situation qui se trouve d’ailleurs être dénoncée en France même. D’autant plus que certaines armes, exclusivement vendues par Washington à la France, se sont retrouvées dans les mains des forces pro-Haftar !Le politologue François Burgat partageait il y a quelques jours sur les réseaux sociaux :

    "Indécence française en Libye :L’ingérence franco émiratie et russe en Libye ne peut pas être renvoyée dos à dos avec l’appui apporté par la Turquie au gouvernement légal de Tripoli, à sa demande. Les projets respectifs, la contre révolution autoritaire sur le modèle de Sissi d’un côté et de l’autre, le soutien d’un gouvernement qui reste à ce jour l’héritier légitime de la dynamique révolutionnaire ne jouent pas dans la même catégorie.Piétiner en coulisses à Tripoli le multilatéralisme onusien que l’on prône à Washington, envoyer ses forces spéciales pour guider la percée d’un vilain candidat dictateur, pas grave quand on s’appelle Le Drian-Macron. En faire la moitié en s’appelant Erdogan, et avoir le culot de réussir, c’est juste in-to-lé-rable ! ».Face au discours de Macron, d’autres médias n’hésitent pas non plus à s’interroger sur la légitimité de la France dans ce conflit, citant des diplomates français sous couvert d’anonymat.

    Suite




  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 février 2022 10:22

    Aux lecteurs

    ...que je remercie pour l’ensemble de leurs contributions à propos de cet article consacré au Mali.

    Ne manquez pas de prendre connaissance d’un ouvrage particulièrement intéressant consacré à la Françafrique.

    Naturellement « orienté anti-France », l’ouvrage n’en mérite pas moins une lecture attentive tant il présente des analyses qui ne sauraient être ignorées et qui reposent sur des données et des informations solides.

    L’interprétation qui en est donnée et leur traitement relève du débat et de l’étude historique.

    Il suffit en effet de se référer à à la table des matières, consultable sur le site des éditions du Seuil.

    pour se convaincre du réel intérêt de cette étude qui décrit ce qui a été et ce qui est, le futur étant encore plus qu’incertain.

    Ed. Seuil

    Documents
    Documents (H. C.)
    Date de parution 07/10/2021

    25.00 € TTC

    1008 pages
    EAN 9782021464160

    L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique

    Thomas Borrel, Amzat Boukari-Yabara, Benoît Collombat et Thomas Deltombe (dir.)
    [Note de lecture]

    On renverra le lecteur intéressé par ce sujet à la note de lecture parue dans le magazine électronique Lundi Matin :

    https://lundi.am/L-Empire-qui-ne-veut-pas-mourir-Une-histoire-de-la-Francafrique

    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 février 2022 08:37

    @titi


    « Les Africains ont pris une avance considérable dans la compréhension des perspectives planétaires sur les Occidentaux »

    J’ai bien ri. Merci.

    /Moi aussi.

    « Tout comme ils devront apprendre à respecter la souveraineté du Mali et de nombreuses autres nations africaines. »
    Voilà pourquoi les Russes vont se planter aussi : la nation malienne, elle, n’existe pas.
    Pas plus que la nation nigérienne ou libyenne..

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 février 2022 08:33

    @Durand

    Je vous en prie.
    Merci aussi aux autres lecteurs et contributeurs pour leurs précieux avis et informations.

    Merci pour le lien vers cet article... La vidéo de Laurent Bigot est vraiment très intéressante sur la réalité malienne et plus largement, sur la réalité de l’Afrique de l’Ouest.

    https://www.youtube.com/watch?v=Rn67xaLPCBM

    Bien à vous,

    Renaud Bouchard

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