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Rounga

Rounga

Le "r" se roule.

Tableau de bord

  • Premier article le 19/07/2013
  • Modérateur depuis le 12/02/2014
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Rounga Rounga 30 juin 2014 11:58

    Christian,
    Je vous avais mal compris, certes, mais si nous parvenons à fabriquer des machines pensantes, qu’est-ce que ça pourra bien nous faire ? Quel avantage tirerai-je de savoir qu’il y a une machine un million de fois plus intelligente que moi ? Je conçois qu’on atteint une forme d’immortalité en transmettant des pensées et des idées qui nous survivront, mais ça ne règle pas la question de la mort personnelle. Même si je laisse un héritage, une trace, des souvenirs, il n’en reste pas moins que moi, avec mon caractère, mes opinions, mes goûts, mes désirs, mes projets, mes pensées intimes, je vais mourir, et que je dois me faire à cette idée. Sur mon lit de mort, l’idée qu’il existe une machine pensante sera une consolation plutôt maigre, je trouve.



  • Rounga Rounga 30 juin 2014 11:39

    Un excellent texte sur le cas Chantal Sébire :
    Le ridicule tue (Marc-Edouard Nabe)
    Un autre texte qui interroge notre rapport à la mort :
    Lettre à la Mort (c’est de moi)



  • Rounga Rounga 30 juin 2014 11:32

    Bonjour Eric,

    J’ai une tante dont l’un des enfants (mon cousin donc) est actuellement très malade. Elle prie chaque jour. Mais elle ne prie pas pour sa guérison. Non, elle prie pour que Dieu lui donne le courage de se battre contre la maladie, quel que soit l’issue de ce combat.

    C’est effectivement très important. La fin de la souffrance est aujourd’hui réclamée comme un dû, soit à la justice quand il s’agit de « mourir dans la dignité », soit à la science pour qu’elle trouve un moyen de nous dispenser des désagréments de la vie. Si, bien sûr, il ne faut pas souhaiter rendre l’existence plus pénible, cette attitude prend selon moi la question à l’envers. Quand je me cogne le petit orteil sur le coin du lit le matin, je souffre beaucoup, mais ce n’est pas ça qui me donne envie de renoncer à la vie. C’est que j’ai assez de force morale pour supporter cette douleur. La solution consiste donc à rechercher la force de supporter les inconvénients de l’existence, plutôt que de vouloir les supprimer, ce qui revient à fuir quelque chose qui nous rattrapera toujours.



  • Rounga Rounga 30 juin 2014 09:39

    Si la science nous permettait de vivre mille ou dix mille ans, est-ce qu’on ne trouverait pas ce temps, vers la fin, trop court ? Je ne crois pas que ce soit par l’augmentation de la quantité des années à vivre qu’on règlera le problème. Et même si on parvient à repousser indéfiniment les limites de la mort, ce ne sera toujours pas l’éternité. J’ai écrit que l’Infini n’est pas l’illimité. L’éternité, on peut la vivre l’espace d’un instant. Quand une fille nous dit « je t’aime » pour la première fois, on est tout entier existant dans ce moment-là, en apesanteur dans un présent qui a suspendu sa course folle. On se dit que le monde peut s’écrouler immédiatement sans qu’on en soit affecté, car on a trouvé un petit nuage sur lequel on flotte et qui sera de toute façon préservé. Nous pouvons à tout instant créer de telles percées vers l’infini, qui sont autant de refuges dans lesquels nous savons que nous resterons pour toujours, puisque nous étions totalement là et que nous n’en sommes pas partis.
    Et puis, si on en revient à des consdérations plus pratiques, une science qui nous permettrait de ne plus mourir ne nous condamnerait-elle pas à vivre toujours vieux ? Et même si elle trouve le secret de la jeunesse perpétuelle, cela ne va-t-il pas poser un problème de surpopulation ? Ou bien il faudra interdire la reproduction, et alors plus de rires enfantins ni de jeux. Sans compter que, si la science était un jour capable de régénérer indéfiniment mon métabolisme, je doute qu’elle soit assez performante pour empêcher qu’une tuile un jour se détache d’un toit pour aller fracasser mon crâne pendant que je me promène tranquillement dans la rue. La mort accidentelle resterait toujours une possibilité. Et qu’en serait-il du travail ? Serai-je obligé de travailler sans espoir de repos ? Et travailler pour quoi faire, d’ailleurs ? J’aurais une quantité indéfinie de temps devant moi, pourquoi me fatiguer maintenant à accomplir un projet que je pourrais bien faire dans dix, cent ou mille ans ?
    Je crois que les motivations humaines, ainsi que son enthousiasme, sont intimement liées à sa finitude, et que sans elle l’humanité se trouverait plongée dans une léthargie dont elle ne pourrait pas sortir. Je n’ai pas vu Le Septième sceau, mais j’ai vu Zardoz et son tableau cauchemardesque de l’immortalité. Je préfère mille fois ma vie mortelle.



  • Rounga Rounga 30 juin 2014 09:06

    Sur le paganisme et le christianisme :

    Dans cet article, je posais la question, essentielle à mes yeux « qu’est-ce qui fait qu’une vie vaut d’être vécue ? ». La réponse à cette question varie selon qu’on pense que l’homme peut réaliser sa perfection d’être par ses propres forces ou s’il a besoin d’une aide extérieure. Dans le premier cas, la vie n’acquiert sa valeur qu’en fonction de ce que nous en faisons, et c’est alors la puissance qui est valorisée. L’accomplissement d’une vie ne se mesure qu’au pouvoir que celle-ci a permis, et alors il est logique de penser que les vies sans puissance (celle des vieux, des handicapés, etc.) n’ont pas de valeur. En revanche, selon la seconde option, la vie a une valeur en elle-même puisqu’elle nous est donnée par quelque chose qui nous dépasse, et alors toute vie vaut d’être vécue. Dans cette optique, ce n’est pas la puissance qui est valorisée, mais au-contraire l’humilité, qui est le moyen par lequel nous pouvons nous unir à l’Infini.
    Si j’utilise la dialectique christianisme/paganisme, j’ai bien conscience que certaines religions non-chrétiennes ont bien la notion de la transcendance. Mais la plupart du temps, cette révélation n’était réservée qu’à une caste, une race, ou à un cercle d’initiés. Le christianisme, de par sa vocation universelle, a permis de révéler les potentialités de ce que j’ai appelé « humanisme théocentrique ». Nos considérations sur la vie humaine, notamment en ce qui concerne le statut des faibles, ont été façonnées par lui, au point que nous les incorporions dans notre compréhension des droits de l’Homme, qui sont pourtant une émanation de l’humanisme anthropocentrique. Il y a donc bien un mouvement de flux et de reflux qui s’effectue entre ces deux humanismes.
    L’humanisme anthropocentrique donne le pouvoir, mais il renforce également notre moi égoïste, puisqu’il affirme que notre vie d’a de valeur que si nous en profitons. Le pouvoir acquis sert à satisfaire le moi. L’humanisme théocentrique, s’il ne donne pas le pouvoir, donne la joie. Par le mépris du moi nous avons accès à une joie qui dépasse celle que nous pouvons obtenir par les satisfactions égoïstes. Ce n’est pas qu’il faut rejeter le pouvoir et souhaiter que la vie soit pénible, c’est qu’il ne faut pas s’y attacher au point de sacrifier la joie.

    Sur le confucianisme et la taoïsme :

    Si vous trouvez le point de vue par lequel le confucianisme et le taoïsme sont complémentaires, je vous félicite. Car toute la difficulté est là : nous avons face à face deux sagesses qui semblent s’opposer, mais en avançant sur la voie cette dualité s’amenuise car nous allons au-delà des mots. Cela implique un grand travail intérieur, qui prend prendre toute une vie, tant c’est un sujet inépuisable

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